20/11/2007

Le texte exact de ma motion

Motion demandant l’introduction d’une compétence légale, pour les directions d’établissements scolaires, de détecter les consommateurs de cannabis.

 

Dans les milieux qui se préoccupent de la jeunesse – parents, enseignants, éducateurs et personnel soignant – une large majorité refuse de banaliser la consommation de cannabis. D’une part, on connaît de mieux en mieux la gravité des effets du THC, notamment sur le cerveau, et surtout le cerveau de l’adolescent ; d’autre part, le cannabis représente généralement le premier pas dans l’engrenage de la consommation de stupéfiants. Et pourtant, le message donné par l’autorité est parfaitement ambigu.

L’article 19a de la Loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes précise : « Celui qui sans droit aura intentionnellement consommé des stupéfiants (…) sera puni de l’amende. » Le cannabis fait partie des stupéfiants au sens de cette loi.

Le règlement scolaire vaudois précise, en son article 180 : « Les élèves ne consomment ni alcool, ni stupéfiants ; ils ne fument pas. » Quant à la Loi scolaire, son article 108 indique : « Lorsque la conduite d’un élève laisse à désirer en classe ou hors de l’école, le maître en avise immédiatement les parents. » Le cadre législatif est donc dépourvu de toute ambiguïté : l’élève qui consomme intentionnellement du cannabis commet une contravention à la Loi fédérale et une infraction au Règlement scolaire ; les maîtres ont l’obligation légale d’en aviser les parents.

 

Or cette consommation, par les élèves de la scolarité publique, est généralement impunie. Si un élève est pris en flagrant délit de consommation, il peut être sanctionné. Mais lorsque le corps enseignant n’a que des soupçons, il n’a aucun moyen légal de les vérifier. Dans certains cas, les élèves sont confiés au service médical, qui traite ces consommations comme des maladies, entourées du secret médical et de la protection de la sphère privée, comme il est d’usage en matière de santé. Mais la consommation de cannabis, au stade initial, n’est pas une maladie : c’est une contravention à la loi et une infraction au règlement scolaire. Cette incohérence entre les dispositions légales et la réalité quotidienne constitue probablement le vrai facteur d’ambiguïté et de banalisation de la consommation du cannabis chez les élèves.

 

Le DFJC offre actuellement aux directions d’établissements des programmes de prévention, programmes qui doivent permettre au corps enseignant de détecter les consommateurs de cannabis sur la base d’un certain nombre de signes et de comportements. Mais lorsque cette détection est faite, ils n’ont pas la compétence de vérifier leur soupçon. Il convient de modifier la Loi scolaire – et c’est l’objet de la présente motion – dans le but de donner à l’autorité scolaire - pratiquement à la direction des établissements - la compétence de confirmer, par des tests, qu’un élève a effectivement consommé du cannabis. Puisque l’école publique interdit la consommation de cannabis par les élèves, elle doit disposer légalement de moyens de preuve.

 

La consommation étant attestée, la procédure disciplinaire est définie par la législation scolaire et sort de fait du cadre de la présente motion. Quant à la consommation d’alcool et celle de tabac, qui constituent aussi des infractions au règlement scolaire, la présente motion ne les aborde pas, mais rien n’empêche le Conseil d’Etat de les englober dans une démarche commune de réponse à cette motion.

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19/07/2007

Qui formerait les parents de mineurs délinquants?

Il semble donc que 70% des Suisses seraient favorables à l'idée de contraindre les parents de mineurs délinquants à des cours d'éducation. Soit. Mais qui donnera ces cours? Il y a malheureusement fort à craindre que ce soient des professionnels de l'éducation formés à un certain nombre des théories qui ont apporté à l'école le vent de réformes que l'on sait. Et dans ce cas, cette éducation des parents pourrait bien créer plus de problèmes qu'elle n'en résoudrait. Parce que, dans ce domaine, les professionnels ne sont pas toujours une garantie. On cite même tel grand maître des sciences de l'éducation qui aurait eu la plus grande peine à éduquer ses propres enfants...

On voudrait espérer que ce soient des gens d'expérience, tel Maurice Nanchen, assez honnêtes pour admettre que la mode pédagogique des années 80 a fait fausse route. Ou simplement des parents ou des grands parents qui sont parvenus à éduquer leurs enfants avec succès en dépit de tous les périls qui le menaçaient: les jeux vidéo, la télévision, les difficultés scolaires, la drogue ou la violence. En matière d'éducation, être scientifique vaut parfois beaucoup moins qu'une bonne expérience personnelle.

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24/04/2007

Le bruit et l’école

Le bruit est une nuisance, et le Département fédéral, de l’environnement, des transports et des communications a raison d’étudier diverses mesures pour la réduire. Ce qui me frappe, c’est que, au moment où nos autorités fédérales prévoient de pénaliser les sources de bruit, notre école publique, prise en otage par les héritiers de Piaget, a fait du bruit l’environnement normal de l’enseignement. Et tout particulièrement dans les petites classes, qui vivent dans un mouvement brownien perpétuel, dans l’agitation permanente des « activités » diverses « centrées sur l’élève ».

 

Après quoi, les enfants s’habituent à vivre avec les oreilles constamment excitées par le casque d’un balladeur, avant d’assister à des concerts tellement assourdissants qu’il faut chausser des tampons auriculaires pour les supporter. A moins d’être anesthésié par l’alcool et le cannabis…

 

Si on veut lutter contre le bruit, il faut d’abord accoutumer les enfants au calme. Une raison de plus pour lutter contre la pédagogie d’EVM « centrée sur l’élève ».

 

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