30/06/2009

Chaleur et médicaments

En période de grandes chaleurs, il faut adapter les traitements médicamenteux, c’est-à-dire, généralement, en réduire les doses. Ce message de prévention, pourtant simple, peine à être entendu. Probablement parce qu’il se heurte à des volontés contraires.

La tentation est grande d’accuser les entreprises pharmaceutiques, pour lesquelles les affaires sont bonnes lorsque la consommation augmente. Ce serait oublier que cette attitude n’est pas sans risque. Lorsque les choses tournent mal – par exemple un décès liés à un médicament surdosé – les conséquences judiciaires et économiques pour le fabriquant sont telles qu’il n’a certainement aucun intérêt à prendre ce risque.

La vérité est probablement ailleurs. La médecine cherche à devenir de plus en plus une activité « scientifique », fondée sur des « évidences », conduisant à des directives thérapeutiques précises. La tendance est à la normalisation stricte. Dans cette perspective, le patient est réduit à un certain nombre de paramètres que des procédures standardisées prétendent réguler.

Beaucoup y trouvent leur compte. Ceux qui édictent les directives et éprouvent ainsi le vertige du pouvoir. Les médecins qui les appliquent, qui se prémunissent ainsi de toute contestation ou procédure judiciaire. Certains patients, que cette apparence de rigueur scientifique rassure.

En affirmant qu’un traitement médicamenteux doit être adapté aux périodes de grande chaleur, c’est cet édifice monolithique qu’on ébranle. On admet que les directives doivent être adaptées à l’air du temps (au sens propre !), donc aux conditions individuelles ; on fait un pas en direction d’une médecine de la personne et on s’éloigne d’une médecine de la norme ; un pas en direction d’un art et non d’une technique scientifique. Un débat idéologique, en quelque sorte.

Commentaires

Docteur,
néanmoins Libéral et écot-logique

Je veux bien! Mais soit vous en dites trop où alors pas assez!

Réduire? Bien! De combien? On ne sait pas! À partir de quelle température? On nele sait pas plus! De combien? On le sait encore moins!
Et surtout comment faire? Là, probablement que personne ne sait!

Aujjourd'hui, les dosages médicamenteux sont à dosages fixes. Le médecin aura prescrit du 50, 100, 150, ou X mgr. Si la diminution devait être de 30%, alors comment faire? La quantité de principe actif dans les unités à disposition reste constante, donc il faudrait augmenter les espaces entre deux ingestions. Mais les ingestions doivent être prises en mangeant... ouille! Tout ce complique...

C'est tellement compliqué qu'il faut retourner chez son médecin pour qu'il nous prescrive un dosage moindre et aussi pour savoir quand prendre le médicament etc...!

Voilà, nous y sommes... C'est idéologique!... Mais ça fait sonner le tiroir caisse! Pas grave, les assurances maladies n'ont qu'à casquer! Si les primes augmentes, c'est de leur faute, uniquement de leur faute!

Malgré tout, je vais aller voir mon Toubib! Le bon Docteur ci-dessus a réussi à me faire vraiment peur!... Et sans m'aider pour autant.
Ben oui! Il est libre de ne pas m'aider et de me faire peur!... Quoi! Zut! C'est ça le libéralisme idéologique.

Écrit par : Père Siffleur | 30/06/2009

Père siffleur, vous n'êtes pas très convaincant quand vous faites l'âne. S'il s'agit de votre pression sanguine, vous pouvez la contrôler dans une pharmacie, gratuitement à ma connaissance. Mais surtout, si vous avez l'impression de "mal supporter la chaleur", pensez que ce sont peut-être vos médicaments qui sont en cause. Ce ne sera pas plus cher que de ne rien comprendre à ce qui vous arrive...

Écrit par : JAHaury | 30/06/2009

C'est totalement vrai! Je fais l'âne!... Mais ce n'est pas pour avoir du foin...

Écrit par : Père Siffleur | 01/07/2009

Ce qui est visé ici n'est pas l'effet de la chaleur, mais EBM, "evidenced based medicine", qui fait tant de souci à certains parce qu'elle essaye de guider intelligement le thérapeute. Elle s'oppose pas à "l'art" du thérapeute, mais au manque de génie et à l'approximation, même si des inconnues demeurent. Ce mouvement a commencé il y a presque 30 ans par les "flow-charts", destinées à guider un soignant du Tiers-Monde, moyennant un certain risque d'erreur réduit au minimum évidemment, à la prescription de médicaments là où le médecin n'existait pas, au profit du plus grand nombre. C'est très difficile à établir, doit être enseigné, mais cela s'est révélé efficace et ... bon marché. Tous les médecins font de temps à autres des erreurs, dans la grande majorité mineures, ... mais quand même, il faudrait les éviter. Dans ce cadre, EBM permet de se baser sur ce qui a été dûment testé et reconnu efficace scietifiquement, fût-ce quelquefois au profit de ce que l'on croit, et de discuter des libertés que l'on prend.

Écrit par : Joel Bonjour | 01/07/2009

Alors Père-siffl....! peur de mourir!?!? et en bonne santé, grâce au médicament!
Le meilleur médicament du jour c'est de profiter du soleil et de manger beaucoup de fruits.......car attention la grippe porcine nous menace dès que l'automne pointera son nez! Alors faites un plein de vitamines naturelles!
Que votre journée soit lumineuse!

Écrit par : Corélande | 01/07/2009

A Joël Bonjour : c'est parfaitement clair que je vise ici "EBM", c'est-à-dire médecine prétendûment basée sur des preuves. Le problème est que ce type de médecine vise précisément à définir un traitement adapté à un patient "standardisé", et pas au patient dans sa réalité. On doit donc éliminer la prise en considération de facteurs variables, comme la température, et c'est là que EBM trouve sa limite. Je peux vous dire que dans mon domaine, aucun rhinologiste ne prend jamais en compte l'air inspiré par le patient dans ses directives thérapeutiques. Mais chacun sait bien que cela peut tout changer. Mais comme vous le dites bien. EBM est destiné à suppléer à l'absence de médecin...

Écrit par : JAHaury | 01/07/2009

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