21/06/2011

Ne pas tirer sur les concierges mais les récompenser !

Les installations sportives de nos gymnases sont sous-utilisées : mais qu'attend le Conseil d'Etat pour règlementer, demande la commission de gestion ? Comme toujours, on propose plus de technocratie là où il faudrait plus de mérite.

Remarquons d'abord que la sous-utilisation chronique des bâtiments de l'Etat devient un problème aigu lorsque les ressources en terrains s'épuisent et que l'efficacité énergétique s’impose. Il tombe sous le sens que lorsque les bâtiments publics ne sont pas utilisés, notamment le soir et le week-end, ils devraient être mis à la disposition d'autres utilisateurs. C’est tout particulièrement vrai pour les installations sportives et musicales ou les préaux de nos établissements scolaires.

 

Les concierges jouent ici un rôle déterminant. Bénéficiant d’un salaire fixe, ils n’ont aucun intérêt à ouvrir au public des locaux qu’il faudra surveiller, nettoyer, entretenir. On aura beau éditer des règlements cantonaux, mettre les directeurs sous pression, cette réalité ne changera pas : même animés d’un bel esprit de service, les concierges préféreront toujours des locaux fermés à des locaux occupés. Tant que leur statut ne change pas, tant que le revenu sera indépendant du travail fourni.

 

Imaginez un directeur d’hôtel dont le salaire serait indépendant de l’activité de son établissement : les chambres y seraient inoccupées « pour cause de réfection » et les restaurants fermés « par manque de personnel ».

 

Il est temps de passer à un autre paradigme : confier les bâtiments publics à des intendants, gérant de façon optimale l’occupation des locaux et leur entretien et tirant bénéfice de cette gestion. Des intendants empressés de satisfaire leur clientèle principale - les enseignants, les élèves et leur direction. Des intendants qui feraient de la publicité pour que leurs locaux soient occupés « après l’école », ou pendant les vacances. Charge à eux d’engager et de rétribuer le personnel nécessaire à cette occupation. Des intendants qui, au terme d’une année de gestion optimale de leur bâtiment, en tireraient bénéfice, comme un directeur d’hôtel.

 

Une fois de plus, on observe que le développement durable passe par le mérite, c’est-à-dire la récompense de l’effort, et non par des interventions administratives. Lutter contre le gaspillage sous toutes ses formes – et la sous-utilisation des locaux publics en fait partie – passe par des dispositifs dans lesquels les individus, à leur place, ont un intérêt direct à économiser et à gérer mieux. Un programme vert’libéral, en quelque sorte.

17/05/2011

Comment les organisations patronales financent le parti socialiste

Les organisations patronales viennent de dépenser plus de CHF 400'000.- pour promouvoir le parti socialiste vaudois, et notamment le Conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard. A moins d’un an des élections cantonales, le geste est généreux.

Avant même l’adoption de la Loi sur les PC familles, nous avions rendu les futurs référendaires attentifs au fait que, non seulement ils courraient à l’échec, mais qu’en plus ils dérouleraient le tapis rouge sous les pieds de PY Maillard, celui même qu’ils entendaient affaiblir.

Le lancement d’un référendum est une opération politique délicate. Il convient de bien apprécier les conséquences du succès – ce qui est assez simple – et celles de l’échec – ce qui nécessite davantage de réflexion.

La Loi sur les PC familles rassemblait, dans son principe, suffisamment de soutiens divers pour que son succès en votation populaire fût prévisible. Penser qu’en se focalisant sur le financement, les référendaires parviendraient à dégager une majorité d’opposants relevait d’un manque de flair politique et d’une mauvaise perception du « terrain ».

Le résultat est clair :

1. La Loi sur les PC entre en vigueur, et de plus avec une large légitimité populaire

2. Le socialiste Pierre-Yves Maillard a bénéficié d’une tribune exceptionnelle et apparaît comme une des grandes figures de la politique vaudoise : une promotion médiatique qui lui aurait coûté probablement quelques centaines de milliers de francs s'il avait dû la financer lui-même

3. L’initiative sur le salaire minimum, délaissée par les organisations patronales qui préféraient se concentrer sur leur référendum, a failli passer la rampe, ce qui aurait constitué une terrible atteinte au climat de conventions et négociations qui fait la force de notre économie.

La gauche, qui demande toute la transparence sur le financement des partis, devrait se rassurer : les milieux économiques savent à l’occasion se montrer généreux à leur endroit aussi, et ce financement ne peut même pas être qualifié d’occulte !

13/04/2011

Pénurie de locaux commerciaux à Genève : une bonne nouvelle !

La chambre genevoise de commerce dénonce un manque de locaux commerciaux à Genève : selon Martin Dunning, il deviendrait difficile de trouver des bureaux pour accueillir des hedge funds. L’arc lémanique respire !

Il faut bien comprendre comment se développe le « boom » de l’Arc lémanique. Dans une large mesure, c’est l’arrivée d’entreprises étrangères qui alimente l’explosion démographique, laquelle se manifeste concrètement par la surcharge des infrastructures et la pénurie de logement. La mise à disposition de locaux industriels et commerciaux ou, au contraire, leur pénurie, sont donc le facteur déterminant de tout le processus de croissance explosive que nous connaissons. Pour ceux qui s’en inquiètent, la pénurie de locaux commerciaux dénoncée à Genève est donc une bonne nouvelle. Encore qu’il faille la relativiser : 1% de locaux commerciaux disponibles, c’est toujours dix fois plus que pour le logement…

Que la chambre genevoise de commerce s’inquiète de cette situation, c’est son droit. Elle considère les intérêts à court terme de ses membres plutôt que l’intérêt général, mais elle n’est pas seule à le faire. Ce qui gêne dans le discours, c’est la menace proférée par Martin Dunning : sans la possibilité d’accueillir toutes les entreprises qui le demandent, c’est la décroissance qui nous guette ! Comme si c’était tout ou rien. Ce discours est insupportable. On peut vivre avec une croissance modérée : bien plus, une croissance modérée vaut cent fois mieux que l’explosion à laquelle nous assistons. Si le sens des nuances pouvait venir aux dirigeants des milieux économiques – Genevois comme Vaudois – on ne s’en porterait pas plus mal…

09:44 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (6)