11/12/2012

Télétravail : réservé aux salaires « à la pièce »

Le débat ouvert par le télétravail oblige à remettre en question le salaire horaire, en vigueur dans les administrations publiques notamment.

Le télétravail ou travail à domicile n’est pas nouveau. Dans l’horlogerie, on rappellera que, très longtemps, les ouvriers travaillaient à domicile, dans un endroit bien éclairé de leur maison jurassienne, surtout les jours d’hiver. Et ils étaient payés en fonction du nombre pièces livrées à la fabrique.

Mais les choses se compliquent lorsqu’on envisage le télétravail dans l’administration publique : les employés n’y sont pas payés à l’acte, mais reçoivent un salaire mensuel, mesuré en fonction du nombre d’heures travaillées. On voit mal que des fonctionnaires puissent ainsi être payés pour demeurer à domicile, sans autre contrôle qu’eux-mêmes sur leur activité. Il n’est pas nécessaire d’avoir l’esprit très mal tourné pour imaginer les dérives possibles…

Il s’agit donc d’introduire un système de rétribution à l’acte : lorsqu’un employé doit fournir un travail déterminé dans un délai fixé, il peut fort bien s’en acquitter chez lui. Si, par exemple, un taxateur fiscal doit traiter 20 dossiers chaque semaine, rien ne l’empêche de travailler à la maison, et peut-être même travaille-t-il mieux chez soi, dans le calme. Mais le télétravail nécessite des objectifs définis, à atteindre à domicile.

C’est là que le débat devient intéressant : si des objectifs précis sont fixés à un employé qui travaille à domicile, il devient tout naturel de fixer de mêmes objectifs à l’employé qui vient travailler au bureau. En clair, on en vient à introduire une forme de salaire à l’acte plutôt qu’un salaire horaire ; un salaire au mérite plutôt qu’un salaire à la présence !

On le voit, le télétravail dans les dministrations publiques nécessite le développement, en parallèle, du salaire au mérite. On y viendra, nous l’espérons, et cela pour le plus grand profit de l’environnement d’une part, du citoyen-contribuable, d’autre part.

16:30 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (9)