18/05/2010

"Piétonisation" : le vilain mot des Verts genevois

Le Lausannois est surpris de voir avec quelle difficulté les Genevois tentent de développer des zones piétonnes dans leur ville. Que les commerçants expriment des réticences n’est pas surprenant : un équilibre doit être trouvé entre la convivialité des zones piétonnes et leur accessibilité à la clientèle. Plus révélatrice est l’opposition de l’ATE, l’Association Transport et Environnement, pourtant peu suspecte de défendre la cause des voitures.

 

C’est probablement le vocable utilisé qui est en cause : à Lausanne, il y a 30 ans, on parlait de fermeture de certaines rues à la circulation ; ou du développement de zones piétonnes; et les choses se sont faites dans la douceur, à la Vaudoise... Mais la « piétonisation » est un néologisme exprimant une prise de pouvoir. Tout comme la « démocratisation » vise à donner le pouvoir au peuple ; tout comme l’ « Islamisation » fait redouter l’influence d’un Islam intégriste.

 

« Piétonisation », c’est le substantif de la conquête et de la domination. Seuls des intégristes sont capables d’inventer ce genre de néologisme conflictuel. Que M. Patrice Mugny et les Verts genevois avec lui ne paraissent pas surpris si leur projet de « piétonisation » de 200 rues genevoises provoque une « levée de  boucliers » : c’est la même logique guerrière, et c’est grand dommage.

11:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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