18/07/2011

Franc fort : qu’on se rappelle la grève du beurre !

Le pouvoir des consommateurs était totalement absent du médiocre débat sur Forum, le 18 juillet, entre Bernard Rueger et Monika Dusong.

Pour le premier, les choses sont très compliquées et il ne faut accuser personne. Pour la seconde, c’est à la technocratie, ComCo en tête, de gérer le franc fort et ses effets. Ni l’un, ni l’autre ne semblent se souvenir que, dans un marché libre, le consommateur a le pouvoir.

M’est revenue à l’esprit l’affaire de la « grève du beurre ». Dans les années soixante, les ménagères ont décidé de lutter contre le prix du beurre, jugé excessif, et on cessé d’en acheter. Le mouvement a été largement suivi dans toute la Suisse. Pendant quelques semaines, je me souviens que ma mère nous a imposé la margarine au petit-déjeûner. Des montagnes de beurre se sont rapidement amoncelées, et, en peu de semaines, le prix a baissé. Echaudés, les distributeurs n’ont jamais osé, pendant près d’un demi-siècle, toucher trop au prix du beurre. Un succès mémorable obtenu tout simplement par des consommateurs faisant usage de leur pouvoir.

Que la hausse du franc suisse ne se répercute pas sur le prix des produits importés est tout simplement un scandale. Banaliser cette évidence, comme le fait M. Rueger, puis, avec certains milieux économiques, demander aux employés de travailler un peu plus, frise l’indécence. Car il y a bel et bien des importateurs qui profitent de cette forte valorisation du franc suisse et s’en mettent plein les poches.

Alors, aux consommateurs de jouer. Pas simplement en allant remplir leur caddie à l’étranger : cette réaction pénalise les producteurs suisses, qui n’y peuvent rien. Mais en refusant d’acheter en Suisse des produits importés dont les prix n’ont pas été sensiblement abaissés. Qu’on commence par les voitures, où les vins importés, ou les appareils électroniques. Une bonne grève, comme pour le beurre ! Pendant quelques mois, n’achetons aucune voiture neuve, ou aucun téléviseur, ou aucun vin étranger. Vous verrez les importateurs, en quelques semaines, face à la chute de leur cahier de commande, commencer à draguer le client à coup de promotions : 10 % par ci, 15 % par là.

Voilà le discours qu’on attendrait de Monika Dusong, Présidente de la fédération des consommateurs. Mais hélas, elle est socialiste : elle ne croit qu’au pouvoir de l’Etat et, dans son esprit, les consommateurs, quantité négligeable, n’ont pas de pouvoir. Aux vrais libéraux de s’affirmer !

21:51 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Acheter Suisse, c'est maintenir une production indigène, la préservation de notre paysage et la qualité et sécurité alimentaire, sans conteste!

C'est aussi faire preuve de jugeotte, car on ne scie pas la branche sur laquelle nous sommes assis.

L'essentiel sont le toit et à manger dans nos assiettes. La crise qui arrive comme un tsunami va vite nous remettre à notre place. Mieux vaut garder un bon agriculteur près de chez soi, que de demander à l'extérieur de nous approvisionner.

Écrit par : Corélande | 19/07/2011

"Pendant quelques mois, n’achetons aucune voiture neuve, ou aucun téléviseur, ou aucun vin étranger."

La voiture et la TV, ça va jouer. Mais le vin, ça va être dur. :-)

"Aux vrais libéraux de s’affirmer !"

C'est quoi la différence entre un vrai libéral et un faux libéral? Un peu comme la différence entre un bon et un mauvais chasseur des inconnus? ... le vrai libéral, c'est celui qui, quand il entend un socialiste, ben, il tire. Tandis que le faux libéral, ce n'est pas du tout, mais alors pas du tout la même chsoe. En fait le faux libéral, contrairement au vrai, c'est celui qui, quand il entend un socialiste, ben, en fait, il tire aussi. Et puis, comme le bon chasseur, le vrai libéral est vert. Tandis que, bon, comme le mauvais chasseur, le faux libéral peut être vert aussi.

Conclusion: l'important pour le chasseur libéral, c'est de ne pas être socialiste.

Écrit par : Ngabo | 19/07/2011

En attendant, je ne donnerais pas cher de la peau de Loosli. Ou alors les gentils coopérateurs de Coop sont vraiment des enfants de choeur...

Écrit par : Géo | 19/07/2011

Votre raisonnement est juste en citant la grève du beurre dans les années soixante.
Je suis certain que les prix vont baisser sur certains produits, sans avoir besoin d'aller s'approvisionner chez nos voisins européens!
Certains grands distributeurs vont d'eux même faire le nécessaire, si la demande est à la baisse. Ils nous l'on prouvé déjà à quelques reprises ces derniers temps.
Les 2 grands distributeurs Allemands venus en Suisse, vont se charger de casser les prix, afin de faire réagir les autres à la baisse...

Écrit par : Jean-François Chappuis | 22/07/2011

"Les 2 grands distributeurs Allemands venus en Suisse, vont se charger de casser les prix, afin de faire réagir les autres à la baisse..."

- Vous rêvez!!! Je connais bien un des 2 distributeurs Teutons dont vous semblez si bien re-connaitre leurs poids sur les prix Chuiche.

Eh ben moi je vous assure que LIDL et ALDI n'ont aucun moyen de pression sur rien!
Je discutais avec un de leurs responsables des bas de Lausanne (Renens, Malley, Rte de Genêve, Prilly) dans ce cercle là il y a tellement de magasins et la masse salariale des habitants du coin est telle que le LIDL vendra en priorité de boissons car elles sont moins chèr que chez ses concurrents, les meilleurs fruits et les moins chers sont chez ALDI, le vin chez Denner, les pâtes et le riz à la Coop, etc... pareil pour la Migros du coin qui vends certains produits et pas d'autres!
Ma réaction face à cet exploitant de supermarché qui jette tous les jours des quantités énormes de viande et qui a du se battre contre sa direction générale pour qu'ils arrêtent de lui imposer de la viande de porc que personne, je dis bien personne n’achète, je lui ai demandé s'il allais chez ses concurrents regarder leurs prix pour ensuite au minimum s'aligner afin de vendre, il m'a répondu qu'il n'en a pas le droit, sa direction lui interdit!

Alors vos grands discours, vos blablas à 4 sous, feriez mieux d'aller discuter avec les responsables des succursales LIDL, ALDI, MIGROS, COOP, DENNER, et toutes les autres petites franchises affiliées pour vous rendre compte que vos idées sont à des lustres des réalités tant du domaine locale que du domaine économique réelle.

Comme toujours les libéraux sont très loin des réalités.

Pour info, aucun de ces magasins n'arrivent à réaliser les chiffres demandé par leurs directions tant la concentration de magasin dans cette zone est importante mais l'état majore a décidé de s'y implanter quand même juste par raison "idéologique", pour marquer son territoire.

La concurrence est une foutaise en Suisse et si aujourd'hui on devais refaire une grève du beurre, eh ben on devrait la faire sur TOUS LES PRODUITS tellement on se fait couil... par la grande distribution de tous les secteurs, tant gastro qu'habit, électro, loisirs, voitures, etc... TOUS PAREILS et TOUS les politiciens complètement à côté des réalités du terrain!

Abe

Écrit par : Jocauss | 25/07/2011

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