19/06/2012

Tous les secrets de votre santé sur Facebook

Sous l’appellation « dossier-patient-partagé », le DSAS travaille à un vaste projet informatique qui devrait assurer l’accès de tous les soignants aux informations collectées sur la santé des patients.

L’objectif serait d’améliorer à la fois la qualité et la sécurité des soins. C’est en tout cas ce que promettent des informaticiens qui - à vrai dire et on le leur pardonnera – n’ont guère d’expérience de la médecine. Ce qui est utile aux soins donnés au patient, c’est que les informations significatives qui le concernent soient connues du médecin qui le prend en charge, pas que ce médecin soit confronté à une profusion et confusion de données dont la plupart sont sans intérêt. Dans ce but, rien ne remplacera la transmission directe d’un soignant à un autre des informations utiles qui concerne le patient. Quant à la sécurité, on démontrera aisément que les informations vitales nécessitent toujours vérification : on ne procède pas à une transfusion sanguine sans vérifier le groupe inscrit sur une carte.

C'est essentiellement en matière de protection de la sphère privée que le problème se pose : le « dossier-patient-partagé » a exactement tous les défauts de Facebook, lesquels apparaissent de plus en plus clairement à ses utilisateurs. Comme Facebook, n’en déplaise aux promesses des informaticiens, les données relatives à un patient seront accessibles à tous, et tomberont, de fait, sur la place publique. Et, comme dans Facebook, une donnée qui peut paraître anodine au moment où elle est mise en ligne devient parfois extrêmement gênante dix ans plus tard. Qui pourra effacer certaines données ? Avec quels critères ?

Pour les amateurs de dossiers médicaux informatisés, nous proposons une alternative : un support informatique comportant les éléments mis à jour et détenu par le patient lui-même. Libre à lui de ne pas le communiquer ; libre à lui d’effacer ou de faire effacer certaines informations qui n’ont pas d’utilité.

Que le patient détienne sous format informatique les éléments de son dossier de santé : soit. Mais que ces éléments soient diffusés à tous vents par les services de l’administration sanitaire vaudoise : non merci !

16:10 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (2)