24/04/2007

Le bruit et l’école

Le bruit est une nuisance, et le Département fédéral, de l’environnement, des transports et des communications a raison d’étudier diverses mesures pour la réduire. Ce qui me frappe, c’est que, au moment où nos autorités fédérales prévoient de pénaliser les sources de bruit, notre école publique, prise en otage par les héritiers de Piaget, a fait du bruit l’environnement normal de l’enseignement. Et tout particulièrement dans les petites classes, qui vivent dans un mouvement brownien perpétuel, dans l’agitation permanente des « activités » diverses « centrées sur l’élève ».

 

Après quoi, les enfants s’habituent à vivre avec les oreilles constamment excitées par le casque d’un balladeur, avant d’assister à des concerts tellement assourdissants qu’il faut chausser des tampons auriculaires pour les supporter. A moins d’être anesthésié par l’alcool et le cannabis…

 

Si on veut lutter contre le bruit, il faut d’abord accoutumer les enfants au calme. Une raison de plus pour lutter contre la pédagogie d’EVM « centrée sur l’élève ».

 

11:19 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Ouais, ouais... Et je pense qu'en habituant les jeunes au calme (je vous rappelle tout de même que ce n'est pas mauvais pour un jeune de se défouler.), on leur enlèvera les balladeurs de sur les oreilles, et d'un coup ils arreterons tous de boire de l'alcool et de fumer du cannabis. Merci monsieur Haur pour vos idées reévolutionnaire, mais en vous parlant franchement je pense que le problème de notre société ne se résoudra pas en enlevant le bruit... Mais peut-être par contre en mettant à la tête de nos états des gens qui pense moins a LEUR petit confort, qu'à celui de leur concitoyens et peut-être même (désolé de penser des choses aussi absurdes), des gens qui se préoccupe un peu de la jeunesse, à la place de leur mettre l'origine de tout les problèmes sur leurs dos (ou leurs oreilles...)

Écrit par : Sam | 25/04/2007

Dans la suite de vos idées, je note que le "bruit" que vous faites autour de l'école nuit gravement à la sérénité dans laquelle les élèves, les parents et les enseignant-e-s doivent pouvoir travailler et collaborer. Venez passer une journée dans ma classe et vous verrez que nous pouvons travailler en groupe selon des pédagogies modernes (j'évite soigneusement de citer des mots qui vous fâcheraient, mais j'y pense très fort) et effectuer un travail rigoureux et exigeant sans que la classe ne ressemble au champ de bataille que vous décrivez... et que les gesticulations qui perturbent notre travail ne sont pas toujours celles auxquelles on pense!
Personnellement, me permettrais-je de faire deux/trois suggestions sur la pratique des médecins vaudois? Je crois que ce ne serait pas convenable. Médecin est une profession sérieuse dont les acteurs sont compétents... tout le contraire de l'école?
Julien Eggenberger, Enseignant, Lausanne

Écrit par : Julien Eggenberger | 25/04/2007

Monsieur le député,

Malgré tout le respect que je vous dois, je pense que vos connaissances en matière d’enseignement commencent à dater. Pour faire très bref, on peut schématiser ainsi (que les spécialistes me pardonnent et/ou me corrigent) :

- avant, l’enseignement était centré sur le maître et la matière (c’est la forme que vous et moi avons subi) dans lequel le maître expose son savoir sans trop se soucier de l’effet que cela provoque sur l’élève qui écoute passivement. A charge ensuite de l’élève d’apprendre ce qui lui a été transmis. Ce mode est peu bruyant effectivement, seule une personne est active, c’est le maître !

- aujourd’hui, l’enseignement est un plus centré sur l’élève (mais pas toujours et pas dans tous les cas). Il ne s’agit plus pour l’élève d’ingurgiter une copie de la réalité, mais de s’approprier cette réalité en la découvrant et en l’expérimentant plus ou moins par lui-même. Pour ce faire, on ne demande plus à l’élève de simplement mémoriser des contenus, mais de réaliser des productions concrètes par exemple de résoudre des problèmes. Bref, l’élève doit être actif et produire des travaux, or qui dit activité, dit communication, parole et donc son.

Dans ces conditions, il est évident qu’une classe dans laquelle tous les élèves travaillent est plus bruyante que celle dans laquelle seul le maître parle. Ce que vous prenez pour un mouvement brownien donc aléatoire et désordonné est en fait très ordonné et ne relève pas du hasard, mais du travail organisé.

Cela dit peut-être êtes-vous depuis trop longtemps au grand conseil et confondez-vous le brouhaha incessant de vos collègues lorsque le conseil d’Etat parle avec le travail des élèves des classes du Canton.

Plaisanterie mise à part, je parie que vous avez vraiment appris la médecine en la pratiquant et en vous y confrontant, c’est-à-dire en résolvant des problèmes, y compris en partageant avec des collègues, et pas en buvant les paroles de vos professeurs d’université. C’est un peu ce que visent les méthodes centrées sur l’élève.

Écrit par : Alain Hubler | 25/04/2007

Le libre choix du médecin permet au patient d'accepter au de refuser le traitement proposé. Dans l'école, l'usager n'a aucun choix. C'est la raison pour laquelle il appartient aux politiciens d'exercer un regard critique sur l'enseignement qui est imposé à nos enfants. Si Julien Eggenberger ne veut pas que les politiciens se mêlent de son travail, qu'il aille enseigner dans un établissement privé. Quant à Alain Hubler, j'ai l'impression que ses connaissances sur les diverses pédagogies datent un peu : nous sommes en 2007, et pas en 1980, cher Monsieur ! Ce que vous dites à l'appui des pédagogies centrées sur l'élève n'est que le credo de la génération passée, qu'aucune expérience n'est venu valider depuis lors. Quant au bruit du Grand Conseil, d'accord pour la boutade : mais cessez de confondre la situation du petit enfant et celle de l'adulte, confusion qui est à la source des erreurs de la pédagogie centrée sur l'élève.

Écrit par : Jacques-André Haury | 26/04/2007

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