06/09/2010

Chômage : la bonne piste de Thierry Meyer

« Dire aux jeunes que l’effort, la difficulté, le renoncement sont des étapes pour acquérir sa liberté économique, mais que l’Etat est là (…)pour soutenir les bonnes volontés.» : dans 24 Heures du 4.9.2010, Thierry Meyer apporte, en une réflexion stimulante, son appui à la révision de l’assurance chômage.

On se demande simplement à partir de quand cette leçon doit être donnée aux jeunes.

A notre sens, c’est évidemment durant toute sa scolarité que l’élève devrait recevoir cette leçon. Il semble qu’on en soit malheureusement assez loin à la tête du Département de la Formation, de la Jeunesse et de la Culture. Tout y est fait au contraire, semble-t-il, pour que l’enfant ne rencontre pas de difficulté, pas d’échec, pas de renoncement. Supprimer le redoublement, supprimer toute forme de sélection appartiennent à une démarche pédagogique qui, justement, ne s’emploie pas à apprendre à l’enfant que l’effort est nécessaire et salutaire. Il faudrait que le même diplôme soit remis à chacun, que chacun puisse choisir librement n’importe quelle formation, indépendamment de ses capacités réelles et des résultats de son travail. C’est très gentillet, mais ce n’est pas honnête. C’est un peu tard, à 25 ans, lorsqu’on ne trouve pas de travail, de découvrir que la vie n’est pas faite seulement de facilités et de choix personnels. Il y a bien sûr de la cohérence à laisser l’enfant effectuer son « parcours » scolaire sans entrave puis à lui assurer des indemnités de chômage sans limite : c’est la cohérence de nos penseurs socialistes. Mais il y a une autre cohérence : celle de Thierry Meyer. Elle est plus honnête à l’égard de notre jeunesse.

Commentaires

Et nous nous demandons QUAND les jeunes* redonneront une "bonne leçon insurectionnelle" au néo-libéraux...
*et pas seulement

Écrit par : Trio/Octet infernal | 06/09/2010

Mr.Haury...
En votre qualité de Médecin, je m'attendais quand même a n peu plus cohérence de votre part. Je pense que pour que vous puissiez prendre connaissance de la réalité de la vie, je ne peux que vous invitez à passer quelques jours au-près de notre association AgirEnsemble.
Cela aura l'avantage de vous prouver les dégâts que de tels discours apportent en souhaitant que par le futur, vous ayez l'intelligence, la capacité et la décence de revoir votre point de vue.

La précarité en Suisse prend de l’ampleur !

En ces jours difficiles en Suisse et en Europe, la précarité devient de plus en plus alarmante !

En effet, Notre association AgirEnsemble Suisse Romande est de plus en plus appelée pour venir en auprès de personnes domiciliée en Suisse Romande.

Des cas de plus en plus lourds, des situations de plus en plus dramatiques se présentent chaque semaine. Cela va des personnes salariées aux personnes sans emploi dépendant des services sociaux et pire encore, des personnes sans plus aucun revenu, menacées d'être à la rue tout prochainement et qui ne sont pas connues des services sociaux. Nous relevons qu'il y a aussi des personnes qui se sont vues exclues de certains services sociaux dans les cantons de Vaud et de Genève !

Cette situation n'est pas tolérable dans notre pays ! Nous venons et viendrons en aide à chaque personne se retrouvant dans des situations pénibles.

Nous nous devons de tirer la sonnette d'alarme, car cet hiver, nombre de personnes seront à la rue, dormirons dans leur voiture ou seront dans un camping, sans moyen financier et ne pourront même pas se nourrir correctement et évidemment, sans soins médicaux !

Ces citoyens que personne ne veut, se voient donc marginalisées, mises à l'écart de la société, laissées à l'abandon !

Nous ne tolérerons jamais, que dans ce pays qui trouve des milliards pour venir en aide aux banques, nous rencontrons des personnes n'ayant plus rien, même plus un toit !

Certes, me direz-vous, il y a l'armée du Salut ou quelques associations régionales qui offrent des places pour une nuit, mais les places disponibles ne suffiront pas à mettre tout le monde à l'abris. Quant aux communes, elles trouvent le prétexte qu'il ne fait pas assez froid pour ouvrir les abris de protection civil et se plaignent des coûts que cela occasionne.

Trop de cas, où des personnes sont abusées par des patrons profiteurs qui n'ont qu'une seule envie, le retour à l’esclavagisme ! De patrons qui mettent une telle pression sur leurs employés, que ceux-ci en arrivent à la dépression, cause de surmenage, surproduction etc... pour des salaires de misères arrivant même à la situation des working poors.

Jusqu'à quand la Suisse va-t-elle tolérer ces situations dramatiques, jusqu'à quand notre état va-t-il se rendre complice et adhérer à de tels agissements proche de la misère ?

Voilà ce qu'est devenu aujourd'hui notre pays qui se vante d'être le berceau des droits de l'homme !

