11/10/2008

Jeunes sauvages

De 1994 à 2007, la proportion des délits violents pour 100'000 habitants a été multipliée par 5 ; et 68 % de ces délits violents, en 2007, ont été commis par des jeunes de 14 à 25 ans ! Voilà ce que révèle une récente enquête du SCRIS.
Beau succès pour des théories éducatives ou pédagogiques dominantes fondées sur l’épanouissement naturel de l’enfant. Et dans la ligne de Rousseau, beau succès pour tous ceux qui affirment que si la société ne dénaturait pas l’enfant, il serait bon et doux comme un agneau !
Il serait peut-être temps de changer de paradigme, et de voir la réalité comme elle l’est : l’enfant est naturellement égoïste ; il use de sa force pour satisfaire ses besoins ou ses caprices ; il convoite le bien d’autrui et n’hésite pas à se l’approprier, au besoin par la violence. C’est l’éducation, c’est-à-dire l’œuvre de la société, qui parvient à le détourner de ces comportements naturels : c’est la société qui le rend bon ! On peut même se hasarder à penser que les beaux gestes de générosité dont certains enfants sont capables ne sont que l’imitation d’exemples reçus de leurs parents ou d’autres adultes.
Ces jeunes violents, ce ne sont pas des enfants dénaturés par l’exemple de leurs parents, de la télévision, de la société. Ce sont simplement des jeunes abandonnés à l’état sauvage. Des jeunes qui n’ont pas reçu de leurs parents les repères moraux d’une éducation à la civilisation. Et des jeunes que l’école n’a pas su ou pas voulu « élever » au dessus de leur nature.
Parler de « culture » de la violence est une aberration : la violence n’est pas le fruit d’une culture, mais d’une absence de culture !
J’en veux pour preuve que l’on trouve ces jeunes sauvages dans toutes les catégories sociales, là où on n'a pas pu ou pas voulu domestiquer la nature. Dans les affaires, on parle de « requins », ce qui montre bien qu’on peut être à la fois riche et sauvage.
Pour prévenir la violence chez les jeunes, il convient, dès le berceau, de les faire échapper à leur nature. C’est moins angélique que le discours dominant. Mais c’est notre responsabilité d’adultes.

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22/04/2008

Etablir les faits

"Les élèves sont sanctionnés lorsqu'il y a suspicion de consommation de drogues" a affirmé Anne-Catherine Lyon au Grand Conseil le 22 avril. Il s'agissait pour elle de démontrer que l'école fait déjà son travail en matière de lutte contre les drogues (!!!), et que ma proposition de détection par des tests était inutile. On a bien entendu et bien lu : sanctionner sur la base de suspicion plutôt que sur la base de faits établis !
Si c'est cela que la gauche appelle le respect des droits humains, il y a de quoi trembler.
Mais au fond, c'est bien dans sa culture. Pas de notes, on préfère des évaluations, parce que c’est moins précis. La loi scolaire prévoit que le seuil de suffisance est 4, mais on accorde automatiquement la promotion à des élèves qui n’ont que 3,5 dans plusieurs branches principales. On ne veut pas d’examens, qui placeraient les élèves devant la rigueur d’un regard externe. Le parcours scolaire se fait en fonction du « développement personnel » de l’élève, et pas des résultats de son travail. On établit des règles, mais on mollit lorsqu’il s’agit de les appliquer.
J’ai cru longtemps que c’étaient des sentiments généreux qui poussaient la gauche dans ces positions floues, par compassion pour les plus faibles. De plus en plus, je suis conduit à une autre analyse : le flou fait le lit des très nombreux « intervenants » de tout poil qu’on mobilise dans toutes les situations où la rigueur est refusée. Une sanction pour un élève qui fume des joints, c’est trop simple. Il faut organiser une prise en charge, un bilan psychologique, une médiation, un accompagnement. Et tout ce petit monde y trouve son compte. Et vote « juste » aux élections suivantes : on ne va quand même pas mordre la main qui vous nourrit !

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25/03/2008

Ecole primaire à 4 ans

La Convention scolaire romande, qui constitue le prolongement de Harmos pour les cantons romands, supprime l'école enfantine. Le texte adopté par Anne-Catherine Lyon et ses homologues décide de faire coïncider le début de la scolarité obligatoire - 4 ans - avec le début de l'école primaire. On ne nous fera pas croire qu'il s'agit d'une pure question de dénomination, sans portée réelle.
Cette démarche est une provocation. La notion d'école enfantine est bien ancrée autant auprès des parents que du corps enseignant. « Ecole enfantine » : chacun sait de quoi il s'agit et admet que ces premières années de la scolarité se caractérisent par des démarches pédagogiques adaptées à de petits enfants : elles visent essentiellement à les socialiser ou à développer les « pré-requis » qui permettront, dès la première année « primaire » le démarrage efficace des enseignements scolaires. Bien sûr, il est possible d'appeler « premier cycle primaire » ce que tout un chacun appelle « école enfantine » et donner à ce premier cycle les missions confiées précédemment à l'école enfantine. Mais à quoi bon bousculer, à quoi bon changer de dénominatrion, à quoi bon cette épreuve de force des dirigeants de l'école publique ? Mme Lyon et ses collègues auraient assez d'autres moyens de faire preuve de leur autorité…
Cette disparition de l'école enfantine n'est peut-être pas aussi anodine qu'il y paraît. On connaît les revendications de la gauche de scolariser les enfants dès l'âge de 3 ans ou même de 2 ans. Si l'école primaire commence à 4 ans, on verra rapidement certains beaux esprits suggérer la création d'une école « enfantine » facultative…dès 2 ans, puis obligatoire.
Certains se demandent au contraire si, en appelant « école primaire » ce qui est aujourd'hui l' « école enfantine », on ne cherche pas, en fait, à faire durer l'école enfantine pendant huit ans, en application de certaines modes pédagogiques qui s'acharnent à ne pas bousculer ces pauvres petits… Mais ce sont de mauvaises langues !

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