09/06/2009

Daniel Brélaz : une casquette de trop !

A la fois Syndic et président de la Caisse de pension de la Ville de Lausanne, Daniel Brélaz est doublement mis en accusation dans le scandale qui entache cette institution de prévoyance.

Car le découvert de cette caisse de pension est connu depuis longtemps, et les autorités lausannoises devaient prendre quelques mesures courageuses visant à son assainissement, comme l’a fait l’Etat de Vaud. Tout au contraire, elles ont laissé la situation s’aggraver au fil des ans.

Cet assainissement ne peut se faire qu’au détriment d’un des trois partenaires suivants ou de plusieurs d’entre eux :

1.     Les employés actuels, auxquels on demande de cotiser davantage pour une rente de même montant

2.     Les rentiers actuels, dont on réduit la rente

3.     Les contribuables, auxquels on demande de boucher les trous

 

Autant dire que l’assainissement de la Caisse de pension comportait, pour la gauche lausannoise au pouvoir, un risque électoral majeur qu’elle a préféré éviter.

La gestion d’une caisse de pension n’est pas une affaire politique, mais une affaire technique, comptable et actuaire. A sa tête, elle doit disposer d’un gestionnaire rigoureux, à l’abri des enjeux politiques. Par définition, ce n’est pas la place du Syndic. Daniel Brélaz n’a rien inventé : tous ses prédécesseurs se sont trouvés dans la même situation. Tous assument personnellement une responsabilité dans la débâcle actuelle. Si le bilan de la Caisse était équilibré, le dispositif aurait pu durer. Mais Daniel Brélaz, mesurant la gravité de la situation, aurait dû comprendre à temps qu’il devait se distancer de la caisse de pension pour mettre à sa tête un gestionnaire acharné à l'assainir et dépourvu de tout souci électoral.

Je ne suis pas choqué par le fait que Daniel Brélaz soit à la fois Syndic et Conseiller national. Mais sa casquette à la tête de la caisse de pension de la Ville de Lausanne est une casquette de trop !

Commentaires

On en peut juridiquement réduire les rentes. Donc pas non plus celles à venir, par souci d'équité. Donc que reste-il ? Ne pas indexer les rentiers: c'est fait. Faire cotiser plus: c'est fait (en partie). Réduire les avantages de toutes sortes fruits de savants compromis au long court, depuis 1993, et/ou relever l'âge de la retraite, éventuellement, mais c'est en stand by. On avait eu un avertissement en 1995, lors de l'instauration du libre passage intégral ET de la division des avoirs en cas de divorce. Mais rien ne s'est passé ! Donc 10 ans de retard pour rien.

Écrit par : Victor Devaud | 09/06/2009

La casquette que porte le Syndic, celle avec le galon "Caisse de Pension", n'est pas uniquement de trop, elle est surtout beaucoup trop grande pour lui!

Et ce, malgré sa grosse tête. Bien qu'il ait été mathématicien dans une autre vie et qu'il ait régressé pour n’être plus qu'un fin calculateur.
Son seul souvenir de mathématiques concerne le calcul actuariel. Il se souvient uniquement que cette branche des maths est de niveau universitaire.
En mai 2008, il a été incapable d'expliquer de quoi il retournait à des journalistes. Bien entendu que devant ces gens de presse, il n'a pas admis ne plus comprendre les arcanes de cette science. À son habitude, il s'en est sorti par une pirouette. Il a pris ses auditeurs pour des billes en disant bêtement que tout cela était par trop compliqué pour que de simples journalistes puissent y comprendre quelque chose!
(Sources: télévision locale: TVRL / le 5 mai 2008)

PS:
Ce même Syndic a également trois casquettes dans la Constellation des TL de trois sociétés distinctes: soit celles de membres du CA ou même celle de Président (M2).
Ceci explique peut-être cela... Oui! Explique la facilité avec laquelle le détournement des fonds alloués par le Canton aux Transports lausannois ont passé d'une utilisation "pour le bien de tous" à "pour une légère amélioration de la caisse". Caisse qui résonne clair et fort vu qu'elle est quasi vide. Au contraire, bien que dans le même état, le Syndic, lui, raisonne encore plus fort, mais totalement faux.

