15/12/2009

Qui veut tuer la géothermie ?

Bien sûr que Bâle a un peu tremblé. Mais qui dira que cet incident est marginal en regard des fantastiques espoirs que l’on peut fonder sur la géothermie ? Nous avons sous nos pieds – d’accord, il faut creuser un peu – une réserve de chaleur immense et inépuisable.

Le projet de Bâle visait à fournir du chauffage à 2700 habitations et de l’électricité à 10’000 ménages. Les techniciens responsables des forages ont certainement commis quelques erreurs d’appréciation, notamment en raison de la dureté du sol. Et une secousse sismique d’une amplitude de 3,4, c’est-à-dire qualifiée de faible, s’est produite. Quelles en sont les conséquences ? Quelques tasses en porcelaine brisées dans un salon ? Quelques fissures sur les immeubles dont on voudrait être sûr qu’elles n’y étaient pas auparavant ? Assez pour rendre les géothermiciens prudents, mais certainement pas pour écarter cette technologie.

L’histoire des sciences est jalonnée d’incidents, parfois même graves, mais qui heureusement n’en ont pas freiné le développement. Marie Curie est morte d’une leucémie provoquée par sa longue exposition aux substances radioactives : on n’a pas pour autant renoncé à l’apport de la radiologie au diagnostic médical. On n’a pas renoncé au développement des chemins de fer en dépit de l’explosion de quelques chaudières à vapeur. Les premiers traitements à la Dicoumarine ont provoqué des hémorragies mortelles : néanmoins, on a développé le Sintrom qui traite des millions de patients.

Toute la communauté scientifique devrait faire corps pour la promotion de la géothermie, en dépit des incidents de Bâle, et peut-être grâce à l’enseignement qu’on peut en tirer. Mais cette énergie, évidemment, se trouve en concurrence. En concurrence certes avec les énergies fossiles. Mais surtout en concurrence avec l’énergie nucléaire, car la géothermie fournit une énergie en bande, continue, comme le nucléaire ; au contraire du solaire et de l’éolien, qui sont météodépendants. Au moment où ils s’emploient à convaincre le peuple suisse de prolonger les vieilles centrales et d’en construire de nouvelles, les milieux pronucléaires auraient un intérêt évident à faire mousser les incidents de Bâle. En tout cas, s’il faut chercher des adversaires au développement de la géothermie, ce n’est pas parmi les défenseurs des services à thé en porcelaine qu’on les trouvera.

Commentaires

La géothermie? D'accord!

Pour Bâle, je ne sais pas!... Je ne suis pas géologue, ni même "médicastre", donc totalement ignorant de la dangerosité réelle des forages bâlois.

... Et j'espère que jamais un géologue ne s'occupera de ma santé!

Écrit par : Père Siffleur | 16/12/2009

Effectivement, la géothermie a un potentiel intéressant si la maitrise technique est au rendes vous. Est-ce la solution ? Non, mais elle aura sa place. Peut être pas aussi importante qu'en Islande.

L’ère de l’après pétrole commence. Je doute qu’elle soit remplacée par une nouvelle énergie aussi polyvalente et totalement immune de rejets problématiques. A mon sens, une réponse plus probable pour la mobilité viendra des plantes. En particulier des micros algues.

En attendant, les tasses en porcelaine ont gagné la 1ère manche à Bale.

Écrit par : cali | 16/12/2009

Quelqu'un veut "refroidir" Géo ?

Écrit par : Rabbit | 16/12/2009

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