16/12/2008

Confidence injustifiée

Les conditions du départ d’Eric Lehmann sont couvertes par un engagement de confidentialité de part et d’autre. C’est-à-dire que ni l’Etat, ni l’intéressé ne s’autorisent à donner les informations sur cet objet. Cette confidentialité est nuisible. Elle donne libre cours à toutes sortes de fantasmes ; elle fait le lit d’attaques partisanes contre le Conseil d’Etat en général, contre la cheffe du département concerné, en particulier. Quant à l’image personnelle de l’ancien commandant de la police cantonale, on ne peut pas dire qu’elle s’en trouve grandie. Quelles magouilles, quel chantage, quelles fautes inavouables se cachent-t-elles derrière cette confidentialité ? Et quel principe supérieur justifie-t-il que les contribuables ne soient pas informés de l’usage fait de leurs sous ?
Globalement, c’est l’image même de l’Etat qui s’en trouve ternie, et c’est d’autant plus regrettable que les deux parties, dans cette affaire, se sont honorées d’être au service de l’Etat.
Le maniement du secret est un art délicat. Il ne saurait couvrir certaines opérations sous prétexte que d’autres fois, dans des circonstances apparemment analogues, les parties se sont mutuellement contraintes au silence.
Eric Lehmann lui-même n’aurait rien à perdre en prenant l’initiative de la transparence. Un accord, même signé avec le Conseil d’Etat, peut se renégocier entre les parties, lorsqu’il apparaît qu’une des clauses nuit à l’ensemble des parties.
Bien sûr : les choses se calmeront. Mais cette affaire laissera un arrière- goût douteux. Le Conseil d’Etat a la compétence d’engager ses hauts commis ; il a aussi celle de les licencier. Si ce licenciement comporte une contre-partie financière, elle devrait être connue. Les critiques éventuelles valent toujours mieux que les insinuations mortifères.

11/12/2008

Bruit de bottes socialistes

Le 30 novembre, à la suite du refus du crédit « Bellerive », Anne-Catherine Lyon déclarait que tout restait possible, y compris la construction du Musée à Bellerive, et que la solution « Rumine » était exclue. Au Conseil communal, le 10 décembre, Sylvia Zamora affirmait que le programme de la Municipalité lausannoise pour la place de la Riponne ne serait pas modifié par le vote populaire.
Cela commence à faire beaucoup ! Toute la campagne entourant la votation sur le projet de Bellerive a été polluée par un discours tentant de faire croire que l’intelligensia socialiste détenait la vérité en matière de culture et que les opposants n’étaient que des incultes et des sauvages. Et cela continue.
L’échec devrait donner à réfléchir. N’importe quel démocrate admet que lorsque le peuple s’est exprimé, sa décision a des conséquences et qu’elle nécessite la révision des décisions prises précédemment sur le sujet discuté. Il tombe sous le sens que, au moment où le projet de déplacement du Musée des Beaux-Arts hors de Rumine ne peut pas se réaliser comme prévu, la cascade des projets construits sur cette hypothèse doit être réexaminée. « Il n’en est pas question, nous ne changerons rien à nos projets », répondent les deux élues socialistes.
Soit ! c’est une façon de gouverner. Que les socialistes proclament clairement qu’ils détiennent la vérité, et que le peuple est tout juste autorisé à s’exprimer, si c’est pour leur donner raison. Mais qu’ils nous épargnent dès lors leur discours sur la « démocratie participative ». Et qu’au lieu de reprocher à l’UDC d’être incompatible avec notre démocratie de concordance, ils commencent par balayer devant leur porte.