13/04/2011

Pénurie de locaux commerciaux à Genève : une bonne nouvelle !

La chambre genevoise de commerce dénonce un manque de locaux commerciaux à Genève : selon Martin Dunning, il deviendrait difficile de trouver des bureaux pour accueillir des hedge funds. L’arc lémanique respire !

Il faut bien comprendre comment se développe le « boom » de l’Arc lémanique. Dans une large mesure, c’est l’arrivée d’entreprises étrangères qui alimente l’explosion démographique, laquelle se manifeste concrètement par la surcharge des infrastructures et la pénurie de logement. La mise à disposition de locaux industriels et commerciaux ou, au contraire, leur pénurie, sont donc le facteur déterminant de tout le processus de croissance explosive que nous connaissons. Pour ceux qui s’en inquiètent, la pénurie de locaux commerciaux dénoncée à Genève est donc une bonne nouvelle. Encore qu’il faille la relativiser : 1% de locaux commerciaux disponibles, c’est toujours dix fois plus que pour le logement…

Que la chambre genevoise de commerce s’inquiète de cette situation, c’est son droit. Elle considère les intérêts à court terme de ses membres plutôt que l’intérêt général, mais elle n’est pas seule à le faire. Ce qui gêne dans le discours, c’est la menace proférée par Martin Dunning : sans la possibilité d’accueillir toutes les entreprises qui le demandent, c’est la décroissance qui nous guette ! Comme si c’était tout ou rien. Ce discours est insupportable. On peut vivre avec une croissance modérée : bien plus, une croissance modérée vaut cent fois mieux que l’explosion à laquelle nous assistons. Si le sens des nuances pouvait venir aux dirigeants des milieux économiques – Genevois comme Vaudois – on ne s’en porterait pas plus mal…

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29/03/2011

Croissance démographique : la fuite en avant du Conseil d’Etat

150'000 habitants de plus d’ici à 2030 : Le Conseil d’Etat vaudois présente comme une fatalité une évolution qui constitue probablement la plus grande menace pour notre Canton.

On voudrait que le Conseil d’Etat ait le courage d’ouvrir les yeux et de voir ce que la poursuite de l’explosion démographique actuelle signifie pour les Vaudoises et les Vaudois, pour nos ressources naturelles, pour nos infrastructures. Puisqu’il dispose depuis 2008 d’un « organe de prospective » (introduit par la Constitution de 2003), le moins que l’on puisse souhaiter est que cet organe établisse les conséquences provoquées par l’arrivée des ces 150'000 habitants supplémentaires : combien de surfaces de logements à construire, combien de terrains agricoles à sacrifier, combien d’énergie à produire, combien d’écoles, combien d’hôpitaux, combien de prisons, combien de cimetières…

Comme au lendemain de la guerre de 14-18, notre Conseil d’Etat semble considérer que la priorité est de (re-)peupler le pays. A l’instar d’un commerçant mesurant la prospérité de son entreprise au nombre de ses clients, le gouvernement semble confondre le bien-être des Vaudoises et des Vaudois avec leur nombre.

Incapable d’admettre que cette croissance démographique est une menace pour les équilibres de notre région, le Conseil d’Etat choisit la fuite en avant : contraindre les propriétaires à bétonner jusqu’au dernier m2 de leur terrain. Sans voir que ces quelques espaces verts conservés au sein des zones constructibles constituent une réserve que nous n’avons pas le droit de consommer en moins d’une génération, mais que nous devons aussi transmettre à nos descendants.

Le Conseil d’Etat dispose de quelques moyens pour freiner la croissance démographique, à commencer par une modification de sa politique de promotion économique. Il refuse l’idée même de s’en servir, incapable qu’il est d’adapter une politique du XXe siècle aux données du XXIe.

27/03/2011

Nucléaire : la mauvaise question du PLR

Le PLR veut étudier le scénario énergétique qui résulterait d’une décision populaire refusant l’option nucléaire. Un atermoiement de plus alors que le temps presse.

Que le PLR, jusqu’ici résolument pronucléaire, souhaite étudier les conséquences possibles d’un abandon de l’énergie nucléaire pour l’approvisionnement électrique de notre pays n’est pas en soi une mauvaise nouvelle. A vrai dire, cette réflexion aurait pu être entreprise indépendamment de la catastrophe de Fukushima. Mais ce n’est probablement pas un scoop : ces études ont déjà été faites, et les opposants à l’énergie nucléaire les publient depuis longtemps. Ce n’est pas une nième étude, même entreprise par le PLR, qui va faire avancer les choses.

La question qui se pose, et que devrait se poser le PLR, est différente : que pouvons-nous faire concrètement et immédiatement, pour que l’abandon du nucléaire, s’il était décidé par le peuple, même contre l’avis du PLR, soit supportable par le peuple suisse et son économie.

C’est cette question que devrait se poser tout politicien responsable, quelle que soit sa sensibilité nucléaire : quels sont les projets alternatifs que nous pouvons réaliser sans délai ?

Le PLR serait bien inspiré d'établir une liste et y travailler sans délai.

1. Quels sont les projets hydro-électriques à l’étude et que peut-on faire pour les accélérer ? Comment faire avancer le projet de Massongex et celui du Grimsel ?

2. Quels sont les projets éoliens à l’étude ? Que peut-on faire pour en accélérer la réalisation ?

3. Quelles sont les procédures pour la pose de capteurs solaires photovoltaïques, et comment aider les propriétaires privés ou publics qui souhaitent procéder à ces installations ?

4. Où en sont les projets de géothermie ? – Comment soutenir à la fois leur étude et leur réalisation ?

5. Par quel instrument légal peut-on accélérer le recours à des appareils et installations à faible consommation ?

Voilà les questions que devrait se poser le PLR qui dispose d’un vaste réseau de décideurs politiques dans tous les cantons et à Berne. Et qui dispose également d’un nombre élevé de magistrats judiciaires, que l’on pourrait rendre attentifs à la nécessité de traiter les dossiers énergétiques avec célérité.

Si le « plan A » du PLR passe par l’énergie nucléaire, un parti politique responsable doit aussi étudier une « plan B », sans nucléaire, même s’il n’a pas sa préférence. Et ce plan B nécessite qu’on cherche, par tous les moyens, à développer rapidement les alternatives à l’atome. Un beau sujet de réflexion et surtout d’action pour le PLR.

 

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