08/02/2018

Pas de motif médical pour une assurance dentaire

Notre population vaudoise jouit d’une excellente santé dentaire : les spécialistes ORL, qui contemplent quotidiennement les bouches de nos patients, en témoignent et s’en réjouissent.  Ils sont les premiers à devoir prendre en charge les complications médicales des affections dentaires : ces complications sont rares et même des soins dentaires réguliers ne les préviennent pas toujours .

Les initiants prétendent que des soins dentaires gratuits contribueraient à réduire les coûts de la santé : cette affirmation est certainement fausse, et doit être dénoncée. Il est bien établi qu’un certain nombre d’affections bucco-dentaires accompagnent des maladies générales, mais sans qu'elles en soient la cause, contrairement à ce que tentent de faire croire les initiants. Les cas où un meilleur traitement dentaire conduirait à des économies dans les soins de la maladie de base, s’ils existent, sont tout-à-fait exceptionnels.  

Une assurance obligatoire pour soins dentaires est un projet purement politique. Il émane de ce populisme de gauche qui promet de faire payer « les autres ».  Il va bien au-delà d’un projet social, puisque aujourd’hui déjà les soins dentaires sont offerts aux plus démunis.

Une assurance dentaire facultative : pourquoi pas ? C’est le caractère obligatoire qu’il convient de dénoncer. La LAMal démontre bien tous les effets pervers d’une assurance obligatoire. Parmi eux, le TARMed, cette complexité technocratique absurde, serait inimaginable si la LAMal n’était pas obligatoire. Les partisans du tout-à-l’Etat sont-ils incapables de tirer les leçons de leurs erreurs ?

Si la santé dentaire de nos concitoyens nous réjouit, c’est probablement parce que la responsabilité individuelle est stimulée par le système actuel. Une bonne raison de refuser une assurance dentaire obligatoire et de voter NON le 4 mars prochain.

 

15/11/2016

Pourquoi forcément une deuxième femme socialiste ?

Les journalistes semblent admettre sans discussion que le parti doit proposer une femme pour remplacer A.-C. Lyon comme candidate au Conseil d'Etat. La parité, pourtant, n'y trouve pas son compte.

Actuellement, les socialistes sont représentés au Conseil d'Etat vaudois par deux femmes, Anne-Catherine Lyon et Nouria Gorrite, et un homme, Pierre-Yves Maillard, soit une prépondérance féminine de deux sur trois. Si vous y ajoutez la Verte Béatrice Métraux, qu'on retrouvera certainement sur la même liste, on aura à coup sûr deux femmes et un seul homme sur la prochaine liste de gauche. Alors pourquoi pas un homme, pour occuper la quatrième place et présenter une parfaite parité ?

En décidant a priori et sans grande discussion que seule une femme pouvait prétendre au siège libéré par Anne-Catherine Lyon, les socialistes ont d'un grand coup écarté de la course tout ce que leur parti compte de jeunes hommes de valeur. Et il y en a. Au Conseil national, au Grand Conseil, dans les Municipalités, ils sont nombreux ces jeunes politiciens socialistes qui ont une vision, un projet : je n'en établis pas la liste, car ce n'est pas mon propos. Leur vision n'est pas la mienne, mais j'en apprécie la qualité et la portée. Et je trouve regrettable que ces hommes soient éliminés d'entrée de cause.

Pour le PS vaudois, la promotion de la femme en politique semble avoir eu raison de tous les autres combats socialistes. Dans notre Canton, c'est un combat dépassé. Nous avons une majorité de femmes au Conseil d'Etat; nous avons des femmes au Conseil des Etats, au Conseil national ; des femmes syndiques (depuis Yvette Jaggi), Municipales, députées. Les électeurs vaudois - les libéraux autant que les socialistes - ont depuis longtemps accordé leurs suffrages aux personnes qu'ils en jugeaient dignes, indépendamment de leur genre. Le parti socialiste est-il tellement à court d'idées qu'il se croit encore obligé de se rabattre sur la lutte féministe ?

En éliminant de la candidature au Conseil d'Etat tous les hommes de valeur qu'il compte dans ses rangs, le parti socialiste s'affiche comme un parti du passé. Et c'est bien regrettable pour notre démocratie.

 

13/09/2016

Le crime de Payerne n'a pas mis le feu aux poudres

Plutôt que de gloser sur l'antisémitisme helvétique révélé par le crime de Payerne, il est intéressant de voir comment les Vaudois en ont géré les suites.

Qu'il y ait eu des sentiments antisémites dans notre pays dans les années quarante n'est un secret pour personne. Des historiens peuvent sans doute continuer à creuser ce type d'étude. Mais sans être historien, on peut simplement observer les faits.

"Un Juif pour l'exemple" rappelle le sordide assassinat à Payerne du marchand de bétail Arthur Bloch. Il serait correct de souligner que les auteurs de cette sauvagerie ont été identifiés par la police vaudoise, puis déférés à la justice, qui les a condamnés. Ils ont été emprisonnés et ont purgé leur peine.

Des délinquants de droit commun, traités par la justice comme tels !

Si le sentiment antisémite avait été si développé dans notre pays, si les prétendues sympathies nazies avaient été si fortes, on aurait vu des manifestations populaires venir au secours de ces brigands. Ils auraient fait des émules. D'autres Juifs auraient été assassinés de la même manière et avec la même barbarie. Eh bien non : pas de partisans, pas d'imitateurs.

Est-on en droit de conclure que la population suisse, en dépit de quelques sentiments antisémites épidermiques, n'avait rien à voir avec les tortionnaires allemands ? Je le crois. 

Les suites données chez nous au crime de Payerne sont rarement évoquées. Mais elle permettent d'affirmer que ce crime n'était pas l'expression d'un sentiment populaire, mais le fait de quelques fanatiques isolés. Je suis assez fier, je ne le cache pas, de savoir que le peuple vaudois et le peuple suisse ne se sont jamais laissés emporter par le délire de quelques jeunes gens haineux et déboussolés.