01/09/2010

Vignette bleue : le retour

Le DETEC met en consultation un projet de zones environnementales. Notre projet de vignette bleue reprend donc du service.

Nous avions, dans Le Temps, en 2007, évoqué l’introduction d’une telle vignette, permettant une discrimination positive en faveur des véhicules les plus propres

(http://www.haury.ch/page.php?content=publications_lire&am...).

Au Grand Conseil vaudois, Isabelle Chevalley a déposé un postulat qui, bien que soutenu par la majorité de la commission qui l’a étudié, a finalement été écarté par le plenum.

 

Que prévoit le DETEC ? la possibilité, pour les villes, d’instaurer des zones environnementales dans lesquelles la circulation ne serait autorisée qu’aux véhicules les moins polluants. Pour les identifier, un système de « vignettes (précisément !) permettant de répartir les véhicules automobiles dans différentes catégories selon leurs émissions ». Les autorités cantonales seraient habilitées à déterminer quels véhicules seraient autorisés à circuler dans ces zones environnementales.

 

Les vert’libéraux saluent évidemment le principe de cette consultation. Il convient de trouver un moyen de favoriser les usagers qui choisissent des véhicules peu polluants, à la fois pour réduire les émissions polluantes et pour favoriser l’assainissement du parc automobile suisse. Le projet du DETEC mérite d’être examiné dans le détail (http://www.uvek.admin.ch/dokumentation/00474/00492/index.... ), éventuellement d’être amélioré. Nous continuons à penser que les véhicules propres pourraient en outre bénéficier de facilité de stationnement dans les villes, aussi bien sur le territoire public que sur les fonds privés.

 

Mais le mérite du projet du DETEC réside dans son principe : accorder des avantages – non seulement financiers – à ceux qui optent pour une mobilité un peu plus propre. Qui s’indignera à l’idée d’une circulation automobile « à deux vitesses » ?

15/12/2009

Qui veut tuer la géothermie ?

Bien sûr que Bâle a un peu tremblé. Mais qui dira que cet incident est marginal en regard des fantastiques espoirs que l’on peut fonder sur la géothermie ? Nous avons sous nos pieds – d’accord, il faut creuser un peu – une réserve de chaleur immense et inépuisable.

Le projet de Bâle visait à fournir du chauffage à 2700 habitations et de l’électricité à 10’000 ménages. Les techniciens responsables des forages ont certainement commis quelques erreurs d’appréciation, notamment en raison de la dureté du sol. Et une secousse sismique d’une amplitude de 3,4, c’est-à-dire qualifiée de faible, s’est produite. Quelles en sont les conséquences ? Quelques tasses en porcelaine brisées dans un salon ? Quelques fissures sur les immeubles dont on voudrait être sûr qu’elles n’y étaient pas auparavant ? Assez pour rendre les géothermiciens prudents, mais certainement pas pour écarter cette technologie.

L’histoire des sciences est jalonnée d’incidents, parfois même graves, mais qui heureusement n’en ont pas freiné le développement. Marie Curie est morte d’une leucémie provoquée par sa longue exposition aux substances radioactives : on n’a pas pour autant renoncé à l’apport de la radiologie au diagnostic médical. On n’a pas renoncé au développement des chemins de fer en dépit de l’explosion de quelques chaudières à vapeur. Les premiers traitements à la Dicoumarine ont provoqué des hémorragies mortelles : néanmoins, on a développé le Sintrom qui traite des millions de patients.

Toute la communauté scientifique devrait faire corps pour la promotion de la géothermie, en dépit des incidents de Bâle, et peut-être grâce à l’enseignement qu’on peut en tirer. Mais cette énergie, évidemment, se trouve en concurrence. En concurrence certes avec les énergies fossiles. Mais surtout en concurrence avec l’énergie nucléaire, car la géothermie fournit une énergie en bande, continue, comme le nucléaire ; au contraire du solaire et de l’éolien, qui sont météodépendants. Au moment où ils s’emploient à convaincre le peuple suisse de prolonger les vieilles centrales et d’en construire de nouvelles, les milieux pronucléaires auraient un intérêt évident à faire mousser les incidents de Bâle. En tout cas, s’il faut chercher des adversaires au développement de la géothermie, ce n’est pas parmi les défenseurs des services à thé en porcelaine qu’on les trouvera.

08/03/2008

Pas d'ordures importées !

Nos usines d’incinération sont surdimensionnées : on devrait s’en réjouir ! Cela signifie que les efforts de tri des déchets, consentis chez nous autant par les privés que par l’industrie, portent leurs fruits. Du coup, Tridel à Lausanne et les Cheneviers à Genève sont moins « rentables » en terme économique, et elles cherchent à optimaliser leur rentabilité en important des déchets, par exemple ceux de Napples.
Je ne suis pas opposé à tout effort de solidarité internationale, et s’il faut donner un coup de mains aux autorités italiennes pour résoudre un problème aigü durant quelques semaines, on pourrait encore entrer en matière. Dans le but d'aider, mais pas pour alimenter nps usines d'incinération
La politique de gestion des déchets forme un tout. Recycler la plus grande part possible des matières premières, puis détruire par incinération ce qui reste en prenant des mesures sévères de contrôle des substances émises dans l’atmosphère : ce sont les deux axes de cette politique. La rentabilité économique des usines d’incinération ne saurait devenir un but en soi.
Si nous voulons aider l’Italie à gérer ses problèmes d’ordures, qu’on lui apprenne à trier ses déchets. Lausanne et Genève pourraient lui offrir les services de ses techniciens et leur savoir-faire. Mais proposer de brûler chez nous des ordures que les Napolitains gèrent comme au siècle passé, c’est à coup sûr la pire solution pour l’environnement.
On s'étonne de la légèreté avec laquelle les responsables de notre politique enrironnementale s'effacent devant les comptables de Tridel et des Cheneviers...