02/07/2013

Accordons l'asile à Edward Snowden

Réponse du berger à la bergère : et si nous offrions l'asile politique à Edward Snowden, recherché par les Etats-Unis ? A première vue, en tout cas, nous aurions ainsi une "monnaie d'échange" utile à nos négociations difficiles avec les USA.

Evidemment, les relations internationales sont affaire subtile. Comme dans une partie d'échec, il faut à chaque coup prévoir la réaction de l'adversaire, et cela avec plusieurs étapes d'anticipation. Et je ne suis pas diplomate, je le confesse. Mais la question de l'asile offert à Edward Snowden devrait faire partie des scénarii étudiés par notre gouvernement face à l'adversité manifestée contre notre pays.

On parle volontiers de "guerre" : guerre fiscale, guerre économique, guerre contre la drogue, etc. Admettons ce vocable lorsqu'il se justifie, mais tirons en les conséquences. La guerre se gère comme telle. Elle suppose une défense sans concession, mais aussi des contre-offensives, des embuscades, des mesures de rétorsion, des actions sur l'opinion publique adverse, etc. Elle nécessite tantôt la diplomatie, tantôt la force, tantôt la ruse.  Pour l'heure, l'impression que donne la Suisse est plutôt celle d'un chien battu qui vient quêter la bienveillance de celui qui le frappe en lui léchant la main.

Assez d'angélisme ! La Suisse n'est pas plus coupable que d'autres. Les USA et les banquiers américains ne sont pas plus innnocents que les nôtres. Si on veut nous faire la guerre, adoptons en le discours et les moyens. Donner l'asile à l'un des persécutés du camp ennemi en fait partie. 

Commentaires

" A première vue, en tout cas, nous aurions ainsi une "monnaie d'échange" utile à nos négociations difficiles avec les USA. "

Cela suppose quoi en parlant de monnaie d'échange? Que vous seriez prêt à livrer un réfugié politique en échange d'avantage pour la Suisse de la part des USA dans l'affaire fiscal?

Ne soyez pas naïf. Pour les USA Snowden n'est qu'un pion qui a fait défaut. Ils en ont vu d'autres bien plus embarassant pour eux avec leurs agents et cela dans leurs guerres secrètes notamment avec l'ex URSS. Ils ne vont jamais se plier devant la Suisse pour un type dont ils savent qu'ils l'auront probablement perdu définitivement.

D.J

Écrit par : D.J | 02/07/2013

@D.J. Vous avez probablement raison. Mais le raisonnement que vous faites est celui d'un perdant. Accueillir Snowden n'aurait peut-être qu'une portée symbolique. Mais elle serait la marque d'un pays qui manifeste sa volonté de ne pas subir passivement tous les caprices d'un Etat, même plus puissant.

Écrit par : JAHaury | 02/07/2013

Utiliser Snowden comme monnaie d'échange est une idée saugrenue et immorale. C'est du même tonneau que cette histoire de juifs dénoncés par le passé, afin que les nazis nous foutent la paix.

Si l'on veut «emm..» les Américains, faudrait plutôt utiliser les mêmes méthodes qu'eux. Google a son siège européen en Suisse. Apple et Microsoft sont aussi présents sous une forme ou une autre. Alors monstres poursuites judiciaires contre ces compagnies pour nous avoir bernés.

Écrit par : petard | 03/07/2013

@ petard : "saugrenue", pas si sûr, et "immorale", certainement pas. Le droit de la guerre prévoit l'échange de prisonniers, tout en assurant que le traitement desdits prisonniers resepect certaines règles. C'est justement cet excès de "moralisation" dans le camp suisse contre une absence de morale dans le camp adverse qui constitue à la fois notre naïveté et notre fragilité. Cela dit, je concède que l'expression "monnaie d'échange", que j'ai pourtant pris la peine de mettre entre guillemets, peut gêner certains.

Écrit par : JAHaury | 03/07/2013

Ni Schlumpf ni Burkhalter ne sont des experts en jeu d'échecs.
Donc, ... , nous allons payer cher leur incompétence.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 04/07/2013

@Monsieur Haury ,je rejoins le titre de l'article du jour auquel on pourra ajouter,élisons des hommes en politique qui n'aient pas peur de s'affirmer et surtout moins diffuseurs de mensonges.
Des tellement gros comme le réchauffement climatiques qui n'a rien à voir avec l'activité humaine mais secondaire aux nombreux barrages ayant provoqué des sécheresses de rivières voir fleuves et la ceinture volcanique qui actuellement sous l'océan Arctique fait fondre des icebergs avec des eaux toxiques grâce au CO2 émit par les gaz et tuant à petit feu toute la faune aquatique
Même le Canada grand pourvoyeur de dirigisme terrestre ne peut constuire des oléducs pour protéger sa population brulée grâce au pétrole. Et ce pays a encore le culot de vouloir s'ingérer dans les affaires d'autres pays?
Sans doute êtes vous pour la transparence comme d'autres mais qui confondent les affaires d'Etat avec la sphère privée.
Toute belle journée pour Vous Monsieur et merci pour votre blog

Écrit par : lovsmeralda | 08/07/2013

Derrière l'affaire Snowden se cache le fait que les États démocratiques, et pas seulement les USA, espionnent leurs citoyens. Ce qui pose la question de la légitimité démocratique d'une telle surveillance. Si les États démocratiques veulent un tel espionnage, qu'ils commencent par faire un débat public et démocratique sur la question.

Quand à la Suisse et l'affaire Snowden, les USA n'ont pas besoin de passer par Google pour espionner nos secrets: toute l'informatique de la confédération est gérée par une société américaine, IBM. C'est certain que nos secrets sont ainsi bien gardés... par les USA.

Écrit par : Dominique Michel | 09/07/2013

Se retrouver sur la même ligne politique que Mélenchon devrait vous interpeller au niveau du quelque part. Idem Julian Assange, Bradley Mannings. J'ai beaucoup aimé la caricature de Chapatte montrant le petit Snowden dans un bureau du FSB (ex KGB), entouré par un ramassis de brutes patibulaires : " Parlez-nous encore de cet HORRIBLE programme américain d'espionnage des citoyens..."

Écrit par : Géo | 11/07/2013

pourquoi pas après tout les USA ont bien acceuilli un Suisse nommé, Meili

Écrit par : lovsmeralda | 25/07/2013

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