14/03/2016

La RIE III n'est pas le succès du centre

N'en déplaise à Axel Marion, le projet de réforme vaudois de la fiscalité des entreprises n'est pas le succès du Centre. Un peu facile, lorsque l'accord est trouvé, de lui coller le qualificatif de "centriste", comme si le PDC y était pour quelque chose. Cet accord est le fruit de deux volontés politiques opposées : une droite qui se préoccupe de façon générale d'alléger le poids de la fiscalité, et d'une gauche qui veut accorder des avantages sociaux. S'agissant de la droite, elle se réjouit de pouvoir réduire l'impôt sur le bénéfice des entreprises, sachant bien que la réduction de l'imposition des personnes physiques, qui demeure l'un de ses objectifs, devra intervenir dans un second temps. Quant à la gauche, elle se félicite, bien que minoritaire dans notre canton, de parvenir à obtenir quelques avantages sociaux, qui sont son combat permanent. Au passage, la suppression des statuts spéciaux, qui est une exigence des pays voisins, arrange tout le monde.

C'est accord, parfaitement dans la ligne de l'esprit de cohésion qui fait le miracle vaudois, n'est pas né d'une démarche "centriste", mais d'une saine confrontation politique entre une droite et une gauche qui ont des lignes politiques claires et distinctes, et qui sont condamnées à s'entendre. Que la résultante de cette confrontation se trouve au centre, par la force des choses, n'a rien d'étonnant. Mais rien qui autorise les partis du centre à la moindre autosatisfaction. Au contraire : l'accord de la droite et de la gauche autour de la réforme de la fiscalité des entreprises démontrerait plutôt que les partis du centre sont inutiles. Ce semble d'ailleurs bien être l'avis des électeurs, qui leur accordent de moins en moins leur confiance.