13/04/2011

Pénurie de locaux commerciaux à Genève : une bonne nouvelle !

La chambre genevoise de commerce dénonce un manque de locaux commerciaux à Genève : selon Martin Dunning, il deviendrait difficile de trouver des bureaux pour accueillir des hedge funds. L’arc lémanique respire !

Il faut bien comprendre comment se développe le « boom » de l’Arc lémanique. Dans une large mesure, c’est l’arrivée d’entreprises étrangères qui alimente l’explosion démographique, laquelle se manifeste concrètement par la surcharge des infrastructures et la pénurie de logement. La mise à disposition de locaux industriels et commerciaux ou, au contraire, leur pénurie, sont donc le facteur déterminant de tout le processus de croissance explosive que nous connaissons. Pour ceux qui s’en inquiètent, la pénurie de locaux commerciaux dénoncée à Genève est donc une bonne nouvelle. Encore qu’il faille la relativiser : 1% de locaux commerciaux disponibles, c’est toujours dix fois plus que pour le logement…

Que la chambre genevoise de commerce s’inquiète de cette situation, c’est son droit. Elle considère les intérêts à court terme de ses membres plutôt que l’intérêt général, mais elle n’est pas seule à le faire. Ce qui gêne dans le discours, c’est la menace proférée par Martin Dunning : sans la possibilité d’accueillir toutes les entreprises qui le demandent, c’est la décroissance qui nous guette ! Comme si c’était tout ou rien. Ce discours est insupportable. On peut vivre avec une croissance modérée : bien plus, une croissance modérée vaut cent fois mieux que l’explosion à laquelle nous assistons. Si le sens des nuances pouvait venir aux dirigeants des milieux économiques – Genevois comme Vaudois – on ne s’en porterait pas plus mal…

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04/11/2008

Politique anticyclique

Un privé refait son toit les bonnes années. Le principe de la politique anticyclque suggère que l’Etat refasse ses toits pendant les mauvaises années. Schématiquement, on peut considérer qu’une bonne politique anticyclique consiste à investir pendant les mauvaises années pour alléger les charges pendant les bonnes années, et non pas les alourdir. Le parti socialiste suisse a raison : en proposant d’encourager les mesures d’assainissement des bâtiments en période de basse conjoncture, ce qui aura pour effet une diminution des dépenses énergétiques lorsque la conjoncture se redressera, il propose une véritable politique anticyclique. Bravo !
Mais ce n’est pas ce que proposent les socialistes vaudois : la construction d’un nouveau musée à Bellerive constitue un investissement qui entraînera un accroissement des charges dans les années suivantes, et non pas un allègement. Ce projet n’a donc rien d’anticyclique. Dommage que les socialistes aient de la peine à appliquer dans leurs programmes cantonaux les grands principes du parti suisse.
Si le canton veut effectuer une vraie politique anticyclique, il doit entretenir et assainir les bâtiments dont il est actuellement propriétaire, par exemple le Château cantonal,… ou le Palais de Rumine, justement ; et pas construire de nouveaux édifices dont l’entretien va durablement alourdir son budget. Mais l’histoire nous l’apprend : la politique anticyclique dépasse rarement l’échelon du discours de cantine…

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