28/06/2011

Les marionnettes de l'organe de prospective vaudois

Parmi les "grands progrès" apportés par la nouvelle constitution vaudoise, un "organe de prospective". Le communiqué de presse que cet organe vient de publier est désolant, mais on s'y attendait.

Nous avons toujours considéré qu'un organe de prospective, c'est-à-dire une petit groupe d'"happy fews" qui s'arrogeraient la prérogative de réfléchir à l'avenir, faisait partie de ces gadgets inutiles conçus par nos Constituants. Cet organe a donc été constitué, péniblement, en 2008, cinq ans après l'adoption de la Constitution. Il est composé de Pascal Broulis, président, Anne-Catherine Lyon, Philippe Leuba, Vincent Grandjean, Dominique Arlettaz, Patrick Aebischer, Pierre Keller, Dominique Bourg, et Jean-Philippe Leresche. Au passage, on notera la place congrue laissée à des femmes, ce qui confirme l'inutilité dudit organe. Tous des gens qui doivent surtout éviter de dire quoi que ce soit qui puisse contrevenir à leur propre programme de développement.

Le communiqué de presse est révélateur : il annonce qu'on va, fin 2011, produire un rapport. Et que ce rapport va s'attacher à réfléchir à ce que deviendra notre Canton en 2030. Bon, jusque là, pas de révolution. On ne voit pas ce que cette organe pourrait faire de moins. Ce qui est stupéfiant, c'est que le plus grand défi auquel notre Canton doit faire face, celui de la croissance démographique, n'est tout simplement pas mentionné. Qu'on puisse, aujourd'hui, se prétendre "organe de prospective" sans évoquer ce qui, à l'évidence, constitue le phénomène le plus spectaculaire de l'histoire vaudoise (+ 10'000 habitants par an !) démontre bien à quel point cet organe fonctionne à l'envers. Il a été conçu pour adapter l'action politique à l'avenir de notre canton et, dans les faits, il tente d'adapter les prévisions aux choix du gouvernement, pour lequel la croissance démographique continue à être tabou, une aubaine qu'on ne s'autorise pas à mettre en question. Désolant, on vous dit, et que de temps perdu !

14:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7)

21/06/2011

Ne pas tirer sur les concierges mais les récompenser !

Les installations sportives de nos gymnases sont sous-utilisées : mais qu'attend le Conseil d'Etat pour règlementer, demande la commission de gestion ? Comme toujours, on propose plus de technocratie là où il faudrait plus de mérite.

Remarquons d'abord que la sous-utilisation chronique des bâtiments de l'Etat devient un problème aigu lorsque les ressources en terrains s'épuisent et que l'efficacité énergétique s’impose. Il tombe sous le sens que lorsque les bâtiments publics ne sont pas utilisés, notamment le soir et le week-end, ils devraient être mis à la disposition d'autres utilisateurs. C’est tout particulièrement vrai pour les installations sportives et musicales ou les préaux de nos établissements scolaires.

 

Les concierges jouent ici un rôle déterminant. Bénéficiant d’un salaire fixe, ils n’ont aucun intérêt à ouvrir au public des locaux qu’il faudra surveiller, nettoyer, entretenir. On aura beau éditer des règlements cantonaux, mettre les directeurs sous pression, cette réalité ne changera pas : même animés d’un bel esprit de service, les concierges préféreront toujours des locaux fermés à des locaux occupés. Tant que leur statut ne change pas, tant que le revenu sera indépendant du travail fourni.

 

Imaginez un directeur d’hôtel dont le salaire serait indépendant de l’activité de son établissement : les chambres y seraient inoccupées « pour cause de réfection » et les restaurants fermés « par manque de personnel ».

 

Il est temps de passer à un autre paradigme : confier les bâtiments publics à des intendants, gérant de façon optimale l’occupation des locaux et leur entretien et tirant bénéfice de cette gestion. Des intendants empressés de satisfaire leur clientèle principale - les enseignants, les élèves et leur direction. Des intendants qui feraient de la publicité pour que leurs locaux soient occupés « après l’école », ou pendant les vacances. Charge à eux d’engager et de rétribuer le personnel nécessaire à cette occupation. Des intendants qui, au terme d’une année de gestion optimale de leur bâtiment, en tireraient bénéfice, comme un directeur d’hôtel.

 

Une fois de plus, on observe que le développement durable passe par le mérite, c’est-à-dire la récompense de l’effort, et non par des interventions administratives. Lutter contre le gaspillage sous toutes ses formes – et la sous-utilisation des locaux publics en fait partie – passe par des dispositifs dans lesquels les individus, à leur place, ont un intérêt direct à économiser et à gérer mieux. Un programme vert’libéral, en quelque sorte.