30/12/2007

Jésus-Christ socialiste ?

Maria Roth-Bernasconi affirme à Forums, le 30 décembre 2007, que Jésus était socialiste. Cette affirmation mérite une mise au point : le Christ a exhorté le riche à donner, alors que les socialistes invitent le pauvre à prendre. La différence est assez fondamentale pour que nous permettre d’inviter poliment Mme Roth-Bernasconi à réviser son discours partisan.
Personne n’ignore que cette question a alimenté et alimentera encore longuement les controverses et les débats théologiques. Sans prétendre à aucune autorité en cette matière, je me permets de discerner, dans l’enseignement du Christ, l’exaltation des devoirs : le riche est appelé à renoncer à ses biens, le puissant à son pouvoir, le lésé à sa vengeance. C’est l’appel au don de soi et de ses biens. Nulle part, nous ne voyons le Christ inviter les plus pauvres à revendiquer, à exiger, à prendre. Le socialisme se fonde sur la logique inverse : il invite à réclamer, à prendre, à revendiquer des droits.
Il est évident que, dans une certaine mesure, le résultat concret peut-être le même. Mais l’esprit est fondamentalement différent. Je ne suis pas sûr que le Christ se reconnaîtrait aujourd’hui dans le programme du parti socialiste, pas plus qu’il ne se reconnaîtrait dans aucun parti autre politique existant. L’Evangile d’adresse à l’individu et à sa conscience, alors que, par nature, le message politique s’adresse à l’Etat. Tenter de s’inspirer du message chrétien, c’est déjà tout un programme pour un politicien, et un bon projet à l’aube d’une nouvelle année. Au demeurant, mieux vaut éviter tout tentative de récupération politique de l’Evangile.

18/12/2007

Annualiser le temps de travail

Les syndicats sont décidément les forces les moins progressistes de la société : Travail. suisse vient en effet d'annoncer le lancement d'une initiative visant à garantir à tout salarié 6 semaines de vacances par an. Que les syndicats cherchent une fois de plus à réduire le temps de travail montre qu'ils n'ont toujours rien compris à ce qui fait la prospérité de la Suisse. Mais ce qui nous désole, c'est que cette proposition est complètement dépassée. Les entreprises modernes, comme Bobst, par exemkple, ont compris qu'il était temps de fixer un temps de travail annuel, et de laisser les employés répartir ce temps de travail en fonction de leurs préférences. La journée de huit heures, la semaine de quarante heures, des vacances de six semaines : toute cette comptabilité appartient à des rigidités archaïques. Définissons un temps de travail annuel, et laissons les employés et les employeurs répartir ces heures sur l'année. Huit heures par jour, c'est trop court ou trop long : dans les métiers de plein air, il paraît logique de prolonger la journée en été et de la raccourcir en hiver. Certains employés sont prêts à travailler plus de cinquante heures par semaine en été pour pouvoir, en hiver, bénéficier de longues vacances de neige. D'autres préférent les longues journée en hiver et de longues semaines sur les plages, en été. Quant aux enseignants, beaucoup font des journées de 10 ou 12 heures en période de cours, et se rattrappent ensuite lors des longues vacances scolaires. Tous les indépendants apprécient de pouvoir moduler leur temps de travail en fonction de préférences personnelles. En fonction aussi de la quantité de travail à fournir : car nombreux sont les métiers dans lesquels le flux de travail n'est pas constant au cours de l'année. Pourquoi les salariés ne pourraient-ils pas être mis au bénéfice de conditions semblables ? Les syndicats, par manque d'imagination et de réalisme, sont peut-être entrain de nuire aux intérêts de leurs administrés. Ce ne serait d'ailleurs pas la première fois, et les Français en savent quelque chose.

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12/12/2007

Au musée l'écologie ?

François Marthaler veut consacrer le Palais de Rumine à une musée du développement durable. Oublions qu'il s'agit pour lui de trouver un argument pour soutenir le projet de Bellerive. Et interrogeons-nous sur le défaitisme qui peut conduire un Vert à une proposition pareille. Le développement durable est un engagement tourné vers l'avenir; il est volonté de relever un défi; il suppose une concentration des moyens financiers pour apporter à notre société technologique des solutions compatibles avec sa survie. Toute autre est la démarche de la muséification : pour une large part, elle vise à faire mémoire d'événements ou de documents appartenants au passé; pour une autre part, elle vise à mettre en évidence des phénomènes qui ne sont pas au coeur de l'actualité. Sous quelque angle qu'on l'aborde, muséifier le développement durable est la démarche d'un échec ou d'une désillusion. La transformation d'une bâtiment ancien aux normes Minergie, la mise sur le marché de nouveaux véhicules peu polluants, le retour des hirondelles : voilà comment le développement durable doit être visible dans notre cité. Et pour cela, nous attendons de nos conseillers d'Etat un engagement autre que celui d'un gardien de musée.

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