07/11/2007

Eoliennes et écologistes

On ne peut que saluer les projets de construction d’éoliennes sur deux de nos cols : le Grimsel et le Sanetsch. Les études techniques permettront de bien calibrer ces projets et d’en définir la rentabilité. Mais nous peinons à discerner sous quel prétexte certains milieux écologiques pourraient s’y opposer. Sur les deux cols, l’existence de barrages hydrauliques et de lignes électriques défigure déjà les lieux, aux yeux des défenseurs de la nature vierge.  On peut toujours préférer un bassin d’accumulation au ballet majestueux des grandes éoliennes, mais ce n’est qu’affaire de goût, pas d’écologie. Contrairement aux barrages, les éoliennes ne modifient pas les circulation des eaux. Peut-être le bruit d’une éolienne perturbe-t-il un peu la faune, mais on répondra que la montagne est grande et que l’on peu prier poliment les animaux concernés d’aller chasser ou brouter un peu plus loin. On observera en outre qu’une éolienne ne constitue pas une cible intéressante pour des actes terroristes, contrairement aux barrages et aux centrales nucléaires

En réalité, un projet d’éolienne permet de tracer la ligne de démarcation entre deux types d’écologistes : ceux qui ont juré la mort de notre société occidentale et veulent voir la nature reprendre partout ses droits ; et ceux qui entendent réconcilier notre prospérité avec le respect de des équilibres de notre planète. Pour ces derniers, des éoliennes au Sanetsch et au Grimsel constituent des projets prioritaires.

26/03/2007

La défense de l’environnement est une morale

Lorsqu’ils parlent de défense de l’environnement ou de développement durable, les politiciens de droite affirment leur foi dans la persuasion : le consommateur trouvera son intérêt dans l’achat de véhicules économes en carburant ; le propriétaire comprendra que les normes Minergie apportent une économie dans les frais de chauffage ; les industries développeront les produits écologiques qui répondent aux demandes du marché. Quant aux politiciens de gauche, ils affirment au contraire que les pouvoirs publics devront user de la contrainte.

Tous se retrouvent pour dire qu’il ne faut pas « moraliser ». Eh bien non ! Je pense au contraire que ces questions ne se résoudront pas sans une démarche d’ordre moral : celle du respect.

Le respect des ressources naturelles, qu’on ne peut pas exploiter sans discernement.

Le respect de la nature, dans laquelle on ne peut pas rejeter n’importe quel déchet en quantité illimitée.

Le respect de la vie, qui ne s’accommode pas de tous les caprices humains, mais obéit à des règles et des contraintes.

Le respect de la personne de l’autre, qui mérite aussi de jouir d’un environnement agréable et sain.

Les respect des générations à venir, auxquelles on se soucie de l’héritage qu’on va leur laisser.

Vous ne pouvez pas restreindre les enjeux environnementaux à des questions financières ou légales.

C’est d’abord une question de bien et de mal, c’est-à-dire, par définition, une question morale.

Enseignons à nos enfants le respect – le respect d’autrui et de ses biens – et ils défendront l’environnement.

« Moraliser » semble être devenu un gros mot, à éviter à tout prix. Sous prétexte que ce mot a été malmené il y a quarante ans, en Mai 68… J’affirme au contraire que seule une société qui « respecte » peut prétendre à un développement durable. Et ça, c’est de la morale au sens le plus noble du terme.