Patrice Rochat

06.09.2010

Écrit par : patrice rochat | 07/09/2010

@Patrice Rochat : vos réflexions sont parfaitement correctes, mais sans rapport avec mon texte. Je dis que l'exercice de la difficulté, voire de l'échec et du renoncement doivent faire partie de l'éducation dès l'enfance.
Je vous signale que la fameuse Finlande, que les réformateurs de notre école prennent benoîtement en exemple, dispose effectivement d'un système scolaire peu sélectif : mais c'est aussi un des pays dans lesquels le taux de chômage des jeunes est le plus élevé. Et il s'agit bien de la proportion que constituent les jeunes dans le collectif du chômage national, donc un chiffre significatif.
D'ailleurs, je suis sûr que Patrice Rochat et AgirEnsemble ont à l'esprit beaucoup d'exemples de jeunes en situation de précarité qui sont gravement inadaptés face à toute contrainte et effort. Il est juste de le constater. Il est juste de réfléchir à la responsabilité de l'école dans ces situations. Mais il est juste aussi, dans les situations de détresse, qu'un filet social offre son dispositif de secours.

Écrit par : JAHaury | 07/09/2010

tout à fait d'accord ,sans difficulté ,on aura des enfants qui une fois devenu adultes seront confrontés à un monde impitoyable,et n'auront sans doute plus leurs parents pour les consoler,éviter les difficultés inhérentes à la vie et à force de chaperonnage,les enfants très souvent feront leurs crises comme tout ado désirant quitter le giron familial,et s'il ne la font pas,cela donnera des gens sans caractère et dont la personnalité étouffée dès l'enfance ,les fera vivre complexés jusque très tardivement,on voit bien le résultat de l'enseignement judéo-chrétien,et beaucoup en payent encore le prix même à passé 60 ans,mais paradoxalement ce sont les parents qui ont peur et non l'enfant,dans les années 68,les jeunes riaient chantaient se moquant des grands qui voulaient imiter Marat ou Gavroche

Écrit par : lovsmeralda | 07/09/2010

Si mon nom peut aider à la compréhension de mon commentaire alors le voici: Olivier André.
Seriez-vous d'accord M. Haury, de nous dire quels efforts, difficultés et renoncements durant votre scolarité, vous permettent aujourd'hui de faire face aux défis que représentent la vie?

Quant à moi, c'est dans la liberté de choisir et d'agir que j'ai à chaque fois trouvé ma voie. Ma motivation n'est née ni de l'effort, ni de la difficulté, ni du renoncement. Elle est née du coeur. En fait, lorsque le coeur y est, nous faisons face à toutes sortes de défis.
Jamais nous ne développerons le coeur d'un enfant ou d'un adulte en les pliant à tout prix à nos projets d'éducateurs. Non, c'est en lui offrant la possibilité de découvrir ce qui l'anime que l'être humain peut trouver sa voie. Cela semble si évident.
Et ce projet-là n'est ni idéologique ni angélique, mais il recherche l'équilibre sans nier les entraves. En effet, si l'effort ou le renoncement peuvent être abordés comme des possibilités, ils ne devraient en tout cas pas créer des difficultés supplémentaires. L'effort et le renoncement plaisent à ceux qui ont été récompensés pour les avoir pratiqués. Et ceux-là pensent logiquement, que ceux qui les pratiqueront, seront aussi récompensés. Pourtant, ils doivent rester un choix.
Vivre dans la liberté, la joie ou la créativité, nous enseigne une toute autre façon d'aborder les difficultés de la vie. Si l'effort et le renoncement ont besoin de récompenses pour survivre, ici le coeur et la motivation se confondent avec l'action.

Votre phrase "C’est un peu tard, à 25 ans, lorsqu’on ne trouve pas de travail, de découvrir que la vie n’est pas faite seulement de facilités et de choix personnels." laisse-t-elle entendre que si l'on a pas de travail à 25 ans, c'est parce que l'on croit que la vie n'est faite que de facilités et de choix personnels? Pourriez-vous l'expliquer, afin que les jeunes formés de 25 ans comprennent bien votre message? Merci.

Écrit par : thomas68 | 07/09/2010

Monsieur Haury, je suis tout à fait d'accord avec vos propos. Je suis contre un système qui fait que le premier échec que l'on risque de subir est...le permis de conduire ! Et pourtant je voterai contre la révison de la loi sur le chômage? Pourquoi? Tout simplement parce que je fais partie de ces citoyens qui gagnent très bien leur vie et qui passerons à la caisse avec le fameux 1% de solidarité ! En fait ce n'est pas le fait de la payer qui me rend furieux, mais c'est le fait de savoir que des gens qui gagnent encore mieux leur vie que moi ne payerons guère plus. Eh oui, j'ai un revenu très confortable d'un peu moins de 300'000.- et l'idée de savoir que mon boss qui gagne dans les 2'000'000.- ne payera que 150.- francs de plus à cause du salaire plafonné à 315'000.- pour le % de solidarité. Pourquoi ne pouvons-nous pas tous être solidaires ? Surtout que 1% de ponction sur les très hauts revenus ne leur fera pas plus mal que sur les hauts revenus jusqu'à 315'000.-... Si je peux être solidaire, mon big boss peut l'être aussi...

