31/08/2011

L'arrogance de ces Conseillers aux Etats

Mais depuis quand un élu s'arrogerait-il le droit de décider ce que le peuple choisira dans 20 ou 50 ans ? C'est pourtant cette arrogance qui semble inspirer la commission de l'énergie du Conseil des Etats.

Qu’on soit pro- ou antinucléaire n’y change rien : le détermination de la commission du Conseil des Etats a un aspect choquant, qui devrait sauter aux yeux de tous ceux qui se prétendent attachés aux valeurs de notre démocratie.

Un homme politique dispose d’un pouvoir limité à son mandat et aux décisions qu’il est appelé à prendre.

Aujourd’hui, la question est de savoir si on renonce dans un délai défini à l’exploitation de nos centrales nucléaires et à la construction de celles qui ont été envisagées. On peut répondre par oui ou non, voir s’abstenir (PLR). On doit aussi décider des mesures à prendre immédiatement si on décide de sortir du nucléaire. Et le pouvoir des nos élus s’arrête là.

Bien sûr que personne ne peut prévoir l’avenir. Il n’est pas exclu que de nouvelles technologies soient disponibles dans 20, 50 ou 100 ans. C’est exactement la même chose dans tous les domaines. Aucun élu d’aujourd’hui ne peut s’arroger le pouvoir d’écrire le code pénal qui sera adapté à la situation de 2050. Cette décision relèvera d’autres autorités, élues dans un autre temps, par un peuple d’une autre génération.

Je ne sais pas si, un jour, le Thorium sera une source d’énergie désirable. Mais je sais que ce n’est pas aux élus d’aujourd’hui d’en décider. Si je prescris un antibiotique pour le malade qui est en face de moi, je n’ajoute pas une cautèle du genre : « Mais je vous prescrirai un autre traitement dans 50 ans s’il est disponible », parce que je sais que mon mandat se limite à résoudre le problème de mon patient d’aujourd’hui avec les moyens qui sont à ma portée aujourd’hui. Et je sais surtout que, dans 50 ans, il ne m’appartiendra plus de décider.

Il me semble que l’ambition d’un pouvoir établi « pour mille ans » n’appartient pas exactement aux principes de notre démocratie. Que nos élus assument les décisions qu’ils prennent aujourd’hui et laissent, sur tous les objets, les générations à venir rectifier leurs décisions sur la base des éléments nouveaux intervenus dans l’intervalle. L’espèce de décision conditionnelle prise par la commission des Etats est un contresens politique. Ou un geste de vanité.

18/08/2011

Anne-Catherine Lyon dérape

Prétendre que les Initiants d’Ecole 2010 méprisent les élèves est une accusation d’une extrême gravité et totalement dénuée de fondement.

Les Initiants, tous enseignants ou parents d’élèves, se sont engagés exactement dans l’esprit qui fut le nôtre lorsque, en 2001, nous avons demandé et obtenu le retour des notes : le respect des enfants, la volonté de les préparer pleinement à leur vie d’adulte, le souci de les placer en face de la vérité.

L’Initiative Ecole 2010 comme celle de 2001 demandant le retour des notes ont donc été réalisées exactement dans le même esprit. Tenter d’opposer ces deux démarches est à la fois malveillant et malhonnête : indigne d’un magistrat.

S’il faut chercher dans Ecole 2010 – tout comme dans l’Initiative précédente – un signe de mépris, il s’adresse non pas aux enfants, mais à cette oligarchie prétentieuse qui, bavant d’admiration devant ce faiseur que fut Jean Piaget, a tenté d’imposer la « nouvelle pédagogie », cette école sans règles et sans repères prétendant mettre l’ « élève au centre ».

Oui, ces gens-là, trop bêtes ou trop couards pour oser condamner une idéologie pédagogique erronée, ont été dénoncés et accusés par les Initiants de 2001 comme ceux de 2010. S’ils se sentent méprisés, ils n’ont que ce qu’ils méritent.

Qu’Anne-Catherine Lyon ait quelques difficultés dans ses relations avec les initiants d’Ecole 2010 n’a rien d’étonnant. Qu’elle ait l’impression qu’ils n’ont pas grande considération pour la classe politique est probablement justifié. Mais les accuser de mépriser les enfants est simplement scandaleux : Anne-Catherine Lyon regrettera d’avoir ici franchi les limites du débat démocratique.

18/07/2011

Franc fort : qu’on se rappelle la grève du beurre !

Le pouvoir des consommateurs était totalement absent du médiocre débat sur Forum, le 18 juillet, entre Bernard Rueger et Monika Dusong.

Pour le premier, les choses sont très compliquées et il ne faut accuser personne. Pour la seconde, c’est à la technocratie, ComCo en tête, de gérer le franc fort et ses effets. Ni l’un, ni l’autre ne semblent se souvenir que, dans un marché libre, le consommateur a le pouvoir.

M’est revenue à l’esprit l’affaire de la « grève du beurre ». Dans les années soixante, les ménagères ont décidé de lutter contre le prix du beurre, jugé excessif, et on cessé d’en acheter. Le mouvement a été largement suivi dans toute la Suisse. Pendant quelques semaines, je me souviens que ma mère nous a imposé la margarine au petit-déjeûner. Des montagnes de beurre se sont rapidement amoncelées, et, en peu de semaines, le prix a baissé. Echaudés, les distributeurs n’ont jamais osé, pendant près d’un demi-siècle, toucher trop au prix du beurre. Un succès mémorable obtenu tout simplement par des consommateurs faisant usage de leur pouvoir.

Que la hausse du franc suisse ne se répercute pas sur le prix des produits importés est tout simplement un scandale. Banaliser cette évidence, comme le fait M. Rueger, puis, avec certains milieux économiques, demander aux employés de travailler un peu plus, frise l’indécence. Car il y a bel et bien des importateurs qui profitent de cette forte valorisation du franc suisse et s’en mettent plein les poches.

Alors, aux consommateurs de jouer. Pas simplement en allant remplir leur caddie à l’étranger : cette réaction pénalise les producteurs suisses, qui n’y peuvent rien. Mais en refusant d’acheter en Suisse des produits importés dont les prix n’ont pas été sensiblement abaissés. Qu’on commence par les voitures, où les vins importés, ou les appareils électroniques. Une bonne grève, comme pour le beurre ! Pendant quelques mois, n’achetons aucune voiture neuve, ou aucun téléviseur, ou aucun vin étranger. Vous verrez les importateurs, en quelques semaines, face à la chute de leur cahier de commande, commencer à draguer le client à coup de promotions : 10 % par ci, 15 % par là.

Voilà le discours qu’on attendrait de Monika Dusong, Présidente de la fédération des consommateurs. Mais hélas, elle est socialiste : elle ne croit qu’au pouvoir de l’Etat et, dans son esprit, les consommateurs, quantité négligeable, n’ont pas de pouvoir. Aux vrais libéraux de s’affirmer !

21:51 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5)