17/05/2011

Comment les organisations patronales financent le parti socialiste

Les organisations patronales viennent de dépenser plus de CHF 400'000.- pour promouvoir le parti socialiste vaudois, et notamment le Conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard. A moins d’un an des élections cantonales, le geste est généreux.

Avant même l’adoption de la Loi sur les PC familles, nous avions rendu les futurs référendaires attentifs au fait que, non seulement ils courraient à l’échec, mais qu’en plus ils dérouleraient le tapis rouge sous les pieds de PY Maillard, celui même qu’ils entendaient affaiblir.

Le lancement d’un référendum est une opération politique délicate. Il convient de bien apprécier les conséquences du succès – ce qui est assez simple – et celles de l’échec – ce qui nécessite davantage de réflexion.

La Loi sur les PC familles rassemblait, dans son principe, suffisamment de soutiens divers pour que son succès en votation populaire fût prévisible. Penser qu’en se focalisant sur le financement, les référendaires parviendraient à dégager une majorité d’opposants relevait d’un manque de flair politique et d’une mauvaise perception du « terrain ».

Le résultat est clair :

1. La Loi sur les PC entre en vigueur, et de plus avec une large légitimité populaire

2. Le socialiste Pierre-Yves Maillard a bénéficié d’une tribune exceptionnelle et apparaît comme une des grandes figures de la politique vaudoise : une promotion médiatique qui lui aurait coûté probablement quelques centaines de milliers de francs s'il avait dû la financer lui-même

3. L’initiative sur le salaire minimum, délaissée par les organisations patronales qui préféraient se concentrer sur leur référendum, a failli passer la rampe, ce qui aurait constitué une terrible atteinte au climat de conventions et négociations qui fait la force de notre économie.

La gauche, qui demande toute la transparence sur le financement des partis, devrait se rassurer : les milieux économiques savent à l’occasion se montrer généreux à leur endroit aussi, et ce financement ne peut même pas être qualifié d’occulte !

13/04/2011

Pénurie de locaux commerciaux à Genève : une bonne nouvelle !

La chambre genevoise de commerce dénonce un manque de locaux commerciaux à Genève : selon Martin Dunning, il deviendrait difficile de trouver des bureaux pour accueillir des hedge funds. L’arc lémanique respire !

Il faut bien comprendre comment se développe le « boom » de l’Arc lémanique. Dans une large mesure, c’est l’arrivée d’entreprises étrangères qui alimente l’explosion démographique, laquelle se manifeste concrètement par la surcharge des infrastructures et la pénurie de logement. La mise à disposition de locaux industriels et commerciaux ou, au contraire, leur pénurie, sont donc le facteur déterminant de tout le processus de croissance explosive que nous connaissons. Pour ceux qui s’en inquiètent, la pénurie de locaux commerciaux dénoncée à Genève est donc une bonne nouvelle. Encore qu’il faille la relativiser : 1% de locaux commerciaux disponibles, c’est toujours dix fois plus que pour le logement…

Que la chambre genevoise de commerce s’inquiète de cette situation, c’est son droit. Elle considère les intérêts à court terme de ses membres plutôt que l’intérêt général, mais elle n’est pas seule à le faire. Ce qui gêne dans le discours, c’est la menace proférée par Martin Dunning : sans la possibilité d’accueillir toutes les entreprises qui le demandent, c’est la décroissance qui nous guette ! Comme si c’était tout ou rien. Ce discours est insupportable. On peut vivre avec une croissance modérée : bien plus, une croissance modérée vaut cent fois mieux que l’explosion à laquelle nous assistons. Si le sens des nuances pouvait venir aux dirigeants des milieux économiques – Genevois comme Vaudois – on ne s’en porterait pas plus mal…

09:44 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (6)

29/03/2011

Croissance démographique : la fuite en avant du Conseil d’Etat

150'000 habitants de plus d’ici à 2030 : Le Conseil d’Etat vaudois présente comme une fatalité une évolution qui constitue probablement la plus grande menace pour notre Canton.

On voudrait que le Conseil d’Etat ait le courage d’ouvrir les yeux et de voir ce que la poursuite de l’explosion démographique actuelle signifie pour les Vaudoises et les Vaudois, pour nos ressources naturelles, pour nos infrastructures. Puisqu’il dispose depuis 2008 d’un « organe de prospective » (introduit par la Constitution de 2003), le moins que l’on puisse souhaiter est que cet organe établisse les conséquences provoquées par l’arrivée des ces 150'000 habitants supplémentaires : combien de surfaces de logements à construire, combien de terrains agricoles à sacrifier, combien d’énergie à produire, combien d’écoles, combien d’hôpitaux, combien de prisons, combien de cimetières…

Comme au lendemain de la guerre de 14-18, notre Conseil d’Etat semble considérer que la priorité est de (re-)peupler le pays. A l’instar d’un commerçant mesurant la prospérité de son entreprise au nombre de ses clients, le gouvernement semble confondre le bien-être des Vaudoises et des Vaudois avec leur nombre.

Incapable d’admettre que cette croissance démographique est une menace pour les équilibres de notre région, le Conseil d’Etat choisit la fuite en avant : contraindre les propriétaires à bétonner jusqu’au dernier m2 de leur terrain. Sans voir que ces quelques espaces verts conservés au sein des zones constructibles constituent une réserve que nous n’avons pas le droit de consommer en moins d’une génération, mais que nous devons aussi transmettre à nos descendants.

Le Conseil d’Etat dispose de quelques moyens pour freiner la croissance démographique, à commencer par une modification de sa politique de promotion économique. Il refuse l’idée même de s’en servir, incapable qu’il est d’adapter une politique du XXe siècle aux données du XXIe.