24/11/2009

De quoi meurt-on ?

La cause d’un décès est souvent ambiguë. Cette ambiguïté permet des manipulations de l’opinion publique : la grippe en constitue une bonne illustration.

La « Déclaration médicale de la cause de décès », élaborée par l’Office fédéral de la statistique, distingue clairement deux diagnostics : celui de la maladie initiale et celui de la cause immédiate du décès.

Lorsqu’un patient cancéreux arrive en fin de vie, il finit presque toujours par mourir d’une défaillance cardiocirculatoire, d’une insuffisance respiratoire ou d’une hémorragie : ce sont les indications qui figureront sous la rubrique « cause immédiate du décès ». Mais l’information importante, c’est en réalité la « maladie initiale », le cancer, qui a entraîné la mort du patient.

Ainsi en est-il des décès liés à la grippe. S’il s’agit d’un nourrisson atteint de nombreuses malformations, ou d’une personne gravement malade, ou d’un vieillard gravement affaibli, on peut certes affirmer qu’ils sont morts « de la grippe », s’ils ont contracté ce virus aux derniers jours de leur vie. Mais la vérité serait de reconnaître que la cause du décès n’est pas la grippe, mais, en réalité, la maladie ou la situation qui l’a précédée.

La situation est toute différente si la grippe entraine la mort d’un patient qui n’avait pas de « maladie initiale ».

Cette distinction est fondamentale lorsqu’il s’agit d’apprécier la gravité d’une épidémie. Publier le nombre de décès en fonction de la « cause immédiate du décès » ou en fonction de la « maladie initiale » n’a pas la même portée. Les deux sont exactes mais les mesures à prendre en matière de santé publique sont différentes. Malheureusement, la concision que les médias écrits ou parlés imposent à leurs rédacteurs ne leur permet généralement pas ces nuances essentielles. On souhaiterait toutefois qu'elles figurent dans les communiqués officiels.

21:21 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (5)

17/11/2009

M17 : l'intégration par l'effort

Les « rougets » nous donnent un excellent exemple d’une intégration réussie : par l’effort et la compétition. Des valeurs de droite, bien étrangères au catéchisme socialiste pratiqué dans les milieux de l’intégration.

Observons d’abord les faits : pour parvenir au rang de champion mondial, une équipe sportive ne peut s’appuyer que sur ses compétences, et celles-ci passent par d’innombrables heures d’entraînement, d’exercice, de quête permanente de l’excellence. Puis par de nombreuses phases de sélection, dans lesquelles seul le mérite de l’équipe est pris en considération.

Ce qui est vrai pour l’équipe est vrai pour ses membres. Pour devenir membre de l’équipe suisse des M17, il faut d’innombrables heures d’effort, et un constant processus de sélection. Dans cette compétition, l’origine sociale ou nationale n’a aucune importance, pas plus que les identités religieuses ou culturelles. C’est aussi vrai lorsqu’un concours vise à primer le meilleur apprenti du Canton, ou le meilleur élève en mathématiques, par exemple.

Il est désespérant de constater que l’idéologie égalitariste continue à pourrir le débat social. Ce n’est pas l’aide sociale ou l’octroi de droits supplémentaires qui permettent l’intégration, mais le travail et l’émulation. Tout particulièrement dans un pays qui a su faire du travail une de ses vertus nationales.

Napoléon a construit sa société autour du mérite individuel, précisément pour assurer l’intégration de tous et abolir les privilèges – ou les défaveurs - liés à la naissance.

Ce n’est pas par le sport seulement que doit passer l’intégration réussie des jeunes. C’est par l’école. Or notre école, qui refuse toute sélection et toute compétition entre les élèves, se prive des meilleurs moyens d’intégration.

Une politique sociale intelligente doit viser à aider les plus faibles, mais pas à couper les moteurs qui font fonctionner la société. Si les socialistes persistent dans leur dogmatisme, ils peuvent se préparer à des nouvelles déceptions électorales.

16:22 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

03/11/2009

Les pharmas ignorent la crise...

Prospérité de l’industrie pharmaceutique défiant la crise, d'une part, explosion des primes d’assurance maladie, d'autre part : et si ces phénomènes étaient liés ?

Dans l’évolution des coûts de la santé, les entreprises pharmaceutiques parviennent très habilement à paraître innocentes. Tout comme d’autres industries actives dans le secteur médical.

Bien sûr, la recherche effectuée par les entreprises leur permet de développer de nouvelles substances et de nouveaux produits profitables à notre santé. Mais ces nouveaux médicaments ne visent souvent qu’à remplacer des substances plus anciennes, en apportant de faibles avantages réels pour le patient, mais dont les prix sont nettement plus élevés. Par ailleurs, ces entreprises pharmaceutiques soutiennent de nombreuses études réalisées dans les universités, qui tendent presque toujours à recommander un traitement plus précoce et de plus longue durée. Raccourcir le traitement, l’interrompre ? Curieusement, les chercheurs ne sont pas très engagés sur ce terrain peu lucratif…

Un autre secteur contribue à l’accroissement des coûts : ce sont toutes les mesures prises au nom de la prévention des infections nosocomiales, c’est-à-dire attrapées lors d’un traitement hospitalier : les nouvelles exigences en matière de stérilisation et de matériel à usage unique font évidemment le beurre des entreprises qui produisent le coûteux matériel répondant à ces exigences.

Comment s’opèrent les liens entre l’industrie pharmaceutique et paramédicale, d’une part, le système de soins et les coûts de la santé, d’autre part : je ne suis pas capable de le dire. Comme d’autres, j’ai quelques hypothèses.

Ce qui m’étonne, c’est que les mêmes commentateurs puissent se réjouir de la prospérité de nos entreprises pharmaceutiques et s’inquiéter de l’explosion des coûts de la santé : ces deux phénomènes sont liés !

11:06 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (8)