Écrit par : Père Siffleur | 09/06/2009

Le problème de la CPCL ne date pas d’aujourd’hui. Il vient des facteurs suivant :

- Modification de la loi concernant le divorce (qui a coûté 8% de taux de couverture en un jour, du 31.12.1994 au 01.01.1995).
- Modification de la loi sur l’accès à la propriété
- De 1994 à 1999 les responsables de la caisse n’ont pris aucune mesure suite à ces changements de lois. Ces mêmes responsables de la caisse, ainsi les responsables politiques, des employeurs et du personnel ont caché l’érosion du taux de couverture entre 1994 et 1999.

Les modifications entré en vigueur le 1.1.2005 a permis d’augmenter le taux de 6%. La crise passant pas là, le taux de couverture est repassé à 38%. Comme en 2005.

Donc les responsables sont à rechercher parmi ceux qui ont eu des responsabilités à la CPCL entre 1994 et 1999.

Écrit par : cali | 09/06/2009

Père Siffleur est un peu plus sévère que je ne le suis, mais il n'a probablement pas tort sur les faits. Quant à Victor Devaud, il a raison. A titre de comparaison, l'Etat de Vaud a prolongé de 35 à 37,5 ans le nombre d'années d'activité donnant doit à une retraite complète. Une partie de la droite aurait voulu passer directement à 40 ans, mais n'est pas parvenue à rassembler la majorité du Grand Conseil autour de cette proposition. Toujours est-il que c'est certainement dans cette direction qu'il convient d'aller. C'est ce que j'appelle une décision courageuse...

Écrit par : JAHaury | 09/06/2009

Monsieur Haury votre suggestion d’augmenter le nombre d’années de cotisations donnant doit à une retraite complète n’a aucun sens dans le cadre de la CPCL. Le motif en est simple, la notion rente complète n’existe pas à la CPCL.

En bref, le calcul ce fait en fonction des années de cotisation. Depuis le 1 janvier 2005, chaque année de cotisation vous donne droit à 1,5% de salaire assuré (avant cette date ce % était de 1,667). Cela veut dire, depuis le 1 janvier 2005, les rendements du salaire assuré à la CPCL ont été diminués de 10%. Cette mesure est une des mesures prise à cette date.

Exemple ; si votre salaire assuré est de 1000.-. Dix ans de cotisations vous donne le droit à une rente de 15% de la somme assurée, 11 ans 16.5%, 12 ans 18% et ainsi de suite. En 40 ans la rente équivaut à 60% de la somme assurée, il me semble qu’au canton on y arrive en 37.5 ans.

Écrit par : cali | 09/06/2009

Bonjour,
Malheureusement je ne connais pas la répartition du taux de cotisation de la CPLC.
Je présume que comme dans presque toutes les caisses publiques la part Patronale est supérieure à la part de l'employé. Pourquoi ne pas se servir de la différence de ce taux pour rétablir la santé financière de la caisse. Voici l'exemple.
Si ll répartition est de un tiers à la charge de l'employé et 2 tiers à la charge de l'employeur, il suffit de considérer que la moitié de la part patronale ne peut servir qu'à la reconstitution des réserves. La rente future du salarié sera certes plus faible, mais beaucoup plus sûre. Par ailleurs si la situation est telle qu'elle est maintenant, c'est bien que les cotisations payées étaient trop faibles. Ce n'est en aucun cas au contribuable de mettre la main à la poche. Il devra probablement déjà reconstituer les réserves de sa propre caisse de pension. Il n'y a pas de raison de le faire payer 2 fois!

Écrit par : salegueule | 10/06/2009

Il y a une multitude de raisons pour que la voie que vous indiquez n’est pas possible.

Suite cachotteries entre 1994 et 1999, le taux de couverture est descendu trop bas. Le volume et la structure des placements ne permettent plus de faire face aux aléas, comme celui de la bourse par exemple. Bien que plus stable, le placement en bien immobilier n’est pas une assurance tout risque. Faites un bilant sur 40 ans entre la bourse et l’immobilier pour vous en convaincre.

L’injection d’une fortune de 350 millions (290 pour Lausanne) permet d’atteindre en un jour un taux de couverture d’environ 55%. Ensuite, s’il n’y à pas de catastrophe boursière majeure, les cotisations d’assainissement, introduites le 1 janvier 2005, permettent de faire remonter le taux de couverture.

