27/09/2007

De grâce, Claude Ruey...

Depuis que le Mouvement Ecologie libérale a annoncé sa décision de présenter une liste pour le Conseil national, Claude Ruey s’emploie à répéter sur tous les tons : « Ecologie libérale dans le Canton de Vaud ? C’est une affaire de personnes. » Il est assez fier d’avoir inventé le terme d’ « Egologie » pour synthétiser sa pensée. Durant quatre mois, j’ai choisi de ne pas réagir à ses propos méprisants. Mais lorsque, à la Radio romande (26.9.07, 7h.55), ce n’est plus lui, mais une candidate libérale genevoise – visiblement bien formatée par son président – qui vient emboucher la même trompette, je considère qu’il est temps de répondre.

 

Sur le fond - et Claude Ruey évite d’en parler ! - il y a entre Ecologie libérale et le Parti libéral suisse une différence de taille : pour nous, l’assainissement des moyens de transports, de l’habitat, des industries peut justifier que l’Etat recourre à la contrainte ; mutatis mutandis, nous établissons une analogie entre défense de l’environnement et défense nationale. Le Parti libéral, de son côté, juge que l’incitation doit suffire. Cette distinction fondamentale a des conséquences importantes sur toutes les décisions politiques touchant à l’environnement. Elle justifie l’existence propre d’une liste « Ecologie libérale ». Sur ces questions là, on voudrait bien entendre Claude Ruey, mais il préfère s’en tenir à sa petite explication : « une affaire de personnes ».

 

Le bon sens aurait dû conduire à accepter un apparentement de la liste Ecologie libérale avec le Centre droite vaudois. Evidemment, cela pouvait déplacer certains électeurs, notamment libéraux, vers Ecologie libérale, au détriment du Parti libéral lui-même, et tout particulièrement de l’un de ses élus. Mais pour certains, prendre un risque personnel est hors de question. On a préféré l’intimidation, puis l’exclusion.

 

Si Claude Ruey persiste à dire d’Ecologie libérale que c’est « une affaire de personnes », nous finirons par répondre : « Oui, mais au singulier, la sienne ! »

 

De grâce, élevons le débat. La distance qui sépare Ecologie libérale du Parti libéral exprime une vision assez différente sur la façon dont des Libéraux, sans doute tous de bonne foi, entendent répondre aux menaces que notre civilisation fait planer sur notre environnement. Lorsqu’il répond « une affaire de personnes », Claude Ruey montre qu’il n’a pas compris la question.

 

 

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26/09/2007

L'exemple de la gauche anglaise

Gordon Brown vient de publier son programme. Son prédécesseur, Tony Blair, avait ouvert son mandat en s’attaquant à la « culture de l’excuse ». Gordon Brown, va plus loin : il veut récompenser l’effort.

Comme on est loin de l’égalitarisme qui obsède la gauche suisse, et tout particulièrement vaudoise ! D’accord avec l’égalité des chances au départ, mais pas d’accord avec une idéologie qui prive l’individu du fruit de ses efforts et tente d’offrir à tous une égalité de situation.

Ce discours égalitariste, tenu depuis tant d’années, finit par lasser l’opinion publique, qui voit bien que l’égalitarisme est contre nature; et que le développement durable de la société passe par la récompense de l’effort, par la reconnaissance du mérite, par la prise en compte des différences. En réalité, c’est à cette obsession égalitariste que répond le discours de l’UDC, avec le succès que l’on sait. Plutôt que de s’étouffer d’indignation en face de certaines méthodes de communication, la gauche - et tout particulièrement les socialistes - ferait bien de mettre à jour ses fondements idéologiques et d’écouter l’exemple venant des travaillistes anglais.

Le mérite, c’est-à-dire la récompense de l’effort, est probablement plus juste que l’égalité. On a beau prétendre le contraire : après quelques décennies, le peuple réagit. Inutile de hurler au populisme ou de déchirer des affiches : l’histoire se venge des idées fausses, et nous impose sa méthode.

 

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12/09/2007

Le prix du lait doit augmenter

Le monde manque de lait ! Dans n’importe quel domaine, la pénurie conduit à une augmentation des prix. Mais tel n’est pas le cas pour le lait.


Entre 1990 et 2006, le prix moyen payé au producteur est passé de 104 ct/kg à 71 ct/kg. Si l’on y ajoute l’effet de l’inflation (27 % ), on peut globalement constater que le prix payé au producteur a diminué de moitié ! On comprend que, dans ce contexte, les paysans renoncent à produire du lait, et que la pénurie devienne une menace.


En matière agricole, le langage, depuis plusieurs années, est celui de la libéralisation et de la concurrence. « Que les paysans évoluent pour réduire leurs coûts de production », dit-on, car c’est en baissant leur coûts de productiuon qu’ils parviendront à dégager les marges bénéficiaires nécessaires. Soit. Mais que ceux qui prônent les lois du marché rappellent que le prix du lait doit augmenter lorsque la production devient insuffisante.


Dans un communiqué daté du 14 août dernier, la Fédération des producteurs suisses de lait demande une augmentation de 10% du prix du lait d’ici à la fin de 2007. Elle mentionne que, en moyenne, cette augmentation représente Fr. 2.25 par personne et par mois. A notre avis, cette revendication est un minimum. Si l’on veut que les paysans augmentent sensiblement leur production laitière – forcément au détriment de celle de viande – il convient de se préparer à une augmentation beaucoup plus substantielle au cours des années à venir.


Dans ce contexte, le rôle exercé par les grands distributeurs et transformateurs pourrait bien desservir les intérêts du consommateur. Sous prétexte de limiter le prix de vente au consommateur, ils tentent de s’opposer à la hausse du prix payé à la production. Cette pression à la baisse conduit aujourd’hui la pénurie. Et finalement, ce sont à la fois les producteurs et les consommateurs qui sont défavorisés par cette politique des prix minimaux. On se demande alors à qui elle profite ?

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