28/06/2007

Beaux-Arts à Rumine : un argument de plus !

Silvia Zamora veut-elle torpiller le projet du musée de Bellerive ? En tous cas, sa nouvelle idée y contribue largement. En suggérant de faire de Rumine une galerie de l’évolutionnisme, simplement parce que le modèle parisien lui plaît, elle fait apparaître que personne ne sait très bien ce qu’on fera des locaux libérés. Et là, le pire est à craindre. Car l’administration a horreur des locaux vides et trouve toujours des idées pour les occuper. On peut imaginer tout ce que nos édiles seront capables de proposer, sur la base de ce qu’ils auront pu admirer lors de leurs voyages ou dans leurs fantasmes. J’ai moi aussi quelques idées. Par exemple un musée du vide: on y exposerait des projets urbanistiques sans envergure, des œuvres d’art sans talent, une langue française sans grammaire… Le plus intéressant serait peut-être de réaliser un concours d’idées sur la réaffectation du Palais de Rumine. Il y a tout à parier que le premier prix reviendrait à celui qui proposerait d’en faire…un musée des Beaux-Arts!

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22/06/2007

Hommage à Claude Bridel

Etre libéral, ce n’est pas d’abord une affaire politique, encore moins une question d’appartenance à un parti. C’est un style de vie, un engagement dans la société, un ensemble de valeurs. Je m’autorise à saluer en Claude Bridel une des grandes figures du libéralisme vaudois.Claude Bridel : ce fut d’abord le pasteur de l’Eglise libre, conducteur spirituel d’une communauté décidée à célébrer sa foi protestante sans le soutien de l’Etat ; sans son contrôle, aussi ! A 40 ans,Claude Bridel échange une chaire pour une autre : celle de l’église pour celle de l’université, dont il deviendra recteur.  Avec majesté, mais sans fierté particulière, considérant peut-être comme naturel qu’un Bridel, périodiquement, occupe de hautes fonctions académiques.A sa retraite, il continue à mettre ses forces et son temps au service de la société vaudoise.  Mobilisant ses relations dans le monde politique et académique, ses réseaux tissés à la Brigade de Sauvabelin et à Zofingue, appelant à l’aide quelques amis libristes, il s’emploie à créer la Fondation Planète Bleue, logement et lieu de rencontre pour étudiants, proche des milieux protestants. Il met son esprit vif et son intelligence à disposition de l’Association Alzheimer qu’il accepte de présider. J’ai eu moi-même l’honneur de collaborer avec Claude Bridel dans la réalisation en 1997 du bicentenaire d’Alexandre Vinet, le grand théologien vaudois partisan de la liberté des cultes et de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ce ne sont que quelques exemples des très nombreux engagements de Claude Bridel au service de la société. Et ce tableau serait incomplet s’il n’évoquait l’époux et le père de six fils : parce que c’est d’abord dans sa famille que l’homme est invité à poursuivre l’oeuvre du Créateur.Foi protestante indépendante, université, engagement social et familial : c’est l’héritage que le libéralisme a laissé au Canton de Vaud. Lorsque les historiens s’emploient à connaître ce qu’ont été les libéraux vaudois, ils auraient tort de se limiter aux hommes politiques. Ce mouvement a été porté par de nombreuses autres grandes et belles personnalités. Pour la seconde moitié du XXe siècle, ils citeront Claude Bridel.

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