03/07/2007

Et les erreurs psychiatriques?

La Fondation pour la sécurité des patients prévoit de renforcer sa lutte contre les erreurs médicales. Comme toujours, les exemples  cités ne sont pris que dans la chirurgie, qui est déjà le domaine le plus surveillé. Ce sont régulièrement les accidents opératoires ou les erreurs chirurgicales qui font l’objet de procédures ou de demandes d’indemnisation. Quant aux bénéfices apportés par un acte chirurgical, ils sont systématiquement comparés à ceux d’un traitement conservateur. En revanche, on parle peu des erreurs relevant de la médecine interne. Et encore moins des erreurs relevant de la psychiatrie. Or les erreurs en psychiatrie peuvent être tout aussi lourdes de conséquences que celles de la chirurgie. Lorsqu’un jeune patient se suicide au cours de son traitement psychiatrique, on peut se demander si l’affaire n’est pas aussi grave que le décès d’un patient sur la table d’opération. Lorsqu’un délinquant sexuel est jugé « guéri » par un psychiatre et qu’il récidive au moment de sa remise en liberté, on est en droit d’évoquer la faute professionnelle. Compte tenu de la part croissante que prend la psychiatrie dans le domaine de la santé, il paraît raisonnable que cette spécialité soit incluse dans les démarches visant à prévenir les erreurs médicales, notamment celles de la Fondation pour la sécurité des patients.

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20/03/2007

Libre choix du médecin : ne pas tout confondre !

Sitôt connu le refus par le peuple de la caisse unique, certains politiciens se sont emparés de la question du libre choix du médecin par le patient. Il s’agirait, à leurs yeux, de permettre aux assureurs de choisir les médecins avec lesquels ils accepteraient de collaborer. En terme technique, cela s’appelle « la suppression de l’obligation de contracter ».
Il s’agit de commencer par le début, c’est-à-dire de chercher à voir où sont les problèmes.
1. Le premier problème, c’est celui « des médecins trop chers ». C’est vrai que certains médecins coûtent plus cher que leurs confrères, généralement par maladresse, parfois par malhonnêteté. Des montons noirs, il y en a dans toutes les professions. Ils doivent être ramenés à une pratique plus économe, éventuellement faire l’objet d’une sanction. Mais ces situations ne justifient pas que l’on donne aux assureurs maladie le droit de choisir les médecins avec lesquels ils veulent bien travailler. On n’a jamais vu les assureurs RC, sous prétexte que certains garages sont trop chers, proposer de supprimer le libre choix du carrossier !
2. Le second problème, c’est celui « des patients trop chers ». Ce sont les malades qui pratiquent le tourisme médical. Toujours insatisfaits des soins reçus, ils consultent sans fin d’autres spécialistes, et répètent des examens parfois coûteux (scanner par exemple). A cause d’eux, on voudrait donner à des « réseaux » le droit d’imposer à un patient le médecin à consulter. Ici aussi, grand mélange : qu’un patient demande un autre avis lorsqu’il n’est pas satisfait, nul ne peut le lui reprocher. Cette démarche est le plus souvent justifiée par le fait que, effectivement, le premier médecin n’est pas parvenu apporter au patient l’aide espérée. Que les assureurs maladie refusent de rembourser les prestations répétitives, soit. On peut jouer sur les franchises ou la participation aux frais pour freiner le tourisme. Mais pas en tirer prétexte restreindre le libre choix du médecin par le patient.
Le libre choix du médecin est un des pivots de notre système de santé. Grâce à lui, la relation thérapeutique peut se construire à la fois sur la responsabilité et la confiance. Lorsque cette confiance, pour diverses raisons, est altérée, le patient doit pouvoir consulter un autre médecin. Et le médecin, renoncer à donner des soins. Le libre choix du médecin n’est pas un gadget : c’est le fondement même de la médecine libérale, caractérisée par une relation personnelle entre un patient qui demande de l’aide et un médecin qui accepte de se charger de ce fardeau. C’est cette médecine libérale qui a conduit à la qualité et à la performance de notre système de santé, largement reconnu. Vouloir restreindre le libre choix du médecin, sous prétexte qu’il y aurait là quelques sources d’économie relève d’une politique particulièrement écervelée. N’en déplaise à quelques économistes de la santé et autres faiseurs de statistiques…qui n’ont jamais soigné personne !

 

20:16 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (8)