25/01/2011

Les mauvais comptes de Daniel Brélaz

L’insouciance de Daniel Brélaz face à l’endettement de la Ville de Lausanne est incompatible avec le développement durable : reporter le fardeau sur les générations à venir et compter sur la croissance démographique pour résoudre les déséquilibres actuels sont vertement inadmissibles.

 

La dette lausannoise est de l’ordre de 2,4 milliards, en augmentation régulière chaque année. Pour la gauche, l’endettement public n’a jamais été un problème : il suffit de faire payer les riches. La situation de la Grèce, du Portugal et divers autres pays d’Europe montrent les limites de cette gestion publique, mais la gauche est cohérente avec elle-même.

 

Tout autre est la position des Verts. Ils fondent leur action sur le développement durable, lequel signifie un équilibre entre consommation et production, de manière à épargner les réserves et à ne pas hypothéquer les générations à venir. C’est vrai pour l’énergie comme pour toutes les ressources naturelles ; c’est vrai aussi pour les finances. De toute évidence, les Verts lausannois, à la remorque du parti socialiste, ne sont pas gênés par le grand écart qu’ils font à l’endroit de leurs principes. Les déclarations de Daniel Brélaz sur cet objet méritent commentaire.

 

1. « L’endettement n’est pas grave puisque les actifs couvrent la dette » : exactement la position que tiendrait un père de famille qui vivrait en hypothéquant jusqu’aux tuiles la maison familiale. Consommer le patrimoine familial pour parvenir à dépenser plus que ce qu’on gagne; les héritiers apprécieront cette manière de respecter les générations à venir

 

2. « Nous allons accueillir 6500 nouveaux habitants qui seront autant de contribuables supplémentaires » : la « croissance » devrait résoudre demain les problèmes que l’on crée aujourd’hui. Choquant, parce la croissance démographique représente de fait la plus grande menace sur les ressources de la planète, à commencer par le sol lui-même. Choquant aussi parce que les dépenses publiques générées par la croissance démographie (transports publics, routes, écoles, hôpitaux) consomment régulièrement tout ce qu’on avait cru gagner par l’arrivée de contribuables supplémentaires. Un mathématicien ne peut faire mine de l’ignorer

3. « La modernisation de la Ville passe avant l’équilibre financier » : comme si chaque économie devait être prise sur les investissements. C’est pourtant l’explosion des charges administratives et des charges de personnel qui constitue l’essentiel du déséquilibre financier de la Ville. Mais c’est un sujet tabou : quand on a, en dix ans, engagé 1000 employés supplémentaires, on ne se hasarde pas à admettre que c’est le cœur du problème…

 

A l’évidence, la façon dont le « Géant vert » gère les finances lausannoises a quelque chose de gigantesque, mais pas grand chose de vert.

Commentaires

"2. « Nous allons accueillir 6500 nouveaux habitants qui seront autant de contribuables supplémentaires » : la « croissance » devrait résoudre demain les problèmes que l’on crée aujourd’hui. Choquant, parce la croissance démographique représente de fait la plus grande menace sur les ressources de la planète, à commencer par le sol lui-même. Choquant aussi parce que les dépenses publiques générées par la croissance démographie (transports publics, routes, écoles, hôpitaux) consomment régulièrement tout ce qu’on avait cru gagner par l’arrivée de contribuables supplémentaires. Un mathématicien ne peut faire mine de l’ignorer"

Sans compter que ces 6500 nouveaux habitants iront peut-être grossir le rang de ceux, (trop) nombreux, qui ne paient pas ou quasiment pas d'impôts.

Écrit par : Pascal D. | 25/01/2011

@Pascal D.En effet c'est un risque à courir on l'a vu dans notre région romande!

Écrit par : lovsmeralda | 26/01/2011

Entièrement d'accord avec votre raisonnement, M. Haury; en particulier le point 2. Tout le monde sait que la démographie galopante est la source, la base même de de la pollution, de la misère, et des misères dans le monde... mais tout le monde ferme les yeux. Dire que nous sommes déjà trop, "cela ne se fait pas", ce n'est pas "politiquement correct".

Je propose aux internautes une lecture complémentaire : "L'Humanité disparaîtra, bon débarras !", essai de Yves Paccalet.

Écrit par : Celine | 26/01/2011

@ Celine : je viens de recevoir ce livre que je n'ai pas encore lu. Mais d'emblée le titre me choque. Si l'humanité doit disparaître, alors le sort de la Planète ne nous intéresse plus. C'est en tout car la position claire des Vert'libéraux pour qui l'être humain constitue le centre d'intérêt et le motif de toute action politique. Cela n'empêche pas de considérer que la croissance démographique continue n'est pas souhaitable, notamment dans les régions déjà très peuplées de notre pays. Là aussi, on devrait rechercher l'équilibre.
Vous trouvez davantage de réflexions à l'adresse : http://www.vd.vertliberaux.ch/doc/10/1104.cd.pdf

Écrit par : JA Haury | 26/01/2011

D'où viennent ces 6500 supplémentaires? L'a-t-il dit "Môssieu" Brelaz?

Écrit par : Hakim | 26/01/2011

Les électeurs de droite sont avares avec leur argent, ceux de gauche sont généreux avec l'argent des autres. Alain Remi

Écrit par : Michel Gaillard | 28/01/2011

Les commentaires sont fermés.