23/01/2014

Immigration : la rigueur plutôt que le contingentement

OUI : l’immigration massive que connaît notre pays est un problème. NON : l’initiative UDC n’est pas la bonne réponse.

Car la politique que nous appliquons est juste dans son principe : admettre dans notre pays les ressortissants étrangers qui y trouvent un emploi. On n’a d’ailleurs guère entendu les initiants s’opposer à ce principe.

L’octroi de permis B, dans notre pays, est soumis à deux conditions : être ressortissant d’un pays de l’Union européenne, d’une part, disposer d’un contrat de travail, d’autre part. Et pour prétendre au regroupement familial, le requérant doit démontrer qu’il dispose de revenus suffisants pour entretenir sa famille.

Si toutes ces règles étaient strictement appliquées, les situations d’étrangers émargeant à notre dispositif d’aide sociale, ces situations qui suscitent à bon droit l’hostilité de notre population, devraient être tout-à-fait exceptionnelles. Mais elles ne le sont pas. En un temps où le commerce de fausses pièces d’identité est florissant, l’identification des requérants nécessite des outils de contrôle qui souvent font défaut. Les prétendus certificats de travail ne sont pas vérifiés et, en cas de légèreté, les employeurs fautifs ne sont pas poursuivis. Les diplômes étrangers pris en compte par l’autorité (fédérale) qui atteste de leur équivalence avec un titre suisse ne sont souvent que des copies dépourvues d’authenticité.

Plutôt que la mécanique lourde et rigide des contingentements proposée par l’UDC, c’est donc bien de rigueur que notre politique d’immigration, juste dans son principe, aurait besoin, autant dans nos administrations communales que cantonales et fédérale.

Pour bien comprendre les choses, il convient de comparer le sort d’un fonctionnaire rigoureux et celui d’un collègue laxiste. Le fonctionnaire laxiste qui accorde un titre de séjour à la légère vit confortablement.  Il ne fait pas de vagues  et personne ne conteste ses décisions. A l’opposé, le fonctionnaire rigoureux qui conteste une pièce d’identité, un diplôme ou un certificat de travail rencontre l’animosité du requérant, lequel risque de recourir contre sa décision ; diverses organisations viendront à la rescousse ; avec un peu de malchance, un militant de gauche l’accusera de discrimination, voire de racisme. Au bout du compte, avec l’intervention d’un avocat habile, un tribunal risque de casser sa décision au motif qu’un détail de la procédure n’a pas été respecté.

Dans les administrations publiques, la rigueur n’apporte aux fonctionnaires que des ennuis. Notre responsabilité de citoyens, de politiciens et de journalistes est d’apporter notre soutien public à tous ces employés de l’administration qui, à leur poste, osent faire leur travail avec exigence et sévérité. C’est cette rigueur qui doit constituer la première « mesure d’accompagnement » de notre politique migratoire. Dans ce domaine comme dans d’autres, le laxisme de l’autorité est un mal bien réel ; mais l’UDC lui apporte un mauvais remède.

Publié dans 24 Heures du 22 janvier 2014

Commentaires

Vous fustigez les réponses de l'UDC tout en demandant de la rigueur.
Votre billet est contradictoire. Le conseiller administratif Legrix a justement tenté de faire preuve de zèle dans sa fonction. On a vu le résultat.
Microcosme et macrocosme suivent les mêmes règles universelles. L'initiative de l'UDC ne fait qu'appliquer vos principes de rigueur à l'échelle nationale.

Écrit par : Pierre Jenni | 23/01/2014

Oui à l'initiative car le parlement et le CF n'ont pas fait en dix ans le nécessaire pour protéger les citoyens de ce pays. La barque est pleine et le peuple va rappeler à ses dirigeants qui commande! Bizarre ces deux derniers jours on nous parle de l'ancien sondage mais pas du plus récent! Une manœuvre de plus pour tromper l'électorat!
Comme d'autre vous risquez de perdre beaucoup de crédibilité et c'est tant mieux!

Écrit par : Corélande | 24/01/2014

Vous oubliez un point important : le parti socialiste est le parti des fonctionnaires signifie réciproquement que le parti des fonctionnaires est le parti socialiste. Qui est pour l'ouverture des frontières, l'accueil pour tous et la générosité envers nos frères et nos soeurs qui souffrent. A condition que ce ne soient pas eux qui paient, mais c'est une autre histoire.

Alors oui, "Dans les administrations publiques, la rigueur n’apporte aux fonctionnaires que des ennuis", aux fonctionnaires moutons noirs qui n'y sont pas, au parti...

