27/04/2010

Les leçons socialistes en matière de récupération électorale.

Lors de sa conférence de presse consacrée aux résultats de la consultation sur l’avant-projet de Loi sur l’Enseignement Obligatoire (LEO), Madame Anne-Catherine Lyon reconnaît que ce sujet tombe en période électorale. Consciente des risques liés à ce calendrier, Mme Lyon invite les partis politiques « à prendre leurs responsabilités : ceux qui tenteraient d’exploiter un sujet aussi important devront rendre des comptes aux électeurs. » (24 Heures, 23.4.2010).

Tout doux, Mme la Conseillère d’Etat socialiste ! Depuis deux semaines, votre parti tente de faire choir le Conseiller d’Etat Philippe Leuba en exploitant jusqu’à la corde le décès d’un détenu à Bochuz, événement dans lequel, à l’évidence, M. Leuba n’a pas joué un rôle personnel direct. Alors que LEO, c’est votre « bébé », et vous ne cessez de le présenter comme tel !

Chercher à déstabiliser un magistrat en lui attribuant personnellement la responsabilité d’un événement survenu dans son Département a quelque chose de choquant. Quand, de plus, le groupe politique le plus virulent dans cette affaire compte dans ses rangs l’avocat de la famille plaignante, qui peut utiliser son mandat d’avocat pour appuyer son action politique - et réciproquement – on peut à bon droit accuser les socialistes d’une démarche électoraliste, aux méthodes douteuses ; une démarche que le parti socialiste aurait probablement condamnée lui-même en des temps où il était en meilleure posture.

Tout autre est la situation d’Anne-Catherine Lyon : elle a personnellement contribué à la rédaction d’un avant-projet de LEO reçu comme une véritable provocation par une partie de la population, enfants, parents, enseignants, employeurs, etc. Elle l’a toujours présenté comme son œuvre, assumant personnellement les choix idéologiques qu’il contient. Le retard pris par ce dossier résulte directement de l’opposition manifestée par une bonne partie des milieux consultés aux propositions faites par Mme Lyon ; le signaler est une évidence. Reconquérir une opinion publique effarouchée par le premier projet ne sera pas facile, mais Mme Lyon en est seule responsable.

Evidemment, si les socialistes n’aiment pas qu’on personnalise un dossier politique, on serait heureux qu’ils donnent l’exemple.

15:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Soyons reconnaissants de pouvoir encore voter sur un tel projet: quand nous serons encore plus enfoncés dans le socio-totalitarisme, ce qui doit être considéré comme le progrès en matière de société sera décidé par quelques-uns pour le bien de tous dans l'accomplissement parfait de l'esprit citoyen et solidaire, c'est-à-dire de façon obligatoire et forcée.

Écrit par : Rabbit | 27/04/2010

... Mais ne vous en faites pas... Vous l'aurez votre revanche! Au prochain coup, ce sera l'inverse!

C'est bien là le vrai problème! Les erreurs des autres partis sont les tactiques valables de sa propre formation! C'est là où "Leuba" blesse!

Écrit par : Père Siffleur | 27/04/2010

Un seul point concernant le projet de Mme Lyon.

Le projet de Mme Lyon est absurde dans la mesure où il ne prévoit que deux niveaux. Actuellement, il y en a trois, voire quatre si l'on compte les classes R qui devraient exister, et même cinq avec les classes de développement. Pour quelqu'un qui enseigne à l'école publique, il est évident que ne faire que deux niveaux impliquent un nivellement terrible, en français et en math en particulier, mais aussi pour toutes les autres branches à niveaux. Rien que cette idée de ne faire que deux niveaux montre l'objectif de nivellement. Les Jurassiens au moins ont-ils trois niveaux.

Pour le français, pour la littérature, pour ce que l'on peut faire avec des jeunes entre 12 et 15 ans, il est grave de ne proposer que deux niveaux. Pas seulement grave, bête aussi, stupide, méprisant pour la matière et pour les esprits, de même que les âmes, de nos élèves. Méprisant oui.

C'est donc grave.

Il faudra voter pour Ecole 2010 qui est un projet humaniste et sain pour l'école contrairement au projet totalitaire, quelque part fascisant, et négatif de Mme Lyon.

Écrit par : Enseignant | 28/04/2010

@Enseignant,
Selon vous, le système scolaire finlandais, en tête des tests Pisa depuis des années, serait donc totalitaire, voire fascisant!
Sans rentrer dans des détails que je ne maîtrise pas, je crois savoir qu'en Finlande les élèves restent durant toute la scolarité obligatoire dans un tronc commun hétérogène avec des niveaux à l'interne (2 ou 3?).
En tous cas, ils ne connaissent pas le système, négatif à plus d'un titre, des filières (VSO, VSG et VSB) qu' Ecole 2010 souhaite maintenir.
D'ailleurs, sans aller si loin, le Valais, sans filière également, est régulièrement devant le canton de Vaud aux tests Pisa...

Écrit par : Olegna | 28/04/2010

M. l'Enseignant, évitez les réductions: il n'y a pas que les Fascistes à être totalitaires et les Socialistes le deviennent tôt ou tard, sans quoi leur modèle économique n'a aucune chance de fonctionner par des adhésions volontaires.

Écrit par : Rabbit | 29/04/2010

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