08/06/2010

Repos dominical : une question d'identité chrétienne

Les libéraux-radicaux zurichois ont donc décidé de lancer une initiative pour l’ouverture des magasins le dimanche. Sous prétexte que « les modes de vie ont changé », et autres lieux communs, la vie moderne deviendrait impossible si chacune et à chacun n’était pas libre d’accéder aux commerces 7 jours sur 7.

Remarquons d’abord que certains commerces alimentaires sont ouverts le dimanche dans toute la Suisse et que la menace d’un jeûne obligé le dimanche est écartée depuis longtemps. Ce sont les autres secteurs du commerce qui sont visés : la confection, l’électroménager, le mobilier, les cosmétiques, etc. Laissons quereller ceux qui prétendent que sans ouverture dominicale une femme ou un homme moderne ne peut plus acheter le toaster dont il a besoin.

En revanche, je suis sensible à l’argument de ceux qui souhaitent que notre société conserve un jour de repos commun à tous, en dépit de quelques professions particulières. Ce jour de repos commun rythme notre semaine, permet l’exercice d’activités familiales et sociales, sportives ou culturelles. A ceux qui se plaignent de villes « mortes » le dimanche, je réponds qu’on peut aussi être attaché au calme particulier qui baigne nos cités ce jour-là.

Dans les pays chrétiens, le jour de repos commun a été fixé au dimanche.

C’est aussi sous cet angle que la question du repos dominical doit être abordée. Car, autant que nos clochers chrétiens, davantage même, le repos dominical exprime la tradition chrétienne de notre civilisation. Il y aurait quelque incohérence à « désacraliser » le dimanche tout en interdisant la construction de minarets.

Que ceux qui, pour des raisons purement économiques, plaident pour des commerces ouverts sept jours sur sept, mesurent bien la portée de cette initiative. En attaquant l’élément le moins contesté de notre identité chrétienne, le repos dominical, ils pourraient bien déplacer les conflits religieux sur un terrain moins pacifié…

Commentaires

Pourquoi les vendeurs des centres commercieaux auraient droit obligatoiremnent à leur dimanche, mais pas les serveurs des bistrots? Eux aussi ils ont une vie de famille.

Ne devrait-on pas laisser aux interessés le choix de travailler ou non le dimanche, plutôt que de décider sans arrêt à leur place, soit par les socialistes qui veulent pas de commerce ouvert le dimanche et soit par la droite qui veut eux les ouvrir?

D.J

Écrit par : D.J | 08/06/2010

@ D.J. : Vous pourriez continuer la liste : le personnel de santé, les policiers, les employés des entreprises de transport, etc. C'est précisément pour ne pas entrer dans cette logique que je rappelle l'importance du principe d'un jour de repos commun à l'ensemble de la société, et tout particulièrement le dimanche, chez nous. Ce principe posant une règle, le travail dominical ne peut être traité que comme une exception, qu'il ne faut pas élargir sans nécessité absolue.

Écrit par : JAHaury | 08/06/2010

Là, je suis bien d'accord avec vous monsieur Haury. Il conviendrait de réfléchir un peu avant de ficher en l'air le dimanche de la majorité du peuple suisse au nom de l'économie car ce n'est même pas certain que cela ferait refleurir le commerce. Le silence du dimanche peut bien avoir quelque chose d'angoissant pour ceux qui voudraient vendre tout le temps, si on le remplace par la circulation vers les commerces on risque de le regretter ? Hervé

Écrit par : Hervé | 09/06/2010

@D.J
Le problème vient du fait que le "choix" dont vous faites l'apologie n'en est pas un malheureusement. Les employés de commerces ouverts le dimanche n'ont pas forcément tous ce choix. J'en sais quelque chose pour avoir travaillé dans un cinéma, nous avions une certaine liberté sur les horaires mais quand même des jours imposés (quelques dimanches par ans, la plupart des jours fériés etc...).

Dans les faits le dimanche est actuellement le seul jour plus ou moins "garanti" permettant à la famille de se retrouver, d'échapper un moment à la frénésie consommatrice et de partager des activités ensemble... Parce que si en soit tous les jours se valent, il sera difficile de militer pour une école ou les enfants ont des jours de congés différents (qui suivraient ceux de leurs parents).

Vous voulez plus de choix pour les employés? Militez pour une meilleure acceptation et intégration (sans contraintes et sans fragilisation des contrats!) des taux partiels dans le milieu du travail actuel, vous ferez d'une pierre plusieurs coups: problèmes de crèches, taux de chômage, pathologies liées au stress, etc...
Et laisserez à chacune/chacun le choix (véritable celui-ci) d'organiser sa semaine comme elle/il le désire.

Écrit par : Adrien B. | 09/06/2010

@ M. Haury,

Votre remarque n'a aucun sens. La Police, les hôpitaux ou les transports publics sont des nécessités obligatoires qui n'ont rien de commerciales. Ce qui n'est pas le cas, des restaurants, des bistrots ou des centres commerciaux. Il y a deux poids deux mesures. Je le répète; un serveur d'un bistro a aussi une vie de famille. Pourquoi le vendeur de Migros et pas le serveur de Mc Donald?

D.J

Écrit par : D.J | 09/06/2010

Je crois que vous faites partie des derniers représentants de l'identité chrétienne. Le dimanche n'a dans le coeur de beaucoup de gens aucun aspect chrétien.
Quant à dire que l'on attaquerait notre identité chrétienne en s'attaquant au dimanche, c'est prendre son cas pour une généralité.
Sans parler du soi-disant déplacement des conflits religieux sur un terrain moins pacifié que causerait l'acceptation de cette initiative. En fait vous accusez ceux qui ne pensent pas comme vous d'être responsables de la tournure que prennent certains conflits religieux.
Quant à votre allusion aux minarets, j'ai cru que leurs interdictions ne visaient pas l'aspect religieux. Peu importe, cela fait longtemps que le dimanche et bien d'autres aspects de notre civilisation ont été désacralisés. Et ce n'est pas en prêchant la bonne parole que l'on reviendra au sacré.

Écrit par : thomas68 | 03/09/2010

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