Écrit par : Allan | 08/09/2010

Merci Monsieur Haury d'attaquer ou de montrer qu'il faut attaquer le problème à la racine. J'espère que vos propos seront cohérents avec vos votes au Grand Conseil. Merci d'avance.

Écrit par : Johnny Cash | 08/09/2010

@Olivier André : Je réponds volontiers à cette question. Sans entrer dans tout les détails de ma scolarité, deux éléments. Quand j'avais 12 ans, j'ai obtenu une moyenne de 7(sur dix) en Français I, c'est à dire orthographe et grammaire. Mon père, jugeant cette note insuffisante, m'a imposé, pendant les vacances d'été, chaque jour (dimanche excepté) une page de dictée. Tolérance : 1 1/2 faute (et une rature était considérée comme une faute). Si je dépassais, je devais recopier la page. Bilan : au trimestre suivant, ma moyenne était passée à 9/10. J'ose parler d'effort et de renoncement. Mais, pour cela, il avait fallu que l'école me mette une note et une moyenne !
Deuxième exemple : au gymnase, j'ai eu la chance de suivre une filière exigeante. Mais cela signifiait tous les jours 4 à 5 heures de travail à domicile, samedi compris. Jamais je n'ai travaillé autant. Ensuite, je n'ai jamais eu aucun problème à travailler pour mes études, ni ensuite à travailler pour mon métier... J'ai eu la chance de recevoir la "leçon Meyer" au bon âge.
@Allan : certains entretiennent une confusion. L'assurance chômage est une assurance. En principe, on paie une assurance à la mesure de la prestation assurée. Comme les prestations du chômage sont plafonnées, il est juste que les cotisations soient aussi plafonnées. Dans les faits, le plafonnement des prestations est beaucoup plus bas que celui des cotisations, ce qui signifie déjà un net effort de solidarité.
Mais c'est une mauvaise question : c'est l'impôt qui, par sa forte progressivité, assure la solidarité. Demandez à votre patron combien il paie d'impôts, et vous serez assez vite convaincu que, dans ce compte, il paie bel et bien son dû à la solidarité. Je suis favorable à la fonction de solidarité assurée par l'impôt. Mais je ne pense pas que tous les comptes (chômage, assurance maladie, etc.) doivent rajouter une couche de solidarité. Telle est ma vision, et c'est pourquoi je vote OUI à la révision de l'assurance chômage.

Écrit par : JAHaury | 08/09/2010

Si je reprends votre exemple du Français I, et vous me direz si je me trompe, il semble que vous étiez à priori capable d'atteindre le 9/10 avant même que votre père ne prenne ces mesures. Vous n'étiez pas de ceux qui sont en difficultés et je devine que votre père partait du principe que vous étiez, à raison, déjà capable de faire juste et que cela n'était qu'une question de concentration, de pratique, d'entraînement (=l'effort). Le travail que l'on vous a imposé a logiquement amélioré votre performance, celle d'un enfant capable, dont le rendement a été corrigé.
La méthode des 36 dictées (grosso modo!) est efficace pour celui qui connaît déjà les règles du français. Mais pour celui, et il ne semble pas être isolé, qui, bien avant leur mémorisation et leur application, bute sur la compréhension de ces mêmes règles, sur leur sens, c'est une méthode d'investigation et non de drill, qui pourrait dans un premier temps porter ses fruits.
C'est pourquoi la leçon "Meyer", si elle se veut efficace, ne peut être dispensée à l'aveugle. Elle ne s'applique qu'à ceux dont le manque de performance découle d'un manque d'assiduité au travail. Quant aux autres, ils auront peut-être également la chance de recevoir une leçon-clé au bon moment.

Écrit par : thomas68 | 08/09/2010

A propos du déplafonnement des cotisations de chômage, il est notamment mentionné ceci sur le blog du centre patronal:

«déplafonnement apporterait à peine 400 millions de francs [...]»

Or,
Une minorité de contribuables, les 20% de particuliers les plus aisés contribuent ensemble à hauteur d’environ 60% au financement de l’État.

Qui paie ?
Répartition de la contribution fiscale de l'Etat:
- Très hauts revenus 8,6%
- Moyens-hauts revenus: 32,3%
- Revenus moyens: 31,5%
- Bas revenus: 27,6%

Et combien?
Les très hauts revenus (8,6%) contribuent à hauteur de 68,9% du ménage fédéral
Moyens-hauts revenus, à hauteur de 24,7%.
Les revenus moyens à 6%
Les bas revenus à 0,4%

Où est l'erreur ?

Écrit par : petard | 10/09/2010

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