25/01/2021

La médecine basée sur des preuves n'est pas adaptée à des pathologies nouvelles

Pourquoi, chez nous, si peu de choses sur les traitements du Covid-19 ? L'explication réside probablement dans la médecine basée sur des preuves (Evidence based medicine), qui est devenue l'alpha et l'omega de la médecine contemporaine.

Le principe est de n'appliquer que les traitements dont l'efficacité et l'innocuité ont été démontrées scientifiquement.

Le principe est excellent, mais il est mal adapté à la prise en charge de pathologies nouvelles, et on le voit bien avec Covid-19. On considère comme "prouvé scientifiquement" un traitement qui a été expérimenté dans une étude randomisée, en double aveugle (ni le médecin, ni le patient ne sait si la substance administrée est le médicament testé ou un placebo). Et publié dans un nombre limité de revues, réputées crédibles (comme Lancet !). Tout le reste est écarté, sous prétexte qu'il n'a pas été prouvé scientifiquement. Lorsque la pathologie est nouvelle, cette exigence scientifique trouve ses limites. Car la démonstration scientifique ne peut être faite qu'a postériori.

S'agissant du virus qui nous envahit, j'avoue avoir beaucoup d'admiration pour les médecins qui osent tenter des traitements nouveaux; et beaucoup moins pour ceux qui renvoient les malades du Covid à la maison avec une boîte de Paracetamol, au motif que les autres substances n'ont pas été "prouvées scientifiquement". Il y a l'Hydroxychloroquine, associée ou non à l'Azythromycine, l'Ivermectine, les doses élevées de vitamine C, la vitamine D, le Zinc, la Colchicine, et les anticorps monoclonaux prescrits à Donald Trump et maintenant achetés par l'Allemagne. 

On a l'impression que nos autorités académiques médicales sont triplement tétanisées.

D'abord par le sort médiatique qui a été réservé à Didier Raoult, qui a osé prescrire de l'Hydroxychloroquine, avant même qu'elle ait été validée "scientifiquement". Ensuite par la peur d'avoir à justifier une prescription inefficace, en dérogeant aux principes sacrés de la médecine fondée sur des preuves. Enfin par celle de n'avoir pas prescrit à temps un traitement dont on entendait parler avant sa validation scientifique. Il est donc préférable pour eux de ne rien tenter et de répéter en choeur : "pas démontré scientifiquement". 

On ne s'en sortira qu'avec l'aide des médecins courageux qui auront décidé de tenter. Mais, dans un pays qui prétend à la meilleure médecine du monde, on peut déplorer que ces médecins courageux se trouvent plutôt dans des pays éloignés du sanctuaire européen. On observera d'ailleurs que, quand il s'agit du vaccin, soudain, ceux qui ne pratiquent que la médecine fondée sur des preuves font une confiance totale à des techniques qui n'ont pas été soumises à toutes les exigences scientifiques qu'ils professent en matière de traitements. 

Puisqu'il y a urgence, il est peut-être temps d'admettre que la médecin basée sur des preuves a ses limites. Honneur a ceux qui osent et en assument le risque !

07/01/2021

Les autorités trompées par les chiffres des experts

Cela commence par le "taux de positivité" des tests Covid. puis par le fameux Re, le taux de reproduction effectif du virus. Il s'agit de chiffres, et les autorités politiques croient aux chiffres. Mais comme souvent, ce sont des chiffres "justes" fondés sur des données imprécises.

Il faut d'abord savoir que le test PCR est une technique qui procède par amplification. On doit amplifier le signal donné par l'ARN du virus pour que le test devienne positif. S'il est positif après 15 ou 20 amplifications, c'est que la charge virale est importante. Jusqu'à 33 amplifications, on admet que la charge virale est encore significative et que le patient est à la fois infectieux et contagieux. Mais au-delà, on détecte des traces d'ARN viral qui indiquent certes que le patient a croisé des traces de virus (ce qui intéresse les épidémiologistes), mais qu'il n'est ni malade, ni contagieux. Or le nombre d'amplifications n'est jamais mentionné et varie d'un laboratoire à un autre. En d'autres termes, si l'on ne connaît pas le nombre d'amplification qui ont été nécessaires pour que le test soit jugé "positif", on confond des malades contagieux et des patients en bonne santé et non contagieux. Les autorités politiques se basent sur ce nombre de "tests positifs", sans nuance, et sont trompés par les "experts" qui leur fournissent, en réalité, des informations inexactes.

