18/08/2011

Anne-Catherine Lyon dérape

Prétendre que les Initiants d’Ecole 2010 méprisent les élèves est une accusation d’une extrême gravité et totalement dénuée de fondement.

Les Initiants, tous enseignants ou parents d’élèves, se sont engagés exactement dans l’esprit qui fut le nôtre lorsque, en 2001, nous avons demandé et obtenu le retour des notes : le respect des enfants, la volonté de les préparer pleinement à leur vie d’adulte, le souci de les placer en face de la vérité.

L’Initiative Ecole 2010 comme celle de 2001 demandant le retour des notes ont donc été réalisées exactement dans le même esprit. Tenter d’opposer ces deux démarches est à la fois malveillant et malhonnête : indigne d’un magistrat.

S’il faut chercher dans Ecole 2010 – tout comme dans l’Initiative précédente – un signe de mépris, il s’adresse non pas aux enfants, mais à cette oligarchie prétentieuse qui, bavant d’admiration devant ce faiseur que fut Jean Piaget, a tenté d’imposer la « nouvelle pédagogie », cette école sans règles et sans repères prétendant mettre l’ « élève au centre ».

Oui, ces gens-là, trop bêtes ou trop couards pour oser condamner une idéologie pédagogique erronée, ont été dénoncés et accusés par les Initiants de 2001 comme ceux de 2010. S’ils se sentent méprisés, ils n’ont que ce qu’ils méritent.

Qu’Anne-Catherine Lyon ait quelques difficultés dans ses relations avec les initiants d’Ecole 2010 n’a rien d’étonnant. Qu’elle ait l’impression qu’ils n’ont pas grande considération pour la classe politique est probablement justifié. Mais les accuser de mépriser les enfants est simplement scandaleux : Anne-Catherine Lyon regrettera d’avoir ici franchi les limites du débat démocratique.

18/07/2011

Franc fort : qu’on se rappelle la grève du beurre !

Le pouvoir des consommateurs était totalement absent du médiocre débat sur Forum, le 18 juillet, entre Bernard Rueger et Monika Dusong.

Pour le premier, les choses sont très compliquées et il ne faut accuser personne. Pour la seconde, c’est à la technocratie, ComCo en tête, de gérer le franc fort et ses effets. Ni l’un, ni l’autre ne semblent se souvenir que, dans un marché libre, le consommateur a le pouvoir.

M’est revenue à l’esprit l’affaire de la « grève du beurre ». Dans les années soixante, les ménagères ont décidé de lutter contre le prix du beurre, jugé excessif, et on cessé d’en acheter. Le mouvement a été largement suivi dans toute la Suisse. Pendant quelques semaines, je me souviens que ma mère nous a imposé la margarine au petit-déjeûner. Des montagnes de beurre se sont rapidement amoncelées, et, en peu de semaines, le prix a baissé. Echaudés, les distributeurs n’ont jamais osé, pendant près d’un demi-siècle, toucher trop au prix du beurre. Un succès mémorable obtenu tout simplement par des consommateurs faisant usage de leur pouvoir.

Que la hausse du franc suisse ne se répercute pas sur le prix des produits importés est tout simplement un scandale. Banaliser cette évidence, comme le fait M. Rueger, puis, avec certains milieux économiques, demander aux employés de travailler un peu plus, frise l’indécence. Car il y a bel et bien des importateurs qui profitent de cette forte valorisation du franc suisse et s’en mettent plein les poches.

Alors, aux consommateurs de jouer. Pas simplement en allant remplir leur caddie à l’étranger : cette réaction pénalise les producteurs suisses, qui n’y peuvent rien. Mais en refusant d’acheter en Suisse des produits importés dont les prix n’ont pas été sensiblement abaissés. Qu’on commence par les voitures, où les vins importés, ou les appareils électroniques. Une bonne grève, comme pour le beurre ! Pendant quelques mois, n’achetons aucune voiture neuve, ou aucun téléviseur, ou aucun vin étranger. Vous verrez les importateurs, en quelques semaines, face à la chute de leur cahier de commande, commencer à draguer le client à coup de promotions : 10 % par ci, 15 % par là.

Voilà le discours qu’on attendrait de Monika Dusong, Présidente de la fédération des consommateurs. Mais hélas, elle est socialiste : elle ne croit qu’au pouvoir de l’Etat et, dans son esprit, les consommateurs, quantité négligeable, n’ont pas de pouvoir. Aux vrais libéraux de s’affirmer !

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28/06/2011

Les marionnettes de l'organe de prospective vaudois

Parmi les "grands progrès" apportés par la nouvelle constitution vaudoise, un "organe de prospective". Le communiqué de presse que cet organe vient de publier est désolant, mais on s'y attendait.

Nous avons toujours considéré qu'un organe de prospective, c'est-à-dire une petit groupe d'"happy fews" qui s'arrogeraient la prérogative de réfléchir à l'avenir, faisait partie de ces gadgets inutiles conçus par nos Constituants. Cet organe a donc été constitué, péniblement, en 2008, cinq ans après l'adoption de la Constitution. Il est composé de Pascal Broulis, président, Anne-Catherine Lyon, Philippe Leuba, Vincent Grandjean, Dominique Arlettaz, Patrick Aebischer, Pierre Keller, Dominique Bourg, et Jean-Philippe Leresche. Au passage, on notera la place congrue laissée à des femmes, ce qui confirme l'inutilité dudit organe. Tous des gens qui doivent surtout éviter de dire quoi que ce soit qui puisse contrevenir à leur propre programme de développement.

Le communiqué de presse est révélateur : il annonce qu'on va, fin 2011, produire un rapport. Et que ce rapport va s'attacher à réfléchir à ce que deviendra notre Canton en 2030. Bon, jusque là, pas de révolution. On ne voit pas ce que cette organe pourrait faire de moins. Ce qui est stupéfiant, c'est que le plus grand défi auquel notre Canton doit faire face, celui de la croissance démographique, n'est tout simplement pas mentionné. Qu'on puisse, aujourd'hui, se prétendre "organe de prospective" sans évoquer ce qui, à l'évidence, constitue le phénomène le plus spectaculaire de l'histoire vaudoise (+ 10'000 habitants par an !) démontre bien à quel point cet organe fonctionne à l'envers. Il a été conçu pour adapter l'action politique à l'avenir de notre canton et, dans les faits, il tente d'adapter les prévisions aux choix du gouvernement, pour lequel la croissance démographique continue à être tabou, une aubaine qu'on ne s'autorise pas à mettre en question. Désolant, on vous dit, et que de temps perdu !

14:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7)