29/03/2011

Croissance démographique : la fuite en avant du Conseil d’Etat

150'000 habitants de plus d’ici à 2030 : Le Conseil d’Etat vaudois présente comme une fatalité une évolution qui constitue probablement la plus grande menace pour notre Canton.

On voudrait que le Conseil d’Etat ait le courage d’ouvrir les yeux et de voir ce que la poursuite de l’explosion démographique actuelle signifie pour les Vaudoises et les Vaudois, pour nos ressources naturelles, pour nos infrastructures. Puisqu’il dispose depuis 2008 d’un « organe de prospective » (introduit par la Constitution de 2003), le moins que l’on puisse souhaiter est que cet organe établisse les conséquences provoquées par l’arrivée des ces 150'000 habitants supplémentaires : combien de surfaces de logements à construire, combien de terrains agricoles à sacrifier, combien d’énergie à produire, combien d’écoles, combien d’hôpitaux, combien de prisons, combien de cimetières…

Comme au lendemain de la guerre de 14-18, notre Conseil d’Etat semble considérer que la priorité est de (re-)peupler le pays. A l’instar d’un commerçant mesurant la prospérité de son entreprise au nombre de ses clients, le gouvernement semble confondre le bien-être des Vaudoises et des Vaudois avec leur nombre.

Incapable d’admettre que cette croissance démographique est une menace pour les équilibres de notre région, le Conseil d’Etat choisit la fuite en avant : contraindre les propriétaires à bétonner jusqu’au dernier m2 de leur terrain. Sans voir que ces quelques espaces verts conservés au sein des zones constructibles constituent une réserve que nous n’avons pas le droit de consommer en moins d’une génération, mais que nous devons aussi transmettre à nos descendants.

Le Conseil d’Etat dispose de quelques moyens pour freiner la croissance démographique, à commencer par une modification de sa politique de promotion économique. Il refuse l’idée même de s’en servir, incapable qu’il est d’adapter une politique du XXe siècle aux données du XXIe.

27/03/2011

Nucléaire : la mauvaise question du PLR

Le PLR veut étudier le scénario énergétique qui résulterait d’une décision populaire refusant l’option nucléaire. Un atermoiement de plus alors que le temps presse.

Que le PLR, jusqu’ici résolument pronucléaire, souhaite étudier les conséquences possibles d’un abandon de l’énergie nucléaire pour l’approvisionnement électrique de notre pays n’est pas en soi une mauvaise nouvelle. A vrai dire, cette réflexion aurait pu être entreprise indépendamment de la catastrophe de Fukushima. Mais ce n’est probablement pas un scoop : ces études ont déjà été faites, et les opposants à l’énergie nucléaire les publient depuis longtemps. Ce n’est pas une nième étude, même entreprise par le PLR, qui va faire avancer les choses.

La question qui se pose, et que devrait se poser le PLR, est différente : que pouvons-nous faire concrètement et immédiatement, pour que l’abandon du nucléaire, s’il était décidé par le peuple, même contre l’avis du PLR, soit supportable par le peuple suisse et son économie.

C’est cette question que devrait se poser tout politicien responsable, quelle que soit sa sensibilité nucléaire : quels sont les projets alternatifs que nous pouvons réaliser sans délai ?

Le PLR serait bien inspiré d'établir une liste et y travailler sans délai.

1. Quels sont les projets hydro-électriques à l’étude et que peut-on faire pour les accélérer ? Comment faire avancer le projet de Massongex et celui du Grimsel ?

2. Quels sont les projets éoliens à l’étude ? Que peut-on faire pour en accélérer la réalisation ?

3. Quelles sont les procédures pour la pose de capteurs solaires photovoltaïques, et comment aider les propriétaires privés ou publics qui souhaitent procéder à ces installations ?

4. Où en sont les projets de géothermie ? – Comment soutenir à la fois leur étude et leur réalisation ?

5. Par quel instrument légal peut-on accélérer le recours à des appareils et installations à faible consommation ?

Voilà les questions que devrait se poser le PLR qui dispose d’un vaste réseau de décideurs politiques dans tous les cantons et à Berne. Et qui dispose également d’un nombre élevé de magistrats judiciaires, que l’on pourrait rendre attentifs à la nécessité de traiter les dossiers énergétiques avec célérité.

Si le « plan A » du PLR passe par l’énergie nucléaire, un parti politique responsable doit aussi étudier une « plan B », sans nucléaire, même s’il n’a pas sa préférence. Et ce plan B nécessite qu’on cherche, par tous les moyens, à développer rapidement les alternatives à l’atome. Un beau sujet de réflexion et surtout d’action pour le PLR.

 

20:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4)

16/03/2011

L’heure de la géothermie profonde a sonné !

La géothermie profonde apparaît désormais comme la véritable alternative crédible à l’énergie nucléaire. C’est vers elles que doivent se tourner les grands investissements de nos entreprises électriques.

L’abandon du nucléaire, que souhaitait déjà environ la moitié de nos concitoyens – si l’on se base sur les sondages, le vote du peuple bernois ou celui des députés vaudois – est devenu un évidence depuis le drame que traverse le peuple japonais.

La Suisse s’accordera probablement une période de transition en construisant quelques centrales à gaz, mais nous devons regarder plus loin. L’efficacité énergétique, le solaire, l’éolien, la mini-hydraulique apporteront une contribution utile. Mais pour remplacer des projets nucléaires de plus de 1000 MW, il est nécessaire de développer des projets du même ordre de grandeur.

L’utilisation de la chaleur profonde (plusieurs milliers de mètres) permet d’envisager des productions électriques de cette ampleur. Pour des investissements, là aussi, de plusieurs milliards.

Les entreprises électriques, concentrées sur la construction de nouvelles centrales nucléaires, n’ont pas voulu, jusqu'ici, envisager cette alternative. Elles ont donné une ampleur injustifiée aux incidents de Bâle. Désormais, elles vont être contraindre de le faire. Les technologies existent. Seule la volonté politique faisait défaut.

Depuis Fukushima, le monde a changé. On peut être convaincu que, à la tête des entreprises électriques, ceux qui ont la dimension de véritables patrons comprendront que leur avenir est désormais dans les entrailles de la Terre.