22/04/2008

Etablir les faits

"Les élèves sont sanctionnés lorsqu'il y a suspicion de consommation de drogues" a affirmé Anne-Catherine Lyon au Grand Conseil le 22 avril. Il s'agissait pour elle de démontrer que l'école fait déjà son travail en matière de lutte contre les drogues (!!!), et que ma proposition de détection par des tests était inutile. On a bien entendu et bien lu : sanctionner sur la base de suspicion plutôt que sur la base de faits établis !
Si c'est cela que la gauche appelle le respect des droits humains, il y a de quoi trembler.
Mais au fond, c'est bien dans sa culture. Pas de notes, on préfère des évaluations, parce que c’est moins précis. La loi scolaire prévoit que le seuil de suffisance est 4, mais on accorde automatiquement la promotion à des élèves qui n’ont que 3,5 dans plusieurs branches principales. On ne veut pas d’examens, qui placeraient les élèves devant la rigueur d’un regard externe. Le parcours scolaire se fait en fonction du « développement personnel » de l’élève, et pas des résultats de son travail. On établit des règles, mais on mollit lorsqu’il s’agit de les appliquer.
J’ai cru longtemps que c’étaient des sentiments généreux qui poussaient la gauche dans ces positions floues, par compassion pour les plus faibles. De plus en plus, je suis conduit à une autre analyse : le flou fait le lit des très nombreux « intervenants » de tout poil qu’on mobilise dans toutes les situations où la rigueur est refusée. Une sanction pour un élève qui fume des joints, c’est trop simple. Il faut organiser une prise en charge, un bilan psychologique, une médiation, un accompagnement. Et tout ce petit monde y trouve son compte. Et vote « juste » aux élections suivantes : on ne va quand même pas mordre la main qui vous nourrit !

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13/04/2008

Le mérite des aînés

Je suis assez fier d’appartenir à une société dans laquelle la majorité de nos aînés jouissent d'une situation financière confortable. Pour la plupart d’entre eux, il s’agit de la récompense méritée d’une vie de travail. « Travailler pour ses vieux jours, économiser pour ses vieux jours » : ce sont des règles que beaucoup de gens s’imposent, et tant mieux s’ils y parviennent.
« Un millionnaire, c’est quelqu’un qui a remboursé sa maison » affirme une boutade qui n’est pas insensée. Beaucoup de gens deviennent propriétaires de leur logement au cours de leur vie professionnelle, avec l’aide d’une hypothèque qu’ils remboursent d’année en année. D’autres font des économies, sous forme de placements fructueux (en tous cas à long terme). On devrait ajouter que ces aînés « à l’aise » veillent très souvent, par des aides ponctuelles, à apporter à leurs enfants et petits-enfants les petits extras qui rendent la vie si confortable. Merci pour eux.
Faut-il pour autant réformer notre politique sociale ? Dans une certaine mesure, notre système fiscal retire déjà à nos aînés de quoi aider les plus jeunes. Notre système de prévoyance professionnelle, avec ses trois piliers, - une formule très intelligente et probablement unique au monde - établit un bon équilibre entre solidarité et prévoyance individuelle. La seule question à résoudre : adapter l’âge légal de la retraite à l’allongement de l’espérance de vie.
On peut à bon droit se demander si les avantages financiers consentis au troisième âge sont justifiés. Il y a des aînés qui n’ont pas besoin de réductions tarifaires : c’est vrai. Mais quand on voit les standards de certains bals d’étudiants, on peut affirmer qu’il existe aussi des cas où les réductions pour étudiants sont des cadeaux superflus. Mais il s’agit dans la plupart des cas d’une politique commerciale, visant à attirer une clientèle déterminée, et cette politique commerciale doit être considérée sous cet angle.
En réalité, la situation financière favorable de nos aînés heurte les tenants de l’égalitarisme qui voudraient que nous ayons tous et à tout âge les mêmes moyens financiers. Les partisans d’une politique sociale fondée sur le mérite, c’est-à-dire la récompense de l’effort, au contraire, s’en réjouissent !

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