Écrit par : Géo | 24/01/2014

C'est justement parce que tout le monde sait que les fonctionnaires ne feront jamais preuve de rigueur (sauf quand il s'agit de récupérer nos impôts, taxes, contributions, etc ........) que l'on ne peut pas leur faire confiance dans le dossier de l'immigration.

Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. Soit. Ce sera donc OUI pour qu'enfin la Suisse choisisse réellement son immigration.

Écrit par : Pascal | 24/01/2014

Dire non, c'est le choix du pas de côté - pour ne pas voir la réalité en face

Pendant que la majorité de nos responsables ne voient et ne discutent que d'1 alternative,
- contingenter l'immigration, c'est aller CONTRE le développement-témoin cette dernière décade

- laisser l'immigration libre, c'est LE PRIX à payer pour notre prospérité économique,

une rare voix (Sandro Cattacin, prof de sociologie à l'UNIGE, cf. TdG du jr) parle des conséquences DELETAIRES de l'immigration libre SUR LE CITOYEN, sur le tissus humain, sur Genève


cc d.mon post s/blog de DANIJOL à ce propos:

- l'immigration incontrôlée n'est que salariale et opportuniste
- est la prochaine bulle de tous pays dits "démocratiquement avancés"
- Genève n'est déjà plus qu'un lieu de passage réservé aux salariés de 25 à 45ans.

Dire OUI, c'est voir la réalité et vouloir faire face à la situation

Écrit par : pierre à feu | 25/01/2014

Le bas taux de chômage ainsi que les centaines de milliers d'emploi crées ne sont qu'un écran de fumée. Plus de la moitiés sont occupés par des frontaliers. Sur les 3% de chômeurs on ne compte pas ceux au social arrivés en fin de droit et donc sortis des statistiques. Dans certains cantons le taux de chômage monte à 15%. Si on compte ceux qui sont au social cela doit facilement avoisiner les 20-25%. Il faut voter oui avant que cette machine folle auto-alimentée n'explose

Écrit par : Palador | 29/01/2014

Voter non vous garantit la stabilité, preuve en main. Voter oui vous garantit l'instabilité, preuve en main: prendre tant de mauvais risques pour croire protéger 3 pâquerettes est vraiment amusant, pour ceux qui ne seront pas touchés. Il y a mille moyens élégants pour stopper les envahissements abusifs, en commençant par appliquer les lois, ce qui est franchement plus efficace qu'en en remettant des couches avec une armée de nouveaux petits fonctionnaires.

Écrit par : nounourse | 30/01/2014

"en commençant par appliquer les lois" Peut-être, mais qui va le faire ? Nos dirigeants actuels ? Ceux qui veulent nous faire entrer deux millions de personnes dans les années qui viennent et nous ont fait voter la LAT pour diminuer les surfaces constructibles. Vous trouvez cela cohérent ?

Écrit par : Géo | 30/01/2014

@Géo : vous abordez un thème très intéressant, que je n'ai pas eu la place d'évoquer dans mon billet. C'est que la LAT, à terme, ne permettra plus l'accueil de nouvelles entreprises, donc la création d'emplois attisant l'immigration. Par cette limitation dans l'usage du sol pour la construction, la forte immigration qu'on a connue ces dernières années va forcément ralentir.En réalité, accepter la LAT et la conservation du territoire agricole, d'une part, refuser le contingentement proposé par l'UDC, d'autre part, est parfaitement cohérent. Et c'est pourquoi je vote NON.

Écrit par : JAHaury | 30/01/2014

Non, ça, c'est trop capillotracté. Un peu comme si augmenter le prix du papier à rouler les cigarettes allait faire baisser la consommation de haschich...

Écrit par : Géo | 30/01/2014

le nounourse du 20 janvier a écrasé par un subterfuge mon texte d'origine. Je, vrai nounourse, le répète: voter non est voter la stabilité, voter oui est voter l'instabilité. Notre arsenal de loi est suffisant pour bloquer l'immigration contreproductive. Il ne serre à rien d'empiler de nouveaux règlements avec une armée de nouveaux petits fonctionnaires, bloquages stupides et tricheries en vue, comme autrefois. La solution radicale est que la Suisse devienne misérable comme au 19ème siècle, la pression invasive diminuera. Votre salaire sera improbable et la concurrence féroce. Olé pour les malins!

Écrit par : nounourse | 31/01/2014

Top, dans votre intervention ce matin à la RTS d'avoir fait un parallèle entre la votation LAT et celle de l'immigration. (je ne comprenais pas pourquoi personne ne l'avait relevé)
Pour ma part, et surtout quand on critique les Votants du Oui qui ne sont parait-il pas concerné par ce problème (la Suisse centrale en gros) et bien je crois au contraire qu'Eux ont bien compris qu'il fallait agir avant d'être débordé comme le sont les cantons frontaliers qui les premiers s'en plaignent et qui pourtant on voté non!

Écrit par : Corélande | 11/02/2014

Vassoutine le double agent de Haury !

Écrit par : Corto | 24/03/2014

Je vous applaudis pour votre recherche. c'est un vrai état d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : auto ecole paris | 20/07/2014

Cher Monsieur, je vous suis sur l'essentiel de votre commentaire. J'apporterais une nuance concernant le pardon. Je doute que la notion de pardon soit présente dans le monde juridique. Sur le mode juridique on dirait plutôt que la personne a payé sa dette envers la société en accomplissant sa peine. Une autre notion entre en jeu : savoir si une personne a bien tourné la page ou pas. A savoir donc si sa peine assortie d'un traitement a porté ses fruits. La décision appartient à un juge qui aura recours au corps médical pour la prendre. Cette décision peut prendre des contours parfois plus politiques : lorsque l'émotion publique est encore vive , même longtemps après des évènements, un juge hésitera sans doute à remettre en liberté une personne. En somme la loi existante est suffisante. Dans l'optique d'une vision orientée vers la responsabilité personnelle (j'emploie les mots pour vous plaire)je recentrerais la notion de pardon dans ce qui peut se vivre entre un coupable et sa victime. C'est une notion délicate, qui rentre peu dans des cases préétablies, elle dépend de circonstances de vie qui permettent au pardon de faire son chemin ou pas. Il n'y a pas de recette de cuisine là-dessus. C'est vrai vous l'avez souligné, c'est l'une des phrases sommitales de l'Evangile de Luc : "Pardonne leur Père car ils ne savent pas ce qu'ils font." Cette phrase se retrouve face à face avec celle trouvée chez Marc et Mathieu et qui rend plus complexe l'équation : " Seigneur pourquoi m'as-tu abandonné?". L'une et l'autre se répondent dans ce qui peut se jouer aujourd'hui entre un coupable et sa victime. Revenons sur le mode juridique : je ne parlerais pas de personnes ayant tourné la page, c'est trop peu pour ne plus recommencer si cela se résume à promettre de ne le plus le faire. Mais je crois comme vous qu'on doit pouvoir toujours croire qu'une personne ait changé radicalement ses pulsions, ses attirances, les perversités apprises, parfois d'abord subies avant de les faire subir à d'autres. Et sur le mode théologique, je parlerai ici de conversion, même si le pardon est souvent une composante de la notion de conversion. Quand on est chrétien, je ne sais pas si on peut pardonner à la place d'un autre : quand une vie a été détruite; quand bourreau et sa victime ont pu ou n'ont pas pu vivre une démarche commune. Mais on doit entrevoir la possibilité d'une conversion, cette conversion peut même prendre la forme d'un chemin de sainteté. C'est chercher à voir avec les yeux du Christ tant le bourreau que sa victime. C'est croire que des deux côtés le pardon et la reconstruction ne sont pas impossibles. C'est chercher de l'autre à voir toutes les pousses vertes sur lesquelles on peut semer pour reconstruire et cela aucune personne humaine ne saurait en être dépourvue. C'est voir la gloire de Dieu en toute femme et en tout homme et de la manifester. Voilà pourquoi je voterai non à une telle initiative, parce que je crois que la conversion progressive ou spontanée est possible et que c'est mon devoir de chrétien d'en être l'artisan, l'acteur, le témoin. Bien à vous, AD

Écrit par : Antoine Delage | 13/08/2014

Pas du tout d'accord avec vous, mais pas du tout !

Vous savez que l'homme n'est pas raisonnable. Et par expérience j'ai remarqué que les fonctionnaires dits "rigoureux" faisaient plutôt dans l'abus de pouvoir et l'arbitraire que dans l'éthique et la conscience professionnelle.

Vous devriez savoir que la Gestapo, le peuple n'en veut pas !

Écrit par : petard | 14/08/2014

C'est pourtant simple: quand le verre est plein, on arrête de verser.

Le contingentement ce n'est rien d'autre que de remplir les divers récipients à leurs niveaux respectifs.

Écrit par : petard | 14/08/2014

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