12/09/2007

Le prix du lait doit augmenter

Le monde manque de lait ! Dans n’importe quel domaine, la pénurie conduit à une augmentation des prix. Mais tel n’est pas le cas pour le lait.


Entre 1990 et 2006, le prix moyen payé au producteur est passé de 104 ct/kg à 71 ct/kg. Si l’on y ajoute l’effet de l’inflation (27 % ), on peut globalement constater que le prix payé au producteur a diminué de moitié ! On comprend que, dans ce contexte, les paysans renoncent à produire du lait, et que la pénurie devienne une menace.


En matière agricole, le langage, depuis plusieurs années, est celui de la libéralisation et de la concurrence. « Que les paysans évoluent pour réduire leurs coûts de production », dit-on, car c’est en baissant leur coûts de productiuon qu’ils parviendront à dégager les marges bénéficiaires nécessaires. Soit. Mais que ceux qui prônent les lois du marché rappellent que le prix du lait doit augmenter lorsque la production devient insuffisante.


Dans un communiqué daté du 14 août dernier, la Fédération des producteurs suisses de lait demande une augmentation de 10% du prix du lait d’ici à la fin de 2007. Elle mentionne que, en moyenne, cette augmentation représente Fr. 2.25 par personne et par mois. A notre avis, cette revendication est un minimum. Si l’on veut que les paysans augmentent sensiblement leur production laitière – forcément au détriment de celle de viande – il convient de se préparer à une augmentation beaucoup plus substantielle au cours des années à venir.


Dans ce contexte, le rôle exercé par les grands distributeurs et transformateurs pourrait bien desservir les intérêts du consommateur. Sous prétexte de limiter le prix de vente au consommateur, ils tentent de s’opposer à la hausse du prix payé à la production. Cette pression à la baisse conduit aujourd’hui la pénurie. Et finalement, ce sont à la fois les producteurs et les consommateurs qui sont défavorisés par cette politique des prix minimaux. On se demande alors à qui elle profite ?

10:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

En effet, c'est parfaitement justifié ! Et dans le même temps, il faut empêcher que Migroop ne le répercute sur les consommateurs.

Écrit par : Josef Zisyadis | 12/09/2007

C'est sympa de nous prévenir à l'avance car c'est encore une autre bonne raison de ne plus faire d'enfants, ces grand buveurs de lait et mangeurs de yaourts...

Écrit par : méchante madame | 12/09/2007

Attendez que je me situe: j'ai un vrai doute, des ???? plein la tête...

Monsieur J.-A. Haury, vous avez bien été Libéral avant d'être Écolo-Libéral? Ou je me trompe? (C'est possible!)
Mais, si je ne me trompe pas, retourner sa veste aussi vite devrait vous permettre de faire un numéro de transformiste au Music-Hall. Vous vous rendez compte que même le pope est d'accord avec vous!
Vous nous "balancez" des idées de gauche là... et les idées de gauche sont faites pour et par les jeunes... Seriez-vous Haury-fils ?

Écrit par : L'anar de droite | 12/09/2007

Je boirai du lait que lorsque les vaches boufferont uniquement de l'anis étoilé !
Santé !

Écrit par : Gédéon Teusmany | 12/09/2007

D'abord un chiffre pour "méchante madame" : même si le prix du lait doublait, pour un yoghourt (150g), cela devrait faire quelque chose comme 10 centimes de plus par gobelet pour le consommateur...
Quant à l'anar de droite, j'aime toujours son sens de l'humour et de la provocation. Pas exclu que j'aie conservé une certaine jeunesse... Dans un systèpme libéral, lorsque la demande dépasse l'offre , le prix de vente augmente. Le problème, c'est que, en matière de lait, on se trouve précisément dans une système qui ne correspond pas à ce principe libéral : comme les prix payés aux productreurs n'augmentent pas en fonction de la demande, la production n'augmente pas et la pénurie s'installe. Justement parce que le "marché" libéral ne fonctionne pas. C'est aussi une forme d'"anarchie"...

Écrit par : Jacques-André Haury | 12/09/2007

Je conçois très bien que pour certains 10 centimes de plus par yaourts soit une peccadille mais le lait comme le pain sont des choses assez symboliques dans la consommation. Ils étaient aussi assez incontournables jusqu’à ce jour ? Le lait fait partie de notre alimentation journalière alors c’est un peu facile de proposer d’en augmenter le prix d’un coup de baguette magique juste avant une élection...

