29/03/2008

A Bellerive, le gouvernement !

"Le gouvernement ne va pas forcément toujours siéger au Château", déclare François Marthaler. Mais quelle bonne idée ! En 1991, on a décidé que les Beaux-Arts devaient quitter Rumine, et nous voyons dans quelle impasse cette idée sotte nous a conduits. Alors, continuons, et décidons par principe que tout doit déménager. Je verrais assez bien pour ma part le gouvernement vaudois siéger à Bellerive, à côté des Beaux-Arts, et à la place du chantier naval de la CGN qui, lui, gagnerait sans doute à être reconstruit sur la colline de la Cité !
Evidemment, admettre que le gouvernement cantonal va continuer à siéger au Château, ça vous a un affreux goût de conservatisme. Le développement durable vu par un ministre vert, cela doit probablement rimer avec la reconstruction hors de ville de toutes les activités urbaines. Changer, chambouler, chambarder pour commencer. Ensuite, mais ensuite seulement, on fera du "durable".
La situation favorable des finances cantonales vaudoises devrait pousser M. Marthaler, Chef du Département des Infrastructures, à accélérer l’entretien du patrimoine immobilier de l’Etat : restaurer le Château Saint-Maire en fait partie. Tout comme reconstruire la salle Perregeaux et rénover le Palais de Rumine. Mais si cela passe par une débauche d’idées sur la réaffectation de bâtiments auxquels l’histoire a donné une fonction, il vaudrait mieux que Vaud renoue rapidement avec les difficultés financières.

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25/03/2008

Ecole primaire à 4 ans

La Convention scolaire romande, qui constitue le prolongement de Harmos pour les cantons romands, supprime l'école enfantine. Le texte adopté par Anne-Catherine Lyon et ses homologues décide de faire coïncider le début de la scolarité obligatoire - 4 ans - avec le début de l'école primaire. On ne nous fera pas croire qu'il s'agit d'une pure question de dénomination, sans portée réelle.
Cette démarche est une provocation. La notion d'école enfantine est bien ancrée autant auprès des parents que du corps enseignant. « Ecole enfantine » : chacun sait de quoi il s'agit et admet que ces premières années de la scolarité se caractérisent par des démarches pédagogiques adaptées à de petits enfants : elles visent essentiellement à les socialiser ou à développer les « pré-requis » qui permettront, dès la première année « primaire » le démarrage efficace des enseignements scolaires. Bien sûr, il est possible d'appeler « premier cycle primaire » ce que tout un chacun appelle « école enfantine » et donner à ce premier cycle les missions confiées précédemment à l'école enfantine. Mais à quoi bon bousculer, à quoi bon changer de dénominatrion, à quoi bon cette épreuve de force des dirigeants de l'école publique ? Mme Lyon et ses collègues auraient assez d'autres moyens de faire preuve de leur autorité…
Cette disparition de l'école enfantine n'est peut-être pas aussi anodine qu'il y paraît. On connaît les revendications de la gauche de scolariser les enfants dès l'âge de 3 ans ou même de 2 ans. Si l'école primaire commence à 4 ans, on verra rapidement certains beaux esprits suggérer la création d'une école « enfantine » facultative…dès 2 ans, puis obligatoire.
Certains se demandent au contraire si, en appelant « école primaire » ce qui est aujourd'hui l' « école enfantine », on ne cherche pas, en fait, à faire durer l'école enfantine pendant huit ans, en application de certaines modes pédagogiques qui s'acharnent à ne pas bousculer ces pauvres petits… Mais ce sont de mauvaises langues !

20:07 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (2)

11/03/2008

100'000 Vaudois de plus ?

On nous annonce 100'000 habitants de plus dans le Canton de Vaud d'ici à 2020. Comme une heureuse nouvelle, ou tout au moins comme une fatalité.
Est-il permis de tempérer cet enthousiasme ? Parce que 100'000 habitants de plus, ce ne sont pas seulement des consommateurs et des contribuables en plus ; ce sont aussi des élèves de plus dans nos écoles, ce sont des malades de plus dans nos hôpitaux; ce sont des véhicules de plus sur nos routes; ce sont aussi des sources de conflits voir d'aggressivité entre des gens dont l'espace vital se restreint. Ce sont aussi, d'une façon ou d'une autre, une augmentation des sollicitations sur nos ressources naturelles.
On voudrait tout au moins que les responsables politiques se préoccupent des conséquences de cet accroissement de la population, qu'ils fassent le bilan des effets positifs et négatifs. Eventuellement, qu'ils réfléchissent à ce qu'ils font pour accélérer ou au contraire freiner cette évolution.
Et on viendrait à mettre en question certains tabous. Parmi eux, la nécessité d'augmenter l'attractivité de notre canton. Attractivité sur tous les plans, à commencer par l'attractivité économique, avec comme objectif d'attirer chez nous des entreprises étrangères. Comment, vous osez contester les bienfaits de la croissance ? - Non si elle est qualitative, oui si elle n'est que quantitative. Oui s'il s'agit de renouveler le parc de nos entreprises, de mieux cibler nos atouts touristiques, d'élever le niveau de nos instituts de formation. Mais non si le nombre est le seul objectif.
Autre tabou : la politique familiale. Si elle vise à améliorer le fonctionnement des familles, et notamment les possibilités pour les femmes de concilier leurs diverses activités : d'accord. Mais si elle vise à augmenter le nombre des naissances, on peut émettre des réserves.
Au moment où on annonce que les maternités vaudoises débordent, il n'est pas interdit de réfléchir à la portée de notre politique de croissance numérique...

16:28 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5)