19/07/2007

Qui formerait les parents de mineurs délinquants?

Il semble donc que 70% des Suisses seraient favorables à l'idée de contraindre les parents de mineurs délinquants à des cours d'éducation. Soit. Mais qui donnera ces cours? Il y a malheureusement fort à craindre que ce soient des professionnels de l'éducation formés à un certain nombre des théories qui ont apporté à l'école le vent de réformes que l'on sait. Et dans ce cas, cette éducation des parents pourrait bien créer plus de problèmes qu'elle n'en résoudrait. Parce que, dans ce domaine, les professionnels ne sont pas toujours une garantie. On cite même tel grand maître des sciences de l'éducation qui aurait eu la plus grande peine à éduquer ses propres enfants...

On voudrait espérer que ce soient des gens d'expérience, tel Maurice Nanchen, assez honnêtes pour admettre que la mode pédagogique des années 80 a fait fausse route. Ou simplement des parents ou des grands parents qui sont parvenus à éduquer leurs enfants avec succès en dépit de tous les périls qui le menaçaient: les jeux vidéo, la télévision, les difficultés scolaires, la drogue ou la violence. En matière d'éducation, être scientifique vaut parfois beaucoup moins qu'une bonne expérience personnelle.

09:20 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (16)

11/07/2007

«Fragilisés», dites-vous…

Le vocabulaire psychosocial s’enrichit régulièrement de termes qui expriment une orientation politique. Ainsi du terme «fragilisé», désormais très en vogue dans les milieux de gauche. Lorsque Celsa Amarelle, vice-présidente de la Fédération romande des consommateurs, commente à la Radio romande (Forums, 10.7.07) l’augmentation des faillites privées, elle évoque les personnes concernées: non pas des gens en difficulté, non pas des gens faibles ou démunis, mais des personnes «fragilisées».
Ce mot n’est pas innocent. Un être «fragilisé», c’est donc un être que d’autres ont rendu fragile. Toujours la même démarche: les responsables, ce sont les autres! Regardez à l’école: lorsqu’un élève est en difficulté, le première question n’est pas de rechercher ce que l’enfant peut faire pour s’en sortir, mais bien ce que l’école peut faire pour lui.
«Fragilisé», c’est la nouvelle expression de la culture de la victimisation, de la culture de l’excuse. C’est cette culture de l’excuse que Tony Blair a dénoncée en venant au pouvoir. Et c’est probablement pourquoi son socialisme à lui a été si profitable à son pays.

14:58 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (9)

03/07/2007

Et les erreurs psychiatriques?

La Fondation pour la sécurité des patients prévoit de renforcer sa lutte contre les erreurs médicales. Comme toujours, les exemples  cités ne sont pris que dans la chirurgie, qui est déjà le domaine le plus surveillé. Ce sont régulièrement les accidents opératoires ou les erreurs chirurgicales qui font l’objet de procédures ou de demandes d’indemnisation. Quant aux bénéfices apportés par un acte chirurgical, ils sont systématiquement comparés à ceux d’un traitement conservateur. En revanche, on parle peu des erreurs relevant de la médecine interne. Et encore moins des erreurs relevant de la psychiatrie. Or les erreurs en psychiatrie peuvent être tout aussi lourdes de conséquences que celles de la chirurgie. Lorsqu’un jeune patient se suicide au cours de son traitement psychiatrique, on peut se demander si l’affaire n’est pas aussi grave que le décès d’un patient sur la table d’opération. Lorsqu’un délinquant sexuel est jugé « guéri » par un psychiatre et qu’il récidive au moment de sa remise en liberté, on est en droit d’évoquer la faute professionnelle. Compte tenu de la part croissante que prend la psychiatrie dans le domaine de la santé, il paraît raisonnable que cette spécialité soit incluse dans les démarches visant à prévenir les erreurs médicales, notamment celles de la Fondation pour la sécurité des patients.

11:54 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (50)