22/06/2007

Hommage à Claude Bridel

Etre libéral, ce n’est pas d’abord une affaire politique, encore moins une question d’appartenance à un parti. C’est un style de vie, un engagement dans la société, un ensemble de valeurs. Je m’autorise à saluer en Claude Bridel une des grandes figures du libéralisme vaudois.Claude Bridel : ce fut d’abord le pasteur de l’Eglise libre, conducteur spirituel d’une communauté décidée à célébrer sa foi protestante sans le soutien de l’Etat ; sans son contrôle, aussi ! A 40 ans,Claude Bridel échange une chaire pour une autre : celle de l’église pour celle de l’université, dont il deviendra recteur.  Avec majesté, mais sans fierté particulière, considérant peut-être comme naturel qu’un Bridel, périodiquement, occupe de hautes fonctions académiques.A sa retraite, il continue à mettre ses forces et son temps au service de la société vaudoise.  Mobilisant ses relations dans le monde politique et académique, ses réseaux tissés à la Brigade de Sauvabelin et à Zofingue, appelant à l’aide quelques amis libristes, il s’emploie à créer la Fondation Planète Bleue, logement et lieu de rencontre pour étudiants, proche des milieux protestants. Il met son esprit vif et son intelligence à disposition de l’Association Alzheimer qu’il accepte de présider. J’ai eu moi-même l’honneur de collaborer avec Claude Bridel dans la réalisation en 1997 du bicentenaire d’Alexandre Vinet, le grand théologien vaudois partisan de la liberté des cultes et de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ce ne sont que quelques exemples des très nombreux engagements de Claude Bridel au service de la société. Et ce tableau serait incomplet s’il n’évoquait l’époux et le père de six fils : parce que c’est d’abord dans sa famille que l’homme est invité à poursuivre l’oeuvre du Créateur.Foi protestante indépendante, université, engagement social et familial : c’est l’héritage que le libéralisme a laissé au Canton de Vaud. Lorsque les historiens s’emploient à connaître ce qu’ont été les libéraux vaudois, ils auraient tort de se limiter aux hommes politiques. Ce mouvement a été porté par de nombreuses autres grandes et belles personnalités. Pour la seconde moitié du XXe siècle, ils citeront Claude Bridel.

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03/04/2007

L'intégration par le prénom

Nous avons tous, dans les branches de nos familles ayant émigré dans un pays étranger, quelques exemples d'enfants auxquels les parents ont pris le soin de donner un prénom acceptable dans le pays d'accueil. Dans certains cas, on a choisi un double prénom, pour que l'enfant, sans renier son origine, puisse grandir dans son pays d'accueil en ressemblant un peu aux autres. Chez nous, de nombreux parents étrangers manifestent ce souci.

C'est un conseil que les milieux chargés de l'accueil et de l'intégration devraient donner aux parents étrangers qui mettent au monde un enfant dans notre pays. On pourrait leur dire que "Sabit", pour un garçon, c'est un peu équivoque; ou que "Milka", pour une petite fille, risque en Suisse de susciter quelques plaisanteries.

L'intégration, c'est, en maints domaines, une affaire de tact et de délicatesse. Choisir à son enfant un prénom qui lui permettra d'évoluer harmonieusement dans le pays d'accueil en fait partie. 

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