11/03/2008

100'000 Vaudois de plus ?

On nous annonce 100'000 habitants de plus dans le Canton de Vaud d'ici à 2020. Comme une heureuse nouvelle, ou tout au moins comme une fatalité.
Est-il permis de tempérer cet enthousiasme ? Parce que 100'000 habitants de plus, ce ne sont pas seulement des consommateurs et des contribuables en plus ; ce sont aussi des élèves de plus dans nos écoles, ce sont des malades de plus dans nos hôpitaux; ce sont des véhicules de plus sur nos routes; ce sont aussi des sources de conflits voir d'aggressivité entre des gens dont l'espace vital se restreint. Ce sont aussi, d'une façon ou d'une autre, une augmentation des sollicitations sur nos ressources naturelles.
On voudrait tout au moins que les responsables politiques se préoccupent des conséquences de cet accroissement de la population, qu'ils fassent le bilan des effets positifs et négatifs. Eventuellement, qu'ils réfléchissent à ce qu'ils font pour accélérer ou au contraire freiner cette évolution.
Et on viendrait à mettre en question certains tabous. Parmi eux, la nécessité d'augmenter l'attractivité de notre canton. Attractivité sur tous les plans, à commencer par l'attractivité économique, avec comme objectif d'attirer chez nous des entreprises étrangères. Comment, vous osez contester les bienfaits de la croissance ? - Non si elle est qualitative, oui si elle n'est que quantitative. Oui s'il s'agit de renouveler le parc de nos entreprises, de mieux cibler nos atouts touristiques, d'élever le niveau de nos instituts de formation. Mais non si le nombre est le seul objectif.
Autre tabou : la politique familiale. Si elle vise à améliorer le fonctionnement des familles, et notamment les possibilités pour les femmes de concilier leurs diverses activités : d'accord. Mais si elle vise à augmenter le nombre des naissances, on peut émettre des réserves.
Au moment où on annonce que les maternités vaudoises débordent, il n'est pas interdit de réfléchir à la portée de notre politique de croissance numérique...

16:28 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

10'000 vaudoises et vaudois de plus, ce sont aussi des contributeurs et contributrices aux assurances sociales, AVS en tête.
Parmi eux,nous trouverons des jeunes à former, des enseignant-e-s, des créateurs-trices d'emplois, des membres du personnel soignant (p. ex. pour les EMS), des ingénieur-e-s qui mettront notre pays sur la voie des énergies renouvelables, des contructeurs de la 3ème voie Lausanne-Genève, du M3 ou du musée des Beaux-arts, des amateurs de nos produits du terroir, etc..
Mais, vu la façon dont il semble ne pas leur souhaiter la bienvenue, on ne risque en revanche pas d'y trouver de nouveaux électeurs pour M. Haury.

Écrit par : Jean Christophe Schwaab | 12/03/2008

Pour ma part je suis assez d'accord avec M.Haury. Car, tout discours électoraliste mis à part, l'espace n'est pas extensible et il serait temps de prendre en compte le risque de surpopulation et ses conséquences sur nos vies.

Et aux anti-malthusianistes primaires, je dis ... le mot de Cambronne. ;)

Écrit par : FuFus | 12/03/2008

Dommage, M. Schwaab : non seulement vous faites une erreur d'un facteur 10 sur le nombre (10'000 ou 100'000, ce n'est pas exactement la même chose), mais vous trouvez intelligent d'ouvrir une polémique électoraliste sur un sujet qui mériterait tout au moins un début de réflexion. Vous appprendrez peut-être un jour qu'il existe aussi des gens qui font de la politique sans avoir le regard fixé sur le compteur électoral : je vous souhaite d'en faire partie bientôt.

Écrit par : Jacques-André Haury | 13/03/2008

J'ai grandi et étudié dans le canton. J'ai 30 ans, célibataire, sans enfant, n'ayant aucune envie de dépenser des cents et des milles pour me loger, j'occupe un modeste appartement.

Je crois que j'ai réalisé le programme écolo-malthusien décrit ci-dessus.

Ah oui, j'oubliais presque: ne comptez pas sur moi pour payer vos retraites, vos maladies, ni rien d'autre. Mon revenu est si faible que je ne paie pas d'impôt sur le revenu et mon assurance maladie est subventionnée à 100%.

Écrit par : Léo | 17/03/2008

Et bien, cher Léo, je ne vois pas pourquoi vous devriez vous en faire: vous devez avoir un revenu extrêmement faible pour avoir une assurance-maladie subventionnée à 100%. Ce n'est donc pas à vous de payer pour les retraites et autres maladies mais bien à l'oligopole qui vous exploite.

Écrit par : FuFus | 20/03/2008

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