18/12/2007

Annualiser le temps de travail

Les syndicats sont décidément les forces les moins progressistes de la société : Travail. suisse vient en effet d'annoncer le lancement d'une initiative visant à garantir à tout salarié 6 semaines de vacances par an. Que les syndicats cherchent une fois de plus à réduire le temps de travail montre qu'ils n'ont toujours rien compris à ce qui fait la prospérité de la Suisse. Mais ce qui nous désole, c'est que cette proposition est complètement dépassée. Les entreprises modernes, comme Bobst, par exemkple, ont compris qu'il était temps de fixer un temps de travail annuel, et de laisser les employés répartir ce temps de travail en fonction de leurs préférences. La journée de huit heures, la semaine de quarante heures, des vacances de six semaines : toute cette comptabilité appartient à des rigidités archaïques. Définissons un temps de travail annuel, et laissons les employés et les employeurs répartir ces heures sur l'année. Huit heures par jour, c'est trop court ou trop long : dans les métiers de plein air, il paraît logique de prolonger la journée en été et de la raccourcir en hiver. Certains employés sont prêts à travailler plus de cinquante heures par semaine en été pour pouvoir, en hiver, bénéficier de longues vacances de neige. D'autres préférent les longues journée en hiver et de longues semaines sur les plages, en été. Quant aux enseignants, beaucoup font des journées de 10 ou 12 heures en période de cours, et se rattrappent ensuite lors des longues vacances scolaires. Tous les indépendants apprécient de pouvoir moduler leur temps de travail en fonction de préférences personnelles. En fonction aussi de la quantité de travail à fournir : car nombreux sont les métiers dans lesquels le flux de travail n'est pas constant au cours de l'année. Pourquoi les salariés ne pourraient-ils pas être mis au bénéfice de conditions semblables ? Les syndicats, par manque d'imagination et de réalisme, sont peut-être entrain de nuire aux intérêts de leurs administrés. Ce ne serait d'ailleurs pas la première fois, et les Français en savent quelque chose.

15:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

ce que les suisses ont besoin ce n'est pas plus de vacances, mais du pouvoir d'achat. La gauche et les syndicats veulent augmenter les vacances comme à chaque fois avec l'argent des autres, c'est-à-dire les employeurs. Augmenter les charges sociales des patrons c'est de voir s'envoler de futures augmentations de salaire.

Les socialistes français ont donnés plus de temps libre aux travailleurs qui n'ont plus les moyens de se payer des loisirs.

D.J

Écrit par : D.J | 18/12/2007

Laisser l'initiative aux entreprises de gérer leur temps de travail, c'est une bonne chose qui doit être encouragée, mais cela ne doit pas empêcher que le cadre légal puisse évoluer également afin d'évoluer vers un confort de travail accru. Nombre d'entreprises n'ont que faire du confort et du bien être de leurs employés et se barricadent derrière les textes légaux pour imposer 42 voire 45 heures, et et proposer le minimum de vacances légal.
Les syndicats ont mis également en avant les statistiques concernant la santé des employés, toutes branches et tout niveau confondu. La société regorge de dépressifs, de surmenés, d'insomniaques, au nom de la croissance et du pouvoir d'achat. Si la France a peut-être été trop loin trop vite avec les 35 heures, nombre d'employés apprécient leurs temps libres. même si ils ne peuvent rien s'acheter (ce qui est discutable). Quant à nous, si nous en arrivons à passer toutes nos vacances à dormir et avaler des antidépresseurs en prévision de ce qui nous attend au retour au boulot, posons nous la question de savoir si c'est plus raisonnable.

Écrit par : L.M. | 19/12/2007

L'annualisation, pourquoi pas ? Il s'agit cependant de la cadrer, notamment sur les points suivants :
- protéger la partie faible des pressions lors de la négociation, forcément individuelle, entre l’entreprise et le salarié ;
- tenir compte des nécessités professionnelles (la demande de travail, pas uniquement l'offre de main d'oeuvre) afin que l’employeur ne soit en situation de planifier le travail de son entreprise ;
- fixer des limites à cette flexibilité (sécurité, protéger l'individu contre lui-même).

Comme vous le dites, de nombreux professionnels y sont déjà : indépendants, métiers liés aux saisons et au climat).

Il serait intéressant que les opposants fassent valoir leurs arguments, éventuellement contraires, si possible en sortant du dogme du type "puisque cela ne vient pas de la gauche, ça ne peut être qu'en faveur du patronat".

Écrit par : Rolin Wavre | 19/12/2007

La prospérité de la Suisse c’est bien. Mais mes conditions de vie personnelles c’est mieux. Il y a d’autre part des travaux, sur les chantiers par exemple, qui s’effectuent en équipe ce qui nécessite la présence de chacun jusqu’à la fin de la journée ou de l’étape prévue. Arrêtez donc d’imaginer que vous avez la science infuse et que les ouvriers, les employés et leurs syndicats sont irrémédiablement des demeurés. En 1955 comme apprenti maçon, nous travaillions 55 heures par semaine en été et 44 heures par semaine en hivers. Depuis lors mis a part la diminution bien venue du nombre d’heures, nous n’avons me semble-t-il pas inventé grand-chose. La mécanisation a rendu ces métiers supportables. Mais sans l’acharnement syndical, nous n’aurions certainement pas diminué nos heures de travail dans la même proportion. Vous êtes ombrageux cher Monsieur Haury.