Venons-en au fameux Re, le taux de reproduction effectif du virus. Il s'agit d'un calcul compliqué qui devrait établir la moyenne du nombre de personnes qu'un patient infecté contamine autour de lui. Si ce nombre est supérieur à 1, l'épidémie s'étend. S'il est inférieur à 1, l'épidémie ralentit. Fort bien. Mais ce chiffre dépend évidemment du nombre de tests positifs, lequel dépend à son tour du nombre de patients qui se soumettent à un test et de la sensibilité du test utilisé, le PCR le plus souvent, lequel est lui aussi dépendant, comme nous l'avons vu, des amplifications pratiquées par le laboratoire.

La statistique - et autant le nombre de cas positifs que le Re sont des statistiques - dépend toujours des données qui sont saisies. Après quoi les calculs sont certainement exacts, mais s'ils sont établis sur des données imprécises, ils doivent toujours être interprétés avec distance, et un esprit critique. Cet esprit critique manque à beaucoup d'experts, mais les autorités politiques n'osent pas les contester et sont conduites à des décisions inappropriées. Actuellement, le Conseil fédéral utilise le Re comme un critère indiscutable de pilotage de sa politique sanitaire. Sans savoir qu'il délègue ainsi ses responsabilités à des experts et des statisticiens qui lui fournissent des chiffres précis fondés sur des données imprécises. 

Longtemps on a pris en compte une donnée relativement précise : l'occupation des lits de soins intensifs. Si on s'en tenait à ce critère, au vu de la situation actuelle, il n'y aurait aucune raison de maintenir voire de renforcer les restrictions imposées par nos autorités. Et qu'on commence enfin à définir un taux d'amplification maximum (probablement 33) au-delà duquel on ne parle plus de tests PCR positifs.

 

 

23/12/2020

Et si le mutant anglais était une bénédiction de Noël ?

Un mutant du Covid-19 est apparu en Angleterre : il serait beaucoup plus contagieux. La plus forte probabilité biologique est que sa virulence diminue d'autant; il pourrait même devenir quasiment inoffensif. Peut-être ? On se permet de rêver.

Créer l'immunité contre un virus très pathogène en injectant une forme atténuée : c'est le principe même de la vaccination. Historiquement, on a commencé par injecter le virus de la vaccine, inoffensif, pour protéger les patients de la variole, maladie grave. Jusqu'aux tous nouveaux vaccins à ARN messager, ce fut le principe de toutes les vaccinations.

La biologie enseigne que plus une virus devient contagieux, plus il perd de sa virulence. Jusqu'à preuve du contraire, c'est bien ce qui pourrait se passer avec le mutant du Covid qui envahit le sud de lAngleterre. Mais alors, contrairement à ce que nous assènent les alarmistes de tout bord, cette mutation serait une super bonne nouvelle ! Les personnes,  très nombreuses, qui seraient infectées par ce mutant auraient peu de symptômes - quelques jours de fièvre, quelques douleurs, un petit rhume peut-être, soit exactement ce qu'on nous annonce avec le vaccin - après quoi elles seraient immunisées contre le Covid-19. 

On devrait alors ouvrir grand nos portes aux Anglais, qui deviendraient ainsi, de fait, nos vaccinateurs naturels. Et gratuits ! Finis les traçages, les quarantaines et les "mesures barrière" : vive la contagion et l'immunité collective !

Je rêve ? Peut-être, mais ce rêve n'est pas absurde. Bien sûr, il mettrait à l'écart tous les épidémiologistes qui dominent actuellement les politiques de nos divers pays. Bien sûr, il mettrait à mal les campagnes de vaccination qui démarrent. Les alarmistes qui, depuis des mois, ne relaient que les mauvaises nouvelles ne vont probablement pas s'empresser de s'engouffrer dans ce rêve. Mais si les nombreuses nouvelles contaminations anglaises ne se soldent pas par une forte recrudescence des hospitalisations et des morts, c'est pourtant bien que ce rêve deviendrait réalité.

A la veille de Noël, ce que la science nous enseigne pourrait bien transformer cette mutation anglaise non pas en une calamité, mais en une bénédiction !