Augmenter le prix du lait pourquoi pas, mais alors remettons aussi en cause les paiements directs. Nous avons, si je ne me trompe, l'agriculture la plus subventionnée du monde ?

Réfléchissons aussi à notre alimentation : Avons-nous vraiment besoin de manger autant de fromages, de yaourts et de lait ? Après tout, beaucoup de peuples du monde n'ont pas accès au lait ? Et autre chose, le lait (je parle du verre de lait qu'on pouvait encore boire par exemple en France quand les boissons pilotes existaient encore) le lait depuis qu'il a passé de 104 ct à 71ct a-t-il toujours le même goût, la même qualité ? Quand on voit ces pauvres bêtes se traîner péniblement au moment de la traite on se prend à les plaindre et à douter…

Organiser la pénurie comme cela semble se faire en ce moment est assez dangereux et surtout démotivant. Le marché risquerait de ne pas s’en relever ? On peut maintenant espérer que c’est le prix du bœuf de boucherie qui va baisser, encore que, la fièvre aphteuse ne se calmant pas on va aussi avoir une pénurie et une autre augmentation… Et il reste la menace des céréales qui vont maintenant alimenter nos moteurs à la place de nos estomacs et surtout des estomacs des pays pauvres. Mais bon, leurs estomacs sont déjà bien racornis, ce n’est pas trop grave…

Ah, si au moins les salaires augmentaient un peu vu les profits gigantesques annoncés un peu partout ! Vous dites ? Ah oui, ce ne sont pas les mêmes caisses. On ne peut prendre ici pour donner là. J’ai encore dit une idiotie !

Écrit par : méchante madame | 13/09/2007

Chère méchante madame, est-il nécessaire de vous informer de la situation du marché mondial?
Tout d'abord, la pénurie n'a pas été organisée, comme vous le dites. Elle provient d'une demande accrue de produits laitiers des pays d'Asie sur le marché mondial, où le prix du lait a connu une forte augmentation ces derniers mois. Les producteurs de lait suisse demandent donc une augmentation de prix à juste titre, puisque les producteurs des pays voisins ont déjà profité d'une augmentation.
Côté consommateur, le consommateur suisse n'est pas en reste, puisqu'il bénéficie d'un prix du lait à l'étalage meilleur marché que ses voisins (voir Agrihebdo semaine 33). Et n'espérer pas une baisse du prix du boeuf, il y a pénurie de bovins de boucherie sur le marché.

Côté soin aux animaux, j'ose supposer que vous ne débutez pas votre journée à l'aube 7 jours sur 7 pour produire du lait. Sachez que chaque producteur entretient un lien particulier avec ses vaches et qu’être producteur de lait est une passion. Ne lui dites surtout pas qu'il détient des pauvres bêtes à l'étable, surtout suite aux nombreuses réformes de la Loi sur la protection des animaux que la Suisse a mis en place.

Et dernier point, le plus important, l'agriculteur suisse n'aurait plus besoin d'artifices pour maintenir son revenu, si les produits lui étaient achetés à leur juste valeur. Dans ce cas, probablement qu’aucun d'entre eux ne s'opposera à la remise en cause des paiements directs!

Écrit par : Ptimodzon | 13/09/2007

Non, ce n'était pas nécessaire, j'étais au courant, comme on dit !
Mais j'avais aussi remarqué que les paquets de lait, le fromage et les autres produits à base de lait ne manquaient pas encore dans les rayons de nos temples de la consommation... d^où ma remarque sur l'organisation de la pénurie et du nouveau "dada" d'écologie libérale pour se faire une réputation dans le mopnde de l'agriculture..

Pourquoi les producteurs suisses devraient-il suivre les pays avoisinants, je vous le demande ? Nous ne faisons pas encore partie de l'Europe et attendons au moins que les paiements directs soient supprimés avant de toucher au prix du lait. Il n'y a pas urgence...

Les pâtes doivent augmenter de 20% en Italie et vous avez vu aujourd'hui la réaction des consommateurs. Comme je l'ai dit plus haut, nous mangeons probablement trop de produits laitiers, ce n'est pas bon pour nos artères...

Écrit par : méchante madame | 13/09/2007

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