02/08/2007

Le patriotisme des socialistes

Intéressant dialogue entre Pierre-Yves Maillard et Yvan Perrin à "Forums", le soir du 1er août. "Je suis heureux que vous nous rejoigniez", déclarait l'UDC. "Je ne vous ai pas attendu pour déclarer mon attachement à nos valeurs démocratiques", répondait le socialiste.
Mais ces deux hommes ne parlent pas de la même chose. L'attachement aux valeurs démocratiques est une démarche intellectuelle. Elle n'a rien à voir avec le patriotisme. Le patriotisme, c'est d'abord une affaire de coeur. Un attachement à un pays que l'on aime, pour son paysage, pour son histoire, pour son peuple, pour ses traditions. Il y a toujours dans le patriotisme quelque chose qui relève de la fierté : fierté peut-être illégitime, mais fierté quand même. Je puis témoigner du fait que ce patriotisme a longtemps été refusé par la gauche, au nom d'un appel à la grande fraternité des peuples. Ignorer l'hymne national était revendiqué comme un signe d'ouverture. Ce refus du sentiment patriotique a été poussé jusqu'à son paroxysme lors de ce curieux événement que fut Expo 02 : rien de ce qui faisait la Suisse traditionnelle n'y avait place. Jusqu'au drapeau suisse qu'on évitait de faire apparaître.
Depuis 2002, les choses ont changé. Le drapeau rouge à croix blanche est redevenu un emblème qu'on se plait à revendiquer et à afficher. Dans les grands magasins, les articles "Suisse" sont exposés aux rayons les mieux visibles. Oui, l'esprit a changé.
Il ne fait pas de doute que l'UDC a joué dans cette évolution un rôle déterminant. Et c'est très légitimement qu'Yvan Perrin peut se réjouir de voir les socialistes le "rejoindre". Il n'y a rien de déshonorant à reconnaître que, au cours des ans, on a revisé certaines de ses propres opinions. Voir des socialistes se presser pour fêter le 1er août sur le Grütli réjouit tous les vrais patriotes : mais c'est, de leur part, une petite révolution. Pierre-Yves Maillard gagnerait à ne pas nier l'évidence.

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