15/05/2019

Pourquoi la Suisse s'en tire mieux que la France : l'exemple des prothèses auditives

En Suisse, les malentendants peuvent acquérir des prothèses auditives. Sur la base du certificat établi par un spécialiste accrédité, les assurances sociales accordent au patient une subvention, laissant à sa charge le reste du financement, qui représente souvent quelques milliers de francs. Les prestations complémentaires ou d'autres associations, comme Pro Senectute, prennent à leur charge les montants que les plus nécessiteux ne peuvent pas payer eux-mêmes. Ce sytème a une conséquence : pour procéder à l'acquisition de prothèses auditives, les patients doivent en avoir la motivation et faire l'expérience du bénéfice qu'elles leur apportent. On évite ainsi que ces appareils coûteux ne finissent leur vie dans un tiroir de table de nuit.

La France, dont on connaît le trou financier de la Sécurité sociale, vient de faire la démarche inverse. Si le médecin considère que le port de prothèses acoustiques est nécessaire, le patient les obtiendra désormais sans dépenser un sou. Quelques professeurs spécialisés saluent cette victoire ! En passant complètement sous silence que le patient, et lui seul, peut apprécier le véritable bénéfice d'une prothèse acoustique et qu'il est dans l'intérêt de tous qu'il doive financièrement participer à la décision de cette acquisition. Sans doute, les fabricants de ces petites merveilles technologiques se réjouissent-ils de ce "progrès social"...

Il est inquiétant que des médecins, et plus encore des cadres universitaires, aient si peu le sens de l'intérêt général qu'ils se réjouissent de parvenir à creuser davantage encore le déficit public de la France. Une fois de plus, on perçoit que le miracle helvétique réside dans cet équilibre subtil entre la solidarité publique et l'effort demandé à chacun.

 

21:43 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Intéressant de faire le même constat en matière de soins dentaires.

La promesse du candidat Macron ("reste à charge zéro") se concrétise actuellement et aboutira à une distorsion encore plus grande des pratiques professionnelles en France, in fine au détriment de la santé bucco-dentaire de la population. Cela ressort de la fameuse expression de "sans dent" prêtée au past-président Hollande, mais plus sérieusement d'une toute récente étude d'un économiste spécialisé dans le domaine de la santé.

https://www.letemps.ch/suisse/perspective-dune-assurance-dentaire-alarme-profession

Écrit par : Olivier Marmy | 18/05/2019

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