24/09/2013

Burka : de quoi se mêle Amnesty international ?

Qu'Amnesty international suisse et sa directrice Manon Schick puissent défendre le port de la Burka suffit à discréditer définitivement ce mouvement. Obstinément à la remorque des partis de gauche : tel semble être le seul repère de son discernement.

La première revendication qu'on pourrait attendre de ce mouvement, c'est la liberté, pour les honnêtes gens, de se déplacer à visage découvert, sans risque d'être victime de l'arbitraire de dirigeants totalitaires, qu'il s'agisse de chefs religieux ou politiques. Sans risquer non plus d'être la cible de fanatiques isolés ou de maris plénipotentiaires. Voilà le grand principe auquel on aurait reconnu la dignité du combat d'Amnesty international. Hélas...

"Oui, mais que faites-vous de la liberté religieuse ?" Il faudra une fois qu'Amnesty international suisse nous dise où cette liberté s'arrête. Si elle n'a pas de limite, alors admettons le meurtre pour apostasie, lequel semble prescrit par le Coran. "Ah non, quand même pas ça !" répondra certainement la voix d'Amnesty. C'est donc bien qu'il existe une limite à la liberté religieuse. Il ne suffit pas de distinguer vie privée et vie publique : tuer son fils apostat relèverait, théoriquement, de la vie privée... 

La limite se situe là où la pratique religieuse se heurte aux valeurs dominantes de l'ordre juridique et social. Le premier principe de notre ordre juridique est le principe de bonne foi. Montrer son visage lorsqu'on rencontre un de ses semblables en est une des conséquences directes. Certes, ce principe n'est pas celui du Coran lorsque le Musulman se trouve en situation minoritaire. Mais il est si fondamental dans notre société occidentale qu'on ne peut pas y attenter sans ébranler tout l'édifice.

Le deuxième principe de notre ordre juridique est que la condamnation pour un délit doit toujours être individuelle : pas de sanction collective. Pour cela, chacun doit pouvoir être identifié. Si un bijoutier se fait agresser par un individu caché sous une Burka, quelle autre mesure la police pourra-t-elle prendre que d'interpeler toute personne vêtue de façon identique ? 

On devra enfin s'interroger sur une autre limite : jusqu'où la défense de la liberté religieuse doit-elle constituer à encourager le courant religieux qui lui est le plus opposé ? 

Mais ces questions sont trop subtiles pour Amnesty international : "Voter contre la droite" est tellement plus simple... 

Commentaires

«On devra enfin s'interroger sur une autre limite : jusqu'où la défense de la liberté religieuse doit-elle constituer à encourager le courant religieux qui lui est le plus opposé ?»

«La limite se situe là où la pratique religieuse se heurte aux valeurs dominantes de l'ordre juridique et social.»

Lors des premières moutures de la Constitution (1848 puis 1874), les principales religions établies en Suisse étaient le catholicisme, le protestantisme et le judaïsme. La présence du judaïsme sur le territoire helvétique étant attestée dès 1213 dans la région de Bâle.

L'émancipation juridique accordée aux communautés religieuses par la Constitution de 1874, dont l'art. 49 reconnaît que la liberté de conscience et de croyance est inviolable, se basait sans doute que sur ces trois religions ainsi que leurs branches dérivées (mouvements évangélistes divers, etc.).

Même si le législateur de l'époque ignorait le spectre d'une montée en puissance d'une religion prosélyte, étrangère aux communautés établies, il a eu la présence d'esprit d'inclure dans l'article 15, sous aliéna 4, la précision suivante: «Nul ne peut être contraint d'adhérer à une communauté religieuse ou d'y appartenir, d'accomplir un acte religieux ou de suivre un enseignement religieux.»

Difficile d'établir vers quelle époque l'Islam est apparu en Suisse. On notera cependant, que la communauté islamique s'élevait à 56000 personnes en 1980, et que les courants radicaux y étaient quasi absents.

L'émergence dès la fin du XXe siècle des courants radicaux et leurs dérives islamo-fascistes, pose effectivement la question des limites de la liberté religieuse.
Comme vu plus haut, l'alinéa 4 de l'art 15 de la Constitution, interdit toute contrainte. Il serait peut-être temps de revoir la question des signes extérieurs d'appartenance sur les personnes… signes qui devraient être considérés comme troublants pour l'ordre pubic.

Écrit par : petard | 24/09/2013

encore un qui cache sa xénophobie sous une quelconque excuse...en quoi la tenue, non provocante, de certaines religions devraient être un trouble à l'ordre public? Et les sikhs, alors? et la kippa?
les grands chapeaux et les lunettes de soleil?
Une tenue qui n'offense pas la pudeur devrait être admise sans conditions...
Quand à la burqua/nikab, il faut l'interdire au nom de la sécurité, pas au titre que cela nous choque.

Écrit par : pfffffffff | 24/09/2013

Oh là là ! Je vois qu'on est pas sorti de l'auberge lorsqu'il s'agit de signes d'appartenance religieuse ou sociale.

Evidemment, ça peut englober le voile islamique, la Rolex, la capuche du "rappeur", la Mercedes (sans attelage), ou le tailleur Chanel.

Il y a des signes qui sont tout-de-même plus choquants que d'autres, dès lors qu'ils sont portés ou montrés dans le seul but de narguer, de blesser ou de montrer sa supériorité vis-à-vis de son prochain.

Écrit par : petard | 25/09/2013

Amnesty international perd toute crédibilité en venant au secours des hommes qui veulent cacher leurs femmes au regard des autres, car c'est de cela qu'il s'agit.

Écrit par : Mère-Grand | 25/09/2013

Correction: remplacer "cacher leurs femmes" par "aller jusqu'à cacher les visages de leurs femmes"
Merci

Écrit par : Mère-Grand | 25/09/2013

trop d'associations fini par tuer la poule dans l'œuf.Raisons invoquées par de nombreux Suisses qui refusent d'être plus longtemps pigeonnés .On sait aussi qu'elles ont pour but de mettre des bâtons dans les roues de l'économie et des administrations .Il suffit de lire le nom Arctic-Sunrise sur le bateau des militants de Greenpace
Comment voulez vous ensuite que les bâtonniers puissent travailler en toute liberté?
Il y a trop de connivences entre le Web et de nombreuses associations.Il suffit de donner son avis pour une cause pour recevoir tout de go ou un appel téléphonique avec le 022 comme indicatif ou alors des bulletins de versement pour aider à l'étranger .Et ce 022 est signalé comme personne des plus nuisibles...
On se moque carrément de la figure des consommateurs surtout Romands semble-t'il!

Écrit par : lovsmeralda | 25/09/2013

Vous parlez de liberté et voilà un acte liberticide qu'est cette interdiction. Les argument que vous énoncez semblent plus venir d'une agressivité que d'une réflexion.
Lorsque l'on veut interdire, il faut voir en quoi cela touche l'Etat ou la société, de quoi veut on la protéger.
La religion n'est qu'un aspect parmi d'autre puisqu'en stigmatisant un tissu, on pourrait continuer avec des tatouages.
La seule chose importante est de séparer, la liberté individuelle et la relation citoyen-Etat.
Lorsque l'individu n'est pas en interaction avec l'Etat, qu'on lui laisse sa liberté.
Lorsque l'individu contacte l'Etat (passeport, ...) , c'est à l'individu de s'adapter à l'Etat, quelque soit sa religion, ses rites, croyances.

Et dans la société, nul n'est obligé d'accepter les particularité de l'autre.
Une personne avec plein de piercing, de tatouages aura plus de peine à trouver du travail. Son choix, n'est pas celui des autres et il doit accepter un rejet. Il est de même pour la burka.

Faire des loi contre du tissu est ridicule et liberticide. Si une femme est obligé de la porter (rare), on se retrouve devant un cas de violence puni par la loi.

Je n'aime pas la burka, mais je déteste encore plus la suppression de liberté alors que la société et l'Etat ne sont pas en danger.

La laïcité est que la relation entre individu et Etat ne doit pas être influencé par une religion, des croyances, des habitudes locales. Interdire des signes religieux, vient d'abord un instinct d'intolérance et non de sauvegarde de liberté.

Sans être libéral, je préfère la tolérance et la liberté, à l'intolérance avec une société liberticide.

Écrit par : roket | 25/09/2013

"Lorsque l'individu n'est pas en interaction avec l'Etat, qu'on lui laisse sa liberté".

Se promener nu dans la Cité, par exemple.

"Faire une loi contre du tissu est ridicule".

Rassurez-vous, et même si vous êtes un homme, il reste carnaval pour porter la burka, le niqab

Écrit par : Noëlle Ribordy | 25/09/2013

Je suis certain que policiers français qui n'osent pas intervenir sur les marchés des quartiers dits à majorité musulmane étant donné le risque d'émeute, ne seraient pas mieux armés pour faire respecter la loi s'ils rappelaient simplement qu'elle existe pour régler un problème de sécurité.
Je rappelle l'incident rapporté à ce sujet par les journaux d'une jeune française convertie qui a déclaré qu'elle se moquait de la loi de la République.
Vous pourrez toujours me rétorquer que ma certitude n'est en fait qu'une opinion personnelle, que le deuxième exemple est un cas isolé et que nous sommes en Suisse, pas en France.
Je pense que vous sous-estimez la force de conviction que l'Islam instille dans ses adeptes, de même que vous ne tenez pas compte de tout un ensemble de préceptes de cette religion qui permettent à tous ses fidèles, sauf les moins engagés, de prétendre à la diffusion de ses pratiques et notamment de la charia au niveau mondial.
Il est extrêmement difficile, sinon impossible, dans ces condition, d'adopter des mesures qui ne seront pas interprétées comme des actes d'"islamophobie" par les uns ni ne seraient vues comme des atteintes inutiles à la liberté selon les autres.

Écrit par : Mère-Grand | 25/09/2013

"Faire des loi contre du tissu est ridicule et liberticide."
Dommage que vous utilisiez cette phrase. Elle enlève une grande partie de la crédibilité que l'on pourrait apporter au reste de votre texte.
J'oser à peine vous rappeler que le drapeau nazi et les uniformes du Ku-Kluz-Klan étaient, et sont encore, des tissus, de même que le sont le drapeau des Nations Unies et celui du WWF, pour prendre des exemples considérés, à juste titre, comme des opposés.
Le tissu dont vous parlez, qui symbolise la soumission à l'Islam, symbolise aussi la soumission et l'acceptation de ses valeurs, parmi lesquels l'infériorité de la femme, l'interdiction d'adhérer à une autre religion et même sa pratique par des non Musulmans dans de nombreux pays, l'interdiction du port de signes religieux autres dans ces mêmes pays, et j'en passe.
Vous semblez croire qu'il suffit de prôner l'idée de liberté dans nos pays pour être à l'abri de ceux qui veulent y implanter leur esclavagisme. Je ne partage pas cet optimisme et je pense que, cette attitude bienveillante et libertaire soit propre à désarmer ceux qui, dans le monde entier, combattent, d'une manière ou d'une autre, pour la diffusion de leur foi, en suivant en cela les préceptes de leur propre religion. Je pense, au contraire, que cette attitude est considéréepar ceux-là comme une faiblesse et un véritable don de dieu (de leur dieu), qu'il s'agit d'expliter par toutes les manières possibles.
Mais je souhaite, bien sûr, que vous ayez raison, et cela d'autant plus que les signes d'une capacité de résistance, comme ceux évoqués à propos de la Norvège, sont plus que rares.

Écrit par : Mère-Grand | 25/09/2013

En poussant la réflexion plus loin, on se rend compte que dans les faits, les signes extérieurs d'appartenance sont simplement de la "com", de la publicité en quelque sorte. Mais si celle-ci est autorisée sur la voie publique, elle est tout-de-même interdite pour le tabac et l'alcool... même s'il s'agit d'une atteinte à la liberté.

Écrit par : petard | 25/09/2013

"les grands chapeaux"
Le chapeau (symbolique lui aussi) de Gessler, par exemple?

Écrit par : Mère-Grand | 25/09/2013

Petit rappel:
Comme nous avons probablement une audience internationale, il n'est pas inutile de rappeler que la Suisse trouve les débuts de son existence dans un refus (historique ou mythique) de soumission. En l'occurrence refus de soumission à un morceau de feutre, un chapeau, qu'un bailli impérial avait installé sur une perche au milieu du village pour qu'il soit salué à sa place. Les deux principaux personnages de l'histoire (avec un petit h), furent le bailli Gessler et le futur héros national Guillaume Tell. Wikipédia fournira plus de détail à ceux qui le désirent.

Écrit par : Mère-Grand | 25/09/2013

Comme je demandais son avis à une voisine de l'islam porteuse de voi sur les quasi cent coups de bâtons à laquelle était condamnée une femme musulmane qui avair commis le crime de porter des pantalons, en son pays, ma voisine de me répondre que cette femme savait qu'en son pays les pantalons pour les femmes étaient interdits. De cette discussion entre voisines j'ai retenu que qui dit islam dit soumission et législation... en aucun cas le Royaume, non temporel, annoncé par le Christ!
Myriam Belakovsky

Écrit par : myriam belakovsky | 25/09/2013

"soumission et législation"
et cruauté, peut-on ajouter.

Écrit par : Mère-Grand | 25/09/2013

Merci Mère-Grand. La comparaison burqa/Klu Klux Klan est très parlante. J'imagine bien roket s'indigner si des adeptes du KKK se promènent en blanc avec un grand chapeau dans nos rues ....... tout en ne voyant aucun problème avec la burka.

Écrit par : Pascal | 26/09/2013

Mère-Grand, êtes-vous certain que, sous la burka, il n'y a que des femmes !!

Écrit par : Justine Tittgout | 30/09/2013

Vite une loi, une initiative que l'on puisse, comme les Tessinois se positionner à une forte majorité...! Car après le débat auquel on vient d'assister à Infrarouge ce soir, il faut constater des faits alarmants:

1) m. henchod est un musulman qui n'accepte pas notre démocratie; il a dit clairement qu'il n'accepterait pas une loi contre la burqua, et qu'il appellerait même à la désobéissance.
Il s'arroge donc un droit suprême, tout en le refusant à un peuple qui par son vote est le Souverain dans son pays.

Il en va de même pour le pseudo-invité-levy qui a abondé dans le sens de henchod, tout en se disant "humaniste".

Par ailleurs, le public sur le plateau à majorité voilé, a applaudit ces deux messieurs, cela est donc inquiétant au plus haut point, si l'on prend le pourcentage relatif et représentatif.

Écrit par : Corélande | 02/10/2013

@Justine
Que voulez-vous que cela me fasse? Je ne suis pas non plus de ceux qui fantasment sur les nonnes.

Écrit par : Mère-Grand | 04/10/2013

Excellente initiative que ce balayage par le vide!

Écrit par : Patoucha | 08/12/2013

Interdire la burqa revient à la renforcer! Cela donne toute légitimité aux intégristes (qui ne sont qu'une infime minorité de musulmans) pour peser de tout leur poids dans le débat, apparaître, et agrandir leurs cercles de sympathisant-e-s... Mais n'est-ce pas le but de la droite que de créer et renforcer ses adversaires, dans ce cadre-là? Un cadre qui permet d'évacuer les vrais problèmes, économiques, de ce système capitaliste qui détourne toujours plus pour les poches d'une infime minorité de capitalistes - qui a tout intérêt à continuer son vol organisé en enfumant tout le monde avec des histoires de "valeurs", d'"identité" etc pour mieux continuer à le faire...

Écrit par : ness | 17/12/2013

On se rend compte que la démonstration est irréelle pour nous. Alors je propose à toutes les femmes suisses de passer une semaine avec une burka sur le dos. (En 2014,la semaine du jour de la femme par exemple)
De se balader dans les magasins, les rues, les administrations, etc de se rendre compte et de faire voir ce que cela représentera pour tous dans un futur peut-être pas si lointain.
Après on sera fixé et on pourra alors voter en toute connaissance de causes et ses effets multiples.

Écrit par : Corelande | 17/12/2013

Ah oui? Moi, j'aime bien ces gens qui nous disent ce que l'on a le droit de faire ou pas, et qui sont les gentils et les méchants dans tous les conflits internationaux. On gagne du temps en anaylse et en débat!

Écrit par : Vincent Held | 20/12/2013

Les commentaires sont fermés.