24/09/2020

Si l'on pratique pour la grippe les mêmes dépistages que pour le Covid, on court à la catastrophe

Pour le Covid, on mélange les test de dépistage avec des tests diagnostiques. "On ne peut pas continuer à mélanger dans un même décompte toutes ces formes cliniques qui vont de rien jusqu'à la mort" (Pr. Antoine Flahault, l'Illustré, 16.9.20). "Faire plus de tests pour tester des gens qui ne présentent pas de symptômes n'a pas de sens" (Pr. Gilbert Greub, Le Matin Dimanche, 13.9.20). 

Les tests de dépistage PCR, très sensibles, pratiqués chez nous à large échelle pour le Covid-19, sont intéressants sur le plan épidémiologique. On teste donc abondamment l'entourage des malades, y compris des gens qui n'ont aucun symptôme. Certains sont positifs, et on les assimile à des gens contaminés et potentiellement contaminant, ce qui est médicalement faux et n'a jamais été fait à cette échelle dans aucune infection épidémique.

Venons-en à la grippe. Jusqu'ici, on a toujours recherché le virus de la grippe chez des patients qui en présentaient les symptômes, et ces symptômes sont caractéristiques : rien à voir avec un simple rhume ou une bronchite. Si on s'était mis à faire des frottis chez des patients asymptomatiques, on aurait été surpris, probablement, de voir combien ce virus s'était disséminé dans la population. Mais les gens qui n'ont pas de symptômes et qui, pourtant, auraient des traces du virus, sont des gens qui lui résistent. Par leurs anticorps ou par d'autres moyens de défense ? Peu importe. Ils résistent et ne sont pas malades. Le seuil épidémique de 60 cas pour 100'00 habitants, brandi par l'Office fédéral de la santé publique, désigne les malades confirmés, et par les "dépistés positifs". 

Une tendance redoutable serait de dépister la grippe à large échelle, dans la grande confusion dénoncée par Pr. Flahault. On peut en prédire les effets : surdramatiser l'épidémie de grippe, et reprendre pour ce virus l'engrenage des mesures de protection ou de confinement appliquées pour le Covid. Et malheur à notre vie sociale, à nos industries de culture ou de loisirs, à l'ensemble de nos entreprises.

Il serait temps, pour Covid, de distinguer parmi les "cas positifs", ceux qui sont malades de ceux qui ne le sont pas parce qu'ils sont capables de combattre ce virus. Et surtout, surtout, qu'on ne commence pas à dépister largement le virus de la grippe : en confondant des "dépistés" positifs avec les "diagnostics" de malades.