22/09/2008

Federer contre le bluff

Le succès de Roger Federer, notre idole helvétique, tranche avec la déconfiture de certains milieux financiers. Et on s’en réjouit. Le succès de Federer, c’est du pur mérite : dans le sport, il faut être bon, il faut être le meilleur pour gagner. C’est aussi simple que cela, et tout le monde s’en réjouit. Je ne sais pas si Federer gagne beaucoup d’argent : je l’espère, car ce serait mérité. Et l’estime et l’affection qu’il a su conquérir sont aussi sa récompense, méritée elle aussi.

Dans le sport, il n’y a pas de bluff. On trouve certes quelques tricheurs, que les tests anti-dopage permettent souvent de découvrir. Mais les autres, tous les autres, ce sont des gens qui ont lutté, peiné, qui se sont surpassés. Même si la nature leur a accordé certains avantages au départ, ils ne se hissent sur la première marche, et même sur la troisième, qu’à coups d’efforts et de volonté.

Dans le monde financier, ces dernières années, on a vécu sur du bluff. On a vendu du vent et des rumeurs. Et nombreux sont ceux qui, ayant réussi à placer des produits dérivés auprès de leurs clients – sans trop savoir ce qu’ils vendaient à des gens qui ne savaient pas trop ce qu’ils achetaient – ont trouvé légitime des salaires ou des commissions exorbitants qui ne correspondaient à aucune valeur ajoutée. Lorsque, comme beaucoup d’autres, nous dénoncions le salaire du patron d’UBS, nous mettions en réalité le doigt sur la démesure de ce brassage de vent.
Le vent est tombé : beaucoup des moulins qu’il faisait tourner se sont arrêtés. La société toute entière, il est vrai, a bénéficié de ce grand brassage de vent ; il est inévitable que, aujourd’hui, nous soyons aussi tous les victimes des moulins en panne. Mais la morale s’en trouve sauve : à la fin, le bluff ne paie pas !

Dominique de Buman le déclarait sur RSR le 17 septembre, commentant la crise financière : il est temps de revenir aux vraies valeurs du libéralisme que sont l’initiative et le mérite. Les valeurs de Roger Federer, justement !

20:57 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5)