03/11/2009

Les pharmas ignorent la crise...

Prospérité de l’industrie pharmaceutique défiant la crise, d'une part, explosion des primes d’assurance maladie, d'autre part : et si ces phénomènes étaient liés ?

Dans l’évolution des coûts de la santé, les entreprises pharmaceutiques parviennent très habilement à paraître innocentes. Tout comme d’autres industries actives dans le secteur médical.

Bien sûr, la recherche effectuée par les entreprises leur permet de développer de nouvelles substances et de nouveaux produits profitables à notre santé. Mais ces nouveaux médicaments ne visent souvent qu’à remplacer des substances plus anciennes, en apportant de faibles avantages réels pour le patient, mais dont les prix sont nettement plus élevés. Par ailleurs, ces entreprises pharmaceutiques soutiennent de nombreuses études réalisées dans les universités, qui tendent presque toujours à recommander un traitement plus précoce et de plus longue durée. Raccourcir le traitement, l’interrompre ? Curieusement, les chercheurs ne sont pas très engagés sur ce terrain peu lucratif…

Un autre secteur contribue à l’accroissement des coûts : ce sont toutes les mesures prises au nom de la prévention des infections nosocomiales, c’est-à-dire attrapées lors d’un traitement hospitalier : les nouvelles exigences en matière de stérilisation et de matériel à usage unique font évidemment le beurre des entreprises qui produisent le coûteux matériel répondant à ces exigences.

Comment s’opèrent les liens entre l’industrie pharmaceutique et paramédicale, d’une part, le système de soins et les coûts de la santé, d’autre part : je ne suis pas capable de le dire. Comme d’autres, j’ai quelques hypothèses.

Ce qui m’étonne, c’est que les mêmes commentateurs puissent se réjouir de la prospérité de nos entreprises pharmaceutiques et s’inquiéter de l’explosion des coûts de la santé : ces deux phénomènes sont liés !

11:06 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

Oui... Mais souvenez-vous! qui a écrit:

..."Le capitalisme protège de la grippe"

- Michel Albert?

- Daniel Vasella?

... Est-ce le Bon Docteur Haury... Pile-poil! C'est lui! Bravo!

Et, malgré tout, il y a des "grippe-sous" qui ne sont pas soignables!

Écrit par : Père Siffleur | 03/11/2009

Monsieur Haury, vous enfoncez une porte ouverte et vous voulez surprendre qui ?

Les pharmas sont des sociétés cotées en bourse qui doivent d'abord faire des profits pour satisfaire leurs actionnaires. Et les marchandises qu'elles vendent sont accessoirement destinées à soigner les populations.

Ces entreprises fonctionnent selon la même logique que celles qui profèrent qu'il est nécessaire d'exporter des armes pour sauver des emplois.

Je me souviens d'un éditeur qui disait dans le passé: «bien sûr que j'imprimerais La Brèche*, si ça rapportait de l'argent !»

C'est du même tonneau !

*La Brèche, hebdo trotskyste édité dans les années 70 à Lausanne

Écrit par : robert | 03/11/2009

"Dans l’évolution des coûts de la santé, les entreprises pharmaceutiques parviennent très habilement à paraître innocentes."

Paraissent innocentes aux yeux de ceux qui sont mal renseignés ... si vous vous donner la peine, vous pourrez apprendre bien des choses sur les pratiques commerciales des pharmas ... pratiques qui visent à accroître leur profit, évidemment, et allant parfois totalement à l'encontre du bien de la population.

Écrit par : Djinius | 03/11/2009

Dji,
"si vous vous donner la peine, vous pourrez apprendre bien des choses sur les pratiques commerciales des pharmas"

Toi qui aime la logique, la vraie, celle qui prétends ne rien considérer sans preuve. Tu aurais les preuves de ce que tu avances? (tu remarqueras que c'est une question objective sans arrière pensé, sans en prendre à ta personne).

Écrit par : DdDnews | 03/11/2009

Toutes ces alchimies sont concomitantes, les politiques ayant leurs parts d'implications par le soutien:

1)l'annonce de la pandémie de grippe aviaire
2)l'annonce de la pandémie de grippe porcine

Cela est voulu en ces temps de crise économique, car il faut maintenir un secteur "hors de l'eau" les pharmas. Tant que la purge des financières n'est pas terminée...."nous aurons besoin de vaccins!!!
Dès que celles-ci couleront, le système capitaliste dans son aspect le plus pervers prendra l'eau et nous boirons tous la tasse!
L'alternative serait d'apprendre à nager et de s'acheter des gilets de sauvetage :-), pas de chercher à comprendre l'incompréhensible!

Écrit par : Corélande | 03/11/2009

@ père siffleur : Vous avez raison, une fois de plus. C'est bien parce que les pharmas sont indispensables à notre santé publique qu'elles échappent souvent à la critique. Il n'est pas question de combattre globalement l'industrie pharmaceutique, mais simplement d'englober les bénéfices des industries pharmaceutiques et associées dans notre réflexion sur l'augmentation des coûts de la santé. On admet que des contrôles soient effectués sur les médecins, sur les hôpitaux, sur les assureurs. Les industries pharmaceutiques nous diront qu'elles subissent elles-aussi de lourdes procédures de contrôle. C'est vrai pour la qualité des produits mis sur le marché. Mais pas sur les moyens engagés pour stimuler la consommation (c'est-à-dire la prescription). Lorsque, dans un marché, on introduit un mécanisme de distorsion - ici le fait que le consommateur, pour l'essentiel, ne paie pas directement ce qu'il consomme, et a même le sentiment qu'il a droit à tout puisqu'il a déjà payé ses cotisations- il est nécessaire d'introduire un mécanisme de correction : dans le cas particulier il s'agirait d'introduire un contre-pouvoir à l'influence de l'industrie. Ce contre-pouvoir devrait être assuré par les Universités : mais elles n'en ont pas les moyens.

Écrit par : JAHaury | 03/11/2009

Mais... docteur! C'est trop d'honneur!
Je n'ai pas raison une fois encore! Je ne fais que retrouver d'anciens écrits, puis faire "caisse de raisonnance".
Auparavant vous aviez écrit une ode enflammée aux pharmas et au libéralisme. Comme il n'est jamais possible d'avoir le beurre et l'argent du beurre très longtemps (même Madoff n'y a pas réussi), maintenant vous nous dites qu'il est nécessaire d'utiliser un mécanisme de correction pour améliorer les choses.
"Mécanisme de correction"... Quel vilain mot sous le clavier d'un libéral fut-il ou futile écologique!

Écrit par : Père Siffleur | 03/11/2009

Pour faire baisser les prix des médicaments tout en accélérant l'innovation est de restreindre le droit des brevets et d'autoriser les importations parallèles.

Je publierais bientôt sur mon blog un billet sur les brevets selon l'économiste libéral américain Paul Romer.

http://leblogdjetliberte.blog.tdg.ch/

Écrit par : D.J | 03/11/2009

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