16/09/2014

"Décentraliser, c'est accepter des différences"

"Pour accroître l'efficacité de l'Education nationale, il faut augmenter les compétences des établissements, et alors accepter qu'il y ait des différences." (Alain Duhamel, La Première, le 16 septembre).

Tous ceux qui aiment la France souffrent de voir dans quel marasme elle se trouve, et ils ont écouté avec attention les propos lucides du journaliste Alain Duhamel, répondant à Simon Matthey-Doret. Inutile d'insister sur les points négatifs. Mais c'est au sujet de l'Education nationale que ses réflexions apportaient une ouverture particulièrement bienvenue.

Alain Duhamel observait que les dépenses publiques françaises sont souvent inefficientes, c'est-à-dire que l'Etat dépense beaucoup pour un résultat médiocre. Selon lui, l'Education nationale serait l'illustration de cette mauvaise adéquation entre les ressources et les résultats obtenus, les classements internationaux plaçant systématiquement la France à des rangs peu flatteurs. Pour augmenter cette efficience, il faudrait procéder à une décentralisation des compétences et augmenter l'autonomie des établissements. Mais il faudrait alors admettre qu'il puisse y avoir des différences entre les établissements, entre les régions.

Ces réflexions sont au coeur même des débats politiques. Pour le libéral, décentraliser, c'est augmenter non seulement l'autonomie des partenaires, mais aussi la responsabilité des acteurs du terrain. Et le libéral affirme que de cette responsabilité nait un meilleur engagement professionnel et, par là, une meilleure efficacité. Mais le socialiste est prisonnier du dogme de l'égalité. Pour lui, imaginer que l'enseignement puisse être un peu différent à Marseille de ce qu'il est à Lyon est inadmissible : cela signifie que l'un serait meilleur que l'autre et, pour les élèves, qu'ils ne seraient pas égaux devant l'Education nationale. 

On ne redressera pas la France en vouant tel président ou tel parti aux gémonies. Mais en dénonçant les idéologies totalitaires qui l'étouffent. A commencer par la quête obsessionnelle de l'égalité en tout. Ecrire "égalité" à la suite de "liberté" dans une devise patriotique n'a de sens que si cette égalité demeure limitée à sa dimension juridique : l'égalité devant la loi. Le reste n'est qu'asphyxie de la société.

Commentaires

Bravo, je pense exactement comme vous et Duhamel, la France se meurt de ses dogmes asphyxiants.

Écrit par : Rémi Mogenet | 17/09/2014

Libéral est aussi un dogme avec tous ses travers. Comme dans les autres vielles idées, l'idéologie est construite sur la base d'un modèle où le monde serait parfait : un monde de justice, des gens totalement honnêtes, conditions égale partout.

Le fait que des gens naissent riches et d'autres pauvres, met en défaut le concept de libéral. Le fait que des gens naissent intelligent, et d'autre moindre, met à mal ce concept aussi.
La société doit accueillir tout le monde, on est pas des animaux à discriminer les faibles.
Il y a donc toujours une mesure à trouver entre responsabilité individuel et solidarité, sinon la société elle-même est en péril.

On peut dire que la gauche représente la femme, et la droite l'homme. L'humain ne peut survivre si seul la femme ou l'homme existe.
Là ou je vous rejoins est qu'il y a trop de "femme" en France.

Le libéralisme anglais a permis de créer des écoles islamistes dans les villes anglaises avec le voile obligatoire pour les enseignantes...

Écrit par : roket | 18/09/2014

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