14/05/2013

Quelle alternative à la prison ?

Me Marc Bonnant semble contester à l’emprisonnement tout effet bénéfique sur les condamnés. Cette affirmation, souvent entendue dans la bouche de juristes de gauche, mérite une mise en perspective historique.

L’emprisonnement est un acquis des civilisations sédentaires. Les peuples nomades n’ont pas la possibilité d’emprisonner leurs délinquants : ils n’ont, pour les punir et les empêcher de récidiver, que deux moyens : l’amputation ou la peine de mort. A ma connaissance, la charia, adaptée à des tribus nomades, prévoit des peines de ce type. Dans le Far-West de l’époque historique, les châtiments étaient du même ordre pour les mêmes motifs de mobilité.

La punition d’un délinquant par sa mise en détention constitue donc un progrès de civilisation. Evidemment, elle n’exclut pas le risque de récidive : s’il s’agit à tout prix d’empêcher tout risque de récidive, il faut en revenir à la peine de mort, la mutilation voire l’enfermement à vie. De même si l’on ne croit pas qu’un détenu puisse bénéficier de sa période d’incarcération pour préparer une nouvelle entrée dans la vie. Où alors décider qu’il vaut mieux laisser les coupables en liberté, au risque de voir les citoyens se faire justice eux-mêmes en pratiquant par vengeance la mise à mort ou la mutilation : beau retour à la sauvagerie !

On voudrait que ceux qui, avec autant de légèreté que d’éloquence, vilipendent les peines d’emprisonnement osent indiquer quelles alternatives ils proposent à nos sociétés modernes ? Horresco referens…

 

Commentaires

Je pense que qu'il a raison dans la plupart des cas, mais l'effet est certainement bénéfique pour certaines victimes potentielles, au moins pendant la durée de l'emprisonnement. Et, d'après certaines nouvelles récentes, même pour certaines anciennes victimes.
Il est certain qu'aucune société nombreuse n'est capable de gérer le problème de la criminalité (un terme qui recouvre d'ailleurs de choses très diverses) de manière à la réduire avec certitude, et encore moins de manière à faire de ses criminels des gens respectueux de toutes les lois. Je n'insiste pas sur la relativité de ces lois qui peuvent, selon les régimes, inclure les comportements contraires à des pratiques religieuses, sexuelles et presque n'importe quoi d'autre.
Si ma mémoire ne me fait pas défaut, certaines tribus indiennes d'Amérique du Nord détruisaient tout ce que possédait, maigre trésor il est vrai, l'un de ses membres qui ne respectait pas les règles ou les lois, l'obligeant ainsi à recourir aux autres membres pour acquérir à nouveau de quoi subsister: une manière très efficace de se réinsérer, dirions-nous aujourd'hui. Plus personnel, je me souviens qu'une tribu de Papouasie Nouvelle-Guinée avait pris la décision d'éliminer physiquement un jeune homme qui lui apportait trop d'ennuis avec les voisins et lui coutait trop cher en compensations.
Il s'agit là d'exemples de sociétés très peu nombreuses, où la proximité physique et de parenté exerce en soi un contrôle efficace sur le comportement de chacun de ses membres, et dont les méthodes ne seraient d'ailleurs pas conformes à nos conceptions au plan moral. Dans nos sociétés de masse, les pratiques sont presque innombrables, et vont de la mutilation physique aux tentatives suédoises de soigner des délinquants sexuels, en passant par le simple abandon dans d'infectes geôles aux soumis à la loi des gangs, aux camps de rééducation chinois et aux prisons usines privées américaines.
Mais quel que soit le système aucun ne peut ni rendre à la vie "normale" de la société en question tous ceux qui enfreignent ses lois. Chaque société, si on ne va pas jusqu'à dire (et pourquoi pas?) qu'elle engendre nécessairement ses "déviants", comme l'autre face de ses "normaux", a bien trop à faire à utiliser les moyens dont elle dispose pour essayer d'éduquer et de former ses enfants et leur assurer un logement et un place de travail, pour pouvoir et vouloir distraire une partie importante de ses ressources en argent et en forces de travail compétentes dans un effort dont le succès n'est pas garanti, le bénéfice faible et la popularité encore plus.
Me Bonnant a donc très probablement raison dans son affirmation, du moins en ce qui concerne la majorité des prisonniers, mais je doute qu'il puisse formuler une solution à un problème de tous les temps et de toutes les époques et il est donc inutile de la rejeter, à moins qu'il n'en tire la conclusion qu'il ne faut ni punir ni enfermer personne, mais laisser les plus forts, les plus féroces, les plus tordus ou les plus malins faire leurs ravages dans une société livré à leurs fantaisies.
Il faut, par contre, tout faire pour essayer de trouver un moyen d'unir notre sens de la justice, et de la dignité humaine dans la manière dont sont traités les prisonniers, sans idéalisme ou angélisme déplacés, mais aussi sans les faire reposer sur une simple soif de vengeance qui ne ferait que nous déconsidérer nous-même.

Écrit par : Mère-Grand | 16/05/2013

@Monsieur Haury,c'est un sujet à débattre à 8 clos comme bien d'autres trop souvent étalés .Il faut savoir se montrer objectif.Les services sociaux sont sans cesse bousculés par des critiques de gens ignorant tout du sujet
Il ne faut pas confondre ces services avec des réseaux sociaux qui n'ont que de la menterie pour frauder davantage le mot amitié qui n'est qu'un leurre surtout en périodes de vacances ou week'ends.
Tout le monde veut aider mais le moment venu,seuls des courants d'airs existent ou des sectes ,les seules à se montrer attentives aux besoins des esseulés,elles savent les encadrer pour les raisons connues de tous.Surtout la Scientologie qui passe aussi par des écoles d'astrologie ou d'autres cours par correspondance,méfiance tous azimuts
Aussi entre garder longtemps en prison ou moins c'est un débat qui doit réunir tous les acteurs concernés.Surtout quand on sait les nombreux cas psychiques abandonnés à leur sort très vite après leur sortie
Et entre nous soit dit,pas besoin d'être un assassin ou délinquant pour avoir envie de tuer,de nos jours l'hypocrisie du mot aide étant tellement d'actualité,certains peuvent remercier l'époque lointaine ou l'éloignement de la famille finalement les aura aidé à vivre une vieillesse ou seul des robots ou répondeurs suffisent à les rassurer d'être encore vivants mais encore en ayant fait des études ,sinon gare au retour de manivelle,la solitude à elle seule peut mener à des gestes gravissimes dont l'auteur lui-même ignore la portée, secondaires à une détresse humaine aggravée et ce de plus en plus par le virtuel tellement recommandé mais archifaux sur toute la ligne
La preuve,la main tendue existe depuis la nuit des temps,on voit qu'avec le temps ,le mal s'est amplifié,normal l'anschluss actuel étant pire qu'en 50 ou peu à peu les tickets de rationnement ayant pris fin,les gens peu à peu reprennaient gout à la vie

Écrit par : lovsmeralda | 31/05/2013

Exactement le genre d’idée que je me fessait sur le sujet, merci correctement pour cet de renom article

Écrit par : paris sportif en ligne | 01/04/2014

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