Écrit par : Berney | 19/12/2007

L'annualisation pose des problèmes, certes, et Philippe Berney fait bien de le dire. Le problème, pour moi, c’est que, pour manifester son dynamisme, Travail.Suisse ne trouve rien de plus original que de proposer.... de travailler moins. Et c’est dommage. A droite comme à gauche, nous avons besoin de partenaires inventifs et créatifs. Les patrons ne le sont pas toujours. Mais l’image que se donnent les syndicats, à l’aube de 2008, me paraît décevante. Réfléchir à l’annualisation du temps de travail, notion moderne, permettrait de sortir des blocages simplistes sur la durée du temps de travail. Rolin Wavre a raison : que les opposants à l'annualisation émettent leurs critiques.
Avec tous mes voeux pour que le débat se poursuive !

Écrit par : Jacques-André Haury | 19/12/2007

Les syndicats, "forces les moins progressistes de la société"; La rengaine est connue et, sous la plume du chantre du retour à l'école du siècle passé, si ce n'est du précédent, peu en phase avec la réalité.

En 1992, le président de l'union patronale, M. Richterich, déclarait que les conventions collectives de travail (CCT) n'étaient plus qu'un "modèle dépassé". Quinze en plus tard, force est de constater que le partenariat social n'a pas été enterré, que le nombre de salariées et salariés protégés par des CCT a crû de 10% entre 1991 et 2005, que les principales innovations sociales (retraite anticipée, congé maternité, congé paternité, etc.) sont les fruits de la négociation collective et que, cela a été vérifié l'an passé encore, les salaires des branches soumises à CCT ont plus augmenté que ceux des branches sans partenariat social.
Mais rien n'interdit à M. Haury de ne pas considérer cela comme des progrès.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 20/12/2007

Monsieur Haury, d’autres individus, sur d’autre blog, vous ont ridiculisé. Restons entre gens soucieux de nos conditions d’existence. Ma petite personne ne compte vraiment pas. Mais il se trouve que au court de ma vie j’ai participé à de nombreuses reprises aux négociations relatives à la « convention collective du bâtiment et du génie civile » tant sur le plan national que cantonal. Le hasard de la vie a fait, qu’a cette table de négociation, un temps, je fût du côté ouvrier et l’autre du côté patronal.
Une de mes prises de conscience de l’influence de la situation extérieure sur nos délibérations, a été que, au lendemain de la chute du mur de Berlin, la position patronale a radicalement changé. Un certain paternalisme à disparu, remplacé par des propos et des exigences beaucoup plus durs. Ma conclusion est que l’influence de la situation politique du pays et du continent dans les négociations de conventions professionnelles est quasiment déterminante.
Hors on nous apprend aujourd’hui que les employeurs de la construction et leurs employés ont trouvés, après médiation de la Confédération, une entente à leurs différents. Quant on sait que le point de non retour a été approché et que l’on connaît les conséquences incalculables d’un échec pour le pays, on ne peut s’empêcher d’en chercher les explications.
Je me base uniquement sur mon expérience personnelle, tout de même de plusieurs décennies en ce domaine, faute d’études scientifiques, pour vous dire que l’éviction de Monsieur Blocher du gouvernement est probablement le déclencheur de ce revirement. Vous ne me croyez pas ? Procurez-vous le texte du discours du Conseiller Fédéral Blocher, invité à l’assemblée générale des entrepreneurs de ce pays en 2007 et lisez le de manière critique. Vous aurez une idée de la façon dont on influence une corporation. Il n’en faut pas plus. Nous l’avons échappé belle. Conviction contre conviction, je n’ai pas d’autres arguments. Mais souvenons-nous en quand même. Pas de place aux extrémistes. Salutations Philippe Berney.

Écrit par : Berney Philippe | 20/12/2007

Annualisation du temps de travail, encore une remarque. Je suis fier de dire que dans le bâtiment et le génie civil, cette manière de faire et en vigueur depuis très longtemps. Si c’est un des points d’achoppement des dernières négociations ce n’est pas le principe qui a fait obstacle, mais seulement la proportion d’heures d’écalées entre les saisons. Si les patrons et un certain nombre d’ouvrier saisonniers venus d’Europe souhaitent travailler un maximum d’heures en été, les ouvriers domiciliés en Suisse voient assez mal de trop longue journée en été, les privant de tout loisir familiale. Ils souhaitent également bénéficier de vacances en été et non seulement durant la mauvaise saison. Ces gens là, ne l’oublions pas, ne font pas partie de la Jet-set et passent souvent leurs vacances chez eux. Voilà la cause principale du conflit. Je ne participe plus à ces négociations, donc mes informations sont celles de la presse.

Écrit par : Berney Philippe | 21/12/2007

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