(Il est possible qu’une rallonge de 150 millions soit nécessaire si le SMI descend à 4000 points en 2012 (environ 5400 aujourd’hui)).

Il est évident qu’il n’est pas normal que la collectivité doit s’engager financièrement pour la CPCL. Espérons que ce cas sera le premier et dernier pour cette caisse. Néanmoins, l’assuré n’est pas responsable des cachotteries des élus et autres responsables pendent 5 ans.

Normalement le contribuable ne devrait pas être sollicité de manière directe. Le taux communal imposable ne va pas changer en raison du renflouage de la caisse.

Ce qui me laisse perplexe dans votre affirmation et l’argumentaire que vous exposez

« La rente future du salarié sera certes plus faible, mais beaucoup plus sûre. Par ailleurs si la situation est telle qu'elle est maintenant, c'est bien que les cotisations payées étaient trop faibles »,

En suivant votre raisonnement, Lausanne prend le risque de devoir s’engager à hauteur de 1,5 milliards et non 350 millions ou 500 millions. Je ne suis pas certain que le contribuable y retrouve son compte.

Écrit par : cali | 11/06/2009

Le raisonnement de "salegueule" en appelle un autre que voici:

En payant 29.50% de cotisation (employé 10.5 employeur 19), le cotisant de 65 ans touchera, au maximum après 40 ans de cotisation, 60 % de son salaire !

Celui-ci aurait-il intérêt à les placer directement au "Retraites populaires"?

Écrit par : Rectificateur | 11/06/2009

Les cotisations ordinaires et d’assainissement représentant 29,5% du salaire assuré (et même de 37,5 % pour les assurées de la catégorie B), illustre, si besoin était, que les assurés et les employeurs ont pris des mesures lourdes pour renflouer la caisse depuis 2000. Sans conter les importantes mesures de réduction des prestations. Exemple, réduction de 50% en 3 étapes du supplément temporaire versé dès 60 ans (20% dès 2005, 35% dès 2006 et 50% dès janvier 2007). A noter que cette rente avait déjà été revue à la baisse en 2000. Ce qui veut dire que cette prestation a été réduite au total de 75% depuis 2000. Malheureusement, il n’y avait pas vraiment d’autres choix.

Rectificateur,
Je comprends votre amertume. Personnellement la réaction de salegueule ne me froisse pas. Il exprime une légitime mauvaise humeur d’être mis devant le fait accompli. C’est quand même une "plaisanterie" à plusieurs centaines de millions. J’espère juste que cet intervenant comprenne que les assurés ce sont retrouvés dans le même état d’esprit en 1999 après 5 ans de cachoteries.

Écrit par : cali | 11/06/2009

Bonjour,
Merci Cali de votre compréhension...
Je coirs qu'il est surtout important de préciser que les entités tels que la confédération, les cantons et les municipalités, je ne suis pas certain que c'est vrai pour tous mais certainement une majorité,ont pris l'habitude de considérer qu'en tant "qu'entreprises publiques" ils/elles sont pérennes et que la nécessité de payer la part patronale des cotisations n'est par réelle. Donc les politiques, de tous bords, ont pris la liberté de ne pas épargner les montants dûs. Il en ressort un manque mathématique de rendement et de réserves. La Confédération a fait la triste expérience de ce calcul puisque lors de la privatisation de certains services publiques, les CFF par exemple, la part patronale des caisses de pensions publiques a dû être payée comptant. D'où l'actuel trou dans les caisses fédérales. Si la fonction publique devait être privatisée, les trous seraient gigantesques. Le non-paiement des cotisations patronales n'est pas la seule raison de cet état de fait. Les privilèges dont sont dotés les fonctionnaires, au détriment des contribuables, ne sont pas normaux. La parité des cotisation n'est souvent pas respectée, les minimums légaux sont dépassés etc...Pour résorber les trous des caisses de pensions publiques, il faut revenir en arrière sur ces privilèges, que chacun cotise sa part. Que le contribuable ne soit plus grugé.

Écrit par : salegueule | 12/06/2009

Je ne sais pas pour les autres caisses de pensions, concernant la CPCL, la part patronale a toujours été honorée. De même que celle retenue aux employés a toujours été versée par les employeurs. Des erreurs dans les comptes j’en doute, mais c’est possible. A ce stade, je n’aucune raison de penser que des malversations intentionnelles ou non ont eu lieu depuis 1993. Avant je ne sais pas.

Part contre il est possible que des entités publiques n’ont pas porté suffisamment d’attention au taux de couverture. Le sentiment de pérennité n y est peut être pas étranger.

Concernant la CPCL, c’est assurément l’incurie des 2 magistrats socialistes à la Présidence de la caisse entre 1994 à 1999 qui a asséné les coups les plus significatifs au taux de couverture. Autrement, comment expliquer la décision d’accorder des légères améliorations des prestations au 1er janvier 1994 quand des lois prévues pour janvier 1995 plomberaient le taux de couverture. Ainsi, le jour de la Saint Sylvestre 1995 venu, le taux de couverture a baissé de près 25%. Bonne année.

Hier soir, regardant la séance de conseil communal de Lausanne sur le sujet. Je dois reconnaitre que le parti socialiste a pris ces responsabilités. Cela ma fait oublier les 2 minables du paragraphe précédent. Il en va de même avec les verts et Lausanne ensemble et le PDC.

J’ai bien ris de quelques affirmations d’A gauche toute, une preuve de plus que le ridicule ne tue point. Mais la palme revient au Don Quichotte de service (Voiblet). Evidement, Ingénieux, le qualificatif de l’original ne lui sied pas. Il a quand même joué son rôle, celui de bouffon.

Écrit par : cali | 24/06/2009

Et si on arrêtait tout simplment la primauté de prestation pour passer en primauté de cotisation. Il n'y a pratiquement plus que les fonctionnaires qui ont des caisses de pension aussi luxueuses. Regardez un peu ce que les employés du privé assurés au minimum LPP (ou guère plus...) se tapent comme rente de retraite...

Écrit par : Wooloomooloo | 24/06/2009

Les retraites sont faible car les affiliés sont assuré au minimum légal. Ce n'est pas le cas de tous.

Écrit par : cali | 25/06/2009

Wooloomooloo, et si on diminuait aussi le montant des rentes AVS ? Il n'y a pratiquement plus qu'en Suisse qu'on a des rentes aussi luxueuses. Regardez un peu ce que les habitants des autres pays se tapent comme rente de retraite...

Écrit par : Cagli | 25/06/2009

Renseignement pris, il semble que passer de primautés de prestations à celle des cotisations implique de renflouer la caisse à hauteur de 100% immédiatement.

Je pense que la voie choisie à été judicieuse, les partenaires soucieux ont négocié une forte réduction des prestations et maintenant les pouvoir publiques essaient de faire leur part.

Pour toute sorte de raisons il n’a pas été possible de la part des pouvoirs publics de renflouer la caisse dès que les prestations ont été réduites. Nous aurions gagné 4 ans. Le taux de couverture serait supérieur à 60% et la baisse de la bourse n’aurait qu’une influence minime sur le taux de couverture. En effet, les cotisations d’assainissements aurait permis de maintenir le taux de couverture au lieu de l’augmenter

Écrit par : cali | 25/06/2009

La Moulinette insolente à Lausanne. 1er cabaret d'humour suisso-franco-belge!

90 minutes de rire, l'actualité passée à la moulinette, un invité vedette sur la sellette! Avec des chroniqueurs fous, de la musique, des sketches… et un verre à portée de la main ! Avec Nicolas Baehler, Jean-Louis Danvoye, Guy Dewier, François Intriere, Anne-Isabelle Justens, Pierre Mathues, Bob Solo, Etienne Vanden Dooren, Fred Laurent et Julien Hucq.



Le 29 novembre : 16h Invité Daniel BRELAZ

Le 29 novembre : 19h Invité Olivier FRANCAIS



Le Vaudois

1, Place de La Riponne à Lausanne

PAF : 12 CHF par représentation

Réservations : marie-luce.grandjean@insolent.be francois.intriere@vtx.ch

Infos : www.insolent.be www.lamoulinette.ch

Écrit par : Grandjean | 11/11/2009

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