13/09/2016

Le crime de Payerne n'a pas mis le feu aux poudres

Plutôt que de gloser sur l'antisémitisme helvétique révélé par le crime de Payerne, il est intéressant de voir comment les Vaudois en ont géré les suites.

Qu'il y ait eu des sentiments antisémites dans notre pays dans les années quarante n'est un secret pour personne. Des historiens peuvent sans doute continuer à creuser ce type d'étude. Mais sans être historien, on peut simplement observer les faits.

"Un Juif pour l'exemple" rappelle le sordide assassinat à Payerne du marchand de bétail Arthur Bloch. Il serait correct de souligner que les auteurs de cette sauvagerie ont été identifiés par la police vaudoise, puis déférés à la justice, qui les a condamnés. Ils ont été emprisonnés et ont purgé leur peine.

Des délinquants de droit commun, traités par la justice comme tels !

Si le sentiment antisémite avait été si développé dans notre pays, si les prétendues sympathies nazies avaient été si fortes, on aurait vu des manifestations populaires venir au secours de ces brigands. Ils auraient fait des émules. D'autres Juifs auraient été assassinés de la même manière et avec la même barbarie. Eh bien non : pas de partisans, pas d'imitateurs.

Est-on en droit de conclure que la population suisse, en dépit de quelques sentiments antisémites épidermiques, n'avait rien à voir avec les tortionnaires allemands ? Je le crois. 

Les suites données chez nous au crime de Payerne sont rarement évoquées. Mais elle permettent d'affirmer que ce crime n'était pas l'expression d'un sentiment populaire, mais le fait de quelques fanatiques isolés. Je suis assez fier, je ne le cache pas, de savoir que le peuple vaudois et le peuple suisse ne se sont jamais laissés emporter par le délire de quelques jeunes gens haineux et déboussolés.