26/03/2007

La défense de l’environnement est une morale

Lorsqu’ils parlent de défense de l’environnement ou de développement durable, les politiciens de droite affirment leur foi dans la persuasion : le consommateur trouvera son intérêt dans l’achat de véhicules économes en carburant ; le propriétaire comprendra que les normes Minergie apportent une économie dans les frais de chauffage ; les industries développeront les produits écologiques qui répondent aux demandes du marché. Quant aux politiciens de gauche, ils affirment au contraire que les pouvoirs publics devront user de la contrainte.

Tous se retrouvent pour dire qu’il ne faut pas « moraliser ». Eh bien non ! Je pense au contraire que ces questions ne se résoudront pas sans une démarche d’ordre moral : celle du respect.

Le respect des ressources naturelles, qu’on ne peut pas exploiter sans discernement.

Le respect de la nature, dans laquelle on ne peut pas rejeter n’importe quel déchet en quantité illimitée.

Le respect de la vie, qui ne s’accommode pas de tous les caprices humains, mais obéit à des règles et des contraintes.

Le respect de la personne de l’autre, qui mérite aussi de jouir d’un environnement agréable et sain.

Les respect des générations à venir, auxquelles on se soucie de l’héritage qu’on va leur laisser.

Vous ne pouvez pas restreindre les enjeux environnementaux à des questions financières ou légales.

C’est d’abord une question de bien et de mal, c’est-à-dire, par définition, une question morale.

Enseignons à nos enfants le respect – le respect d’autrui et de ses biens – et ils défendront l’environnement.

« Moraliser » semble être devenu un gros mot, à éviter à tout prix. Sous prétexte que ce mot a été malmené il y a quarante ans, en Mai 68… J’affirme au contraire que seule une société qui « respecte » peut prétendre à un développement durable. Et ça, c’est de la morale au sens le plus noble du terme.

Commentaires

Monsieur,
Votre souci de préserver la nature vous honore. Quant au réchauffement climatique, voyez plutôt ce film (en anglais) de 90 minutes, diffusé le 8 mars dernier par Channel Four (BBC): The Great Global Warming Swindle":

http://video.google.com/videoplay?docid=-4520665474899458831

Même hypothèse fantaisiste, jamais vérifiée, que celle des mémorables "pluies acides" , complètement oubliées.

Un peu de discernement svp !
A bon entendeur, salut.

PL/Geneva

Écrit par : Peter Lorne | 28/03/2007

1. Le documentaire "The Great Global Warming Swindle" est (comme son titre l'indique) une farce.
3. Il suffit de mettre sur son mail une alerte "réchauffement climatique" pour mesurer à quel point, sous différents aspects, tous les voyants sont au rouge.
2. Les "mémorables pluies acides" n'ont rien de fantaisiste dans d'autres parties du globe - la Chine, par exemple.
3. Je ne vois pas vraiment ce que la morale et la "pensée soixante-huit" ont d'incompatible, mais je préfère effectivement parler de principe responsabilité, notion que Norbert Elias s'est attaché à définir. On retrouve là, finalement, une réflexion initiée par Les Lumières, période que l'on a plutôt l'habitude de fustiger pour l'idéologie du progrès qu'elle nous a laissée en héritage.

Écrit par : Kay Francis | 28/03/2007

A Peter Lome, je réponds ceci : je suis le premier à me méfier des grands mouvements "scientifiques", surtout quand ils prétendent à l'unanimité. Pluies acides, CO2 : je ne suis pas sur que, dans un cas comme dans l'autre, les experts ne soient appelés à se contredire dans quelques années. J'ai aussi entendu que l'effet de serre serait dû, pour près de 80%, à la vapeur d'eau. Il faudrait donc arrêter d'irriguer les cultures avant de freiner les voitures. Soit. C'est justement pourquoi je pense que l'important est d'abord d'adopter une attitude de respect (des ressources, des pollutions, etc.) : c'est la voie la plus sage.
Kay Francis, il devrait se souvenir que, à partir de mai 68, il a été affirmé de tous côtés qu'il fallait cesser de se référer à des règles morales, sous prétexte que tout définition du bien ou du mal était fausse par principe. J'aime aussi la notion de responsabilité. Mais celle de respect, qui en fait partie, est ici plus explicite.

Écrit par : Jacques-André Haury | 28/03/2007

Certes, mais la Fraction Armée Rouge, par exemple, est un produit typique de 68 : amour libre avec le couple Baader-Meinhof-Ensslin, imaginaire à la "Pierrot le Fou", mais aussi, avec Brigitte Mohnhaupt, processus de militarisation d'une morale anti-impérialiste (la notion de respect, dans les faits, n'entre pas ici en ligne de compte), hiérarchisation stricte de l'organisation - le dernier attentat datant de 1993, organisé par la quatrième génération de R.A.F. Morale (ou pseudo-morale) et quête de liberté absolue peuvent donc très bien se retrouver dans un même système de valeurs (je ne dis pas que ce système pourra être considéré comme parfaitement cohérent)... Lorsqu'on dénonce le "politiquement correct", on se réfère aussi, implicitement, à l'héritage de 68. Le manichéisme (qu'est-ce que le bien - qu'est-ce que le mal) et "l'esprit 68" ne sont donc de loin pas incompatibles.

Écrit par : Kay Francis | 06/04/2007

Je dois l'avouer, j'ai presque été touché par toute la première partie de votre discours. Cela dit, sur la fin vous révéler bien que votre raisonnement est celui d'un triste triste parti. En effet, vous dites qu'il faut moraliser (pourquoi pas finalement), mais vous dites égelement juste après que c'est une affaire de bien et de mal. Et à mon avis c'est bien là que le bas blesse, je ne pas (sur quelque sujet que ce soit) pouvoir avoir la même notion du bien et du mal que vous. Et je pense que personne n'a la meme notion du bien et du mal que moi, mais moi je le sais. C'est pourquoi il ne sert à rien de parler de ces deux notions, mais bien de respect d'une planète qui ne nous appartient pas!(malgré tout ce que les libéraux peuvent en penser).

Écrit par : Sam | 25/04/2007

Question intéressante : le bien et le mal sont-ils des données universelles ? Eh bien, curieusement, je suis porté à penser que oui. D'ailleurs toutes les grandes religions se rejoignent sur quelques grands principes : le respect de la vie, le respect du faible, la fidélité à la parole donnée, le respect du bien d'autrui, etc. Mais évidemment que ceux qui refusent de "moraliser" sont aussi ceux qui prétendent que le bien et le mal sont une affaire d'opinion personnelle.

Écrit par : Jacques-André Haury | 25/04/2007

Si la sauvegarde de l'environnement vous préoccupe, j'espère que vous avez déjà été voir le film "The Oil Crash". Histoire de prendre la mesure des gros nuages qui sont en train de s'amonceller à l'horizon...

Écrit par : Francis Kay | 22/05/2007

Si la sauvegarde de l'environnement vous préoccupe, j'espère que vous avez déjà été voir le film "The Oil Crash". Histoire de prendre la mesure des gros nuages qui sont en train de s'amonceller à l'horizon...

Écrit par : Kay Francis | 22/05/2007

Vous dites que toutes les grandes religions sont d'accord sur les notions de bien et de mal, cela dit si je peux vous faire remarquer quelque chose: Les seules guerres actuelles sont des guerres prenant pour excuse la religion, alors je vous invite à aller annoncer à tous le monde qu'en fait ils ont la même opinion. Je vous invite à aller arreter les guerres puisque tout le monde se tape dessus alors qu'ils ont les mêmes convictions de bonheur et d'allégresse pour chacun sur notre planète. Bref, je ne pense pas que le fait que les religions soient plus ou moins d'accord sur les grandes lignes du bien et du mal puisse convaincre qui que ce soit. Premièrement pour la raison evoquée ci-dessus, et deuxièmement car le religion n'a plus vraiment d'autorité morale de nos jours. Je suis croyant et je donne même du catéchisme à des jeunes de 14 ans, et bien croyez-moi ces jeunes n'ont plus vraiment d'espoir dans le respect de la vie ou de l'autre, mais cherche bien plus une morale dans l'argent. En effet, grâce à votre merveilleux ex-parti, ces jeunes sont persuadé que l'argent peut amener le respect et l'amour. Et bien moi je trouve cela bien triste, et j'espère que vous comprendrez qu'actuellement, on ne peut plus faire de morale sur l'absolue raison de la religion, les gens n'ont plus confiance cette morale. Aujourd'hui, il y a des milliards de notions de ce que sont le bien et le mal, et le travail d'un adulte est de montré que si il y a respect et amour, alors le monde pourra peut-être cesser de courir tout droit dans le mur, le problème étant que ce mur est tout joli doré et systématiquement entretenu par des gens ne pensant qu'au profit. A l'image ne nos chères députés PRD LIB UDC, et de ce nouveau président voisin, qui cherche (en exagérant un peu) à supprimer toute une frange de la population pour qui il incarne le MAL, afin de rendre encore plus confortable la vie d'une autre frange de la population pour qui il incarne le BIEN...

Écrit par : Sam | 23/05/2007

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