17/05/2011

Comment les organisations patronales financent le parti socialiste

Les organisations patronales viennent de dépenser plus de CHF 400'000.- pour promouvoir le parti socialiste vaudois, et notamment le Conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard. A moins d’un an des élections cantonales, le geste est généreux.

Avant même l’adoption de la Loi sur les PC familles, nous avions rendu les futurs référendaires attentifs au fait que, non seulement ils courraient à l’échec, mais qu’en plus ils dérouleraient le tapis rouge sous les pieds de PY Maillard, celui même qu’ils entendaient affaiblir.

Le lancement d’un référendum est une opération politique délicate. Il convient de bien apprécier les conséquences du succès – ce qui est assez simple – et celles de l’échec – ce qui nécessite davantage de réflexion.

La Loi sur les PC familles rassemblait, dans son principe, suffisamment de soutiens divers pour que son succès en votation populaire fût prévisible. Penser qu’en se focalisant sur le financement, les référendaires parviendraient à dégager une majorité d’opposants relevait d’un manque de flair politique et d’une mauvaise perception du « terrain ».

Le résultat est clair :

1. La Loi sur les PC entre en vigueur, et de plus avec une large légitimité populaire

2. Le socialiste Pierre-Yves Maillard a bénéficié d’une tribune exceptionnelle et apparaît comme une des grandes figures de la politique vaudoise : une promotion médiatique qui lui aurait coûté probablement quelques centaines de milliers de francs s'il avait dû la financer lui-même

3. L’initiative sur le salaire minimum, délaissée par les organisations patronales qui préféraient se concentrer sur leur référendum, a failli passer la rampe, ce qui aurait constitué une terrible atteinte au climat de conventions et négociations qui fait la force de notre économie.

La gauche, qui demande toute la transparence sur le financement des partis, devrait se rassurer : les milieux économiques savent à l’occasion se montrer généreux à leur endroit aussi, et ce financement ne peut même pas être qualifié d’occulte !

Commentaires

Il est vrai qu'il est assez choquant de lire les propos de Christophe Reymond dans 24heures de lundi 16 mai, à savoir "Sincèrement, je n'ai jamais cru que nous gagnerions". En tant qu'entrepreneur, je suis stupéfait de voir comment le Centre patronal investi l'argent de ses membres pour soutenir des causes auxquelles il n'y croit pas du tout au départ. C'est une belle leçon d'économie !

Écrit par : Michele Mossi | 17/05/2011

Rendons à César ce qui est à César!
SVP. Mr Haury, il faut arrêtez de nous faire rire et parler de générosité.
Le peuple a décidé, point barre!!!
Trouvez d'autres arguments pour votre campagne aux élections fédérales.
En tant que médecin, vous trouvez pas que c'est un peu léger comme arguments!

Écrit par : Chappuis Jean-François | 17/05/2011

@ Jean-François Chappuis : peut-être ne comprenez-vous pas le deuxième de gré. Soit. Ce qui est sûr, c'est que l'opération "Référendum contre la Loi sur les PC-Familles" est un double échec - à un cheveu du triple échec ! - et que l'échec d'un référendum est beaucoup plus grave que l'échec d'une initiative, parce qu'il renforce la partie qu'il voulait affaiblir. Il ne reste plus aux organisations patronales à prendre part au pilotage du dispositif, au sein d'une commission multipartite que le Grand Conseil a introduite à la suite d'un amendement dont l'auteur gardera l'anonymat...

Écrit par : JAHaury | 17/05/2011

VIVE P.Y.M !!!!
De toute façon c'est le meilleur homme politique que nous aillons au depuis si longtemps...
Avec un capital confiance des vaudois dont je crois, le résultat de ce WE a été la preuve..

Mais j'aime bien votre mise en lumière!!! ;-)

Écrit par : Grain de Sable | 18/05/2011

On verra bien dans quelques années. Quand il faudra puiser plus dans les salaires ou ailleur parce que les financements de départ ne suffisent plus; Et c'est souvent la cas dans les assurances sociales. L'assurance maternité est en train de plomber l'APG. Les référendaires pourront dire qu'ils avaient raison et qu'ils auront essayé.

D.J

Écrit par : D.J | 18/05/2011

@ D.J : c'est une remarque intéressante. Mais la loi comporte deux verrous qu'il faudra faire sauter :
1. La Commission de pilotage, qui devra vérifier que le système ne dérape pas, et c'est pourquoi il est essentiel que tous les partenaires - les référendaires en particulier - y soient représentés
2. Une modification du taux fixé à 0,06% nécessitera une modification légale, c'est-à-dire une décision du Grand Conseil, elle-même soumise à référendum. A mon avis, il aurait été politiquement plus habile de réserver le lourd appareil du référendum à ce cas de figure, basé alors sur des faits et non sur des projections et des procès d'intention.

Écrit par : JAHaury | 18/05/2011

@ D.J

Là vous êtes vraiment tout minuscule...remarque macho et reac...

Changeons la lumière: ce sont les indemnités au service militaire qui plombent les APG...

On a besoin de faire des enfants, pas de l'armée...

Écrit par : Grain de sable | 19/05/2011

Après ce fiasco, l'honnêteté commanderait à M. Reymond de s'interroger sur sa légitimité à la tête du centre patronal. Cette débâcle relève non seulement d'un total amateurisme politique mais également d'une absence de respect envers les donateurs de cette campagne. En voulant démontrer avec arrogance qui commande dans le canton, M. Reymond n'a fait qu'administrer un magistral autogoal à une droite hélas fort mal en point et réduite à recourir aux méthodes démagogiques de l'UDC zürichoise.

Écrit par : a.ribordy | 19/05/2011

M. Reymond a juste essayé de sauver la face. Bien sûr qu'il y croyait à ce référendum, il s'est simplement planté et du haut de sa superbe arrogance, il a trouvé ce minable argument de cour d'école!
ça donne une idée assez parlante du bonhomme...

M. Haury, on a bien compris l'ironie du point de vue développé dans votre billet, mais j'y vois poindre également une amertume personnelle. Grand jaloux, va!

Écrit par : Olegna | 21/05/2011

@ Olegna : amertume personnelle, probablement pas. Inquiétude plutôt. Inquiétude face à l'alignement de ceux qui s'honorent du beau nom de "libéraux" devant l'argent des organisations économiques.

Écrit par : JAHaury | 22/05/2011

M'sieur Haury n'est pas d'accord! Le libéral râle!
Rien à voir avec le journal (de gauche?) fançais "Libé". Quand "Libé" râle, le libéral stoppe, Haury pile.

Ils n'ont pas les mêmes valeurs. Ils ne portent pas les mêmes les mêmes Haury-flammes. Haury père et Haury fils, les Haury's ont d'autres horizons. Des horizons Haury-fères.

Écrit par : Baptiste Kapp | 24